Netanyahu : « Il est temps de se réconcilier »
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Netanyahu : « Il est temps de se réconcilier »

"Nous devons éviter d'autres élections. Il est temps de guérir les divisions," a déclaré le chef du plus grand parti israélien qui n'a pas évoqué les derniers chiffres

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse aux partisans le soir des élections au siège du parti à Tel Aviv, le 3 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse aux partisans le soir des élections au siège du parti à Tel Aviv, le 3 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi / Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, abus de confiance et malversation dans une série d’affaires, s’est félicité mardi de sa « victoire géante », « contre toute attente », aux élections législatives de lundi qui s’avèrent cruciales à sa survie politique.

« Je me souviens de notre première victoire en 1996, mais ce soir c’est une victoire encore plus grande car contre toute attente », a déclaré le Premier ministre, se réjouissant d’avoir déjoué les pronostics de ceux qui avaient « prédit la fin de l’ère Netanyahu » en Israël.

Benjamin Netanyahu, 70 ans, avait été élu pour la première fois à la tête du gouvernement israélien en 1996 avant de perdre le pouvoir trois ans plus tard. Il est revenu aux affaires en 2009 et a dirigé depuis, et sans interruption, le gouvernement pour devenir le plus pérenne des Premiers ministres de l’Histoire de l’Etat hébreu.

« Nous avons de nouveaux membres à la Knesset. Bienvenue. Nous avons élargi la liste du Likud [Knesset] », a déclaré le chef du plus grand parti israélien.

Il remercie le personnel impliqué dans la nouvelle opération Big Data du parti avec l’application Elector. « Soudain, le Likud avait des données, regardez quelle différence cela a fait ! »

« Nous marchons ensemble depuis de nombreuses années. Je me souviens de notre première victoire en 1996, une victoire historique. Mais cette victoire, cette fois, est encore plus grande et plus douce, parce que c’est une victoire contre toute attente. Nous étions contre de vastes forces, ils nous avaient déjà délogés. Nos opposants ont dit : ‘L’ère Netanyahu est révolue’. Mais ensemble, nous avons renversé l’histoire. Nous avons transformé les citrons en limonade. »

« Nous avons parcouru le pays, au nord et au sud ; quel plaisir incroyable de visiter ces rassemblements. Nous vous avons rencontrés, nos citoyens. Certains d’entre vous ont dû convaincre, la plupart étaient déjà convaincus. Ceux que nous avons convaincus étaient inspirés par la vérité. Ils nous ont fait confiance. Vous savez pourquoi ? Parce qu’ils savent que nous avons apporté la meilleure décennie de l’histoire d’Israël, en matière de sécurité, d’économie, de transport, d’éducation. Nous avons transformé Israël en superpuissance. »

« Demain, après avoir dormi, nous rencontrerons [les dirigeants de droite] pour former un gouvernement fort et stable, un bon gouvernement national pour Israël. »

« Ce fut une grande victoire pour le camp de la droite, et avant tout une victoire pour nous, Likudnikim. Mais je veux dire, j’ai l’intention d’être le Premier ministre de chaque citoyen d’Israël, de chaque électeur de droite, de gauche, des juifs et des non-juifs, de chaque secteur et de chaque sexe. »

« Dans cette campagne, nous avons vu le défi de la couronne – il n’y a pas eu un jour où je n’ai pas pris le temps pour des réunions constantes sur la protection de tous les citoyens d’Israël. C’est ma mission en tant que Premier ministre. »

« Nous devons éviter d’autres élections. Il est temps de guérir les divisions. Il est temps de se réconcilier. » « Je serai le Premier ministre de tous les citoyens israéliens », a ajouté le Premier ministre, dont le procès pour corruption, malversation et abus de confiance doit s’ouvrir dans deux semaines à Jérusalem.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Netanyahu a énuméré une série de promesses de campagne et promis : « Nous allons le faire… et nous seuls pouvons le faire. »

Il a mentionné la promesse d’appliquer la souveraineté à certaines parties de la Cisjordanie, évoqué une « alliance historique » avec les États-Unis, la paix avec davantage de nations arabes et musulmanes, des investissements massifs dans l’éducation et « l’élimination de la menace iranienne ».

« Nous avons développé des relations que nous n’avons jamais eues avec les dirigeants mondiaux », dit-il. « Cela comprend de très nombreux dirigeants, si nombreux que vous ne pouvez pas imaginer, dans les mondes arabe et musulman. Vous avez vu Oman, le Soudan, le Tchad, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan – et je vous dis que c’est la pointe de l’iceberg. Quand je dis que nous obtiendrons un accord de paix avec plus de pays arabes et musulmans, je ne parle pas de rien. »

« Et nous seuls pouvons le faire. »

« Aujourd’hui c’est le 7 Adar, qui est traditionnellement considéré comme le jour de la mort de Moïse, dit Netanyahu. C’est aussi le jour où Israël se souvient des soldats israéliens tombés au combat dont le lieu de sépulture est inconnu, dit-il, jurant de rendre les soldats israéliens dont les corps sont actuellement conservés par le groupe terroriste palestinien du Hamas, alors que les familles ne cessent de dénoncer l’inaction du gouvernement.

« Ensemble, nous assurerons l’avenir d’Israël », conclut-il, alors que des confettis blancs sont pulvérisés sur la scène, et que Miri Regev demande à la foule d’entonner l’Hatikva, l’hymne national d’Israël.

Les sondages à la sortie des urnes des chaînes israéliennes créditent le Likoud de Benjamin Netanyahu de 36 ou 37 sièges, contre de 32 à 34 sièges pour la formation centriste Bleu Blanc de son rival Benny Gantz.

Avec ses alliés de la droite radicale et des partis juifs ultra-orthodoxes, le Likud pourrait compter sur un total de 59 sièges, – à deux députés près de la majorité parlementaire, selon les derniers sondages à la sortie des urnes. Un résultat qui maintient l’impasse politique, malgré l’annonce de victoire de Netanyahu, qui sait pertinemment que celui qui gagne les élections est celui qui peut bâtir une coalition stable.

L’AFP a contribué à cet article.

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