Israël en guerre - Jour 144

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Netanyahu : Israël n’est pas prêt à libérer « des milliers de terroristes » pour un accord

Alors que son aile droite fait voler en éclats un cadre qu'Israël aurait accepté à Paris, Netanyahu affirme que Tsahal ne quittera pas Gaza ; le Hamas dit étudier la proposition

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole à l'académie militaire de Bnei David, dans l'implantation d'Eli en Cisjordanie, le 30 janvier 2024. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole à l'académie militaire de Bnei David, dans l'implantation d'Eli en Cisjordanie, le 30 janvier 2024. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Alors que fusent les rumeurs sur un possible accord avec le Hamas pour la libération des otages moyennant un cessez-le-feu prolongé et la libération d’un grand nombre de prisonniers de sécurité palestiniens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi aux étudiants d’une académie prémilitaire de Cisjordanie qu’Israël ne libérerait pas « des milliers de terroristes ».

« Nous ne retirerons pas l’armée israélienne de la bande de Gaza et nous ne libérerons pas des milliers de terroristes », a-t-il promis, lors d’une allocution à l’académie Bnei David d’Eli. « Rien de tout cela n’arrivera. Que va-t-il se passer ? La victoire absolue ! »

De nombreux médias avaient laissé entendre que, lors d’une réunion à Paris, dimanche, avec les États-Unis, le Qatar et l’Égypte, Israël avait accepté les termes d’un accord permettant la libération de tous les otages israéliens, à commencer par les femmes, les enfants, les personnes âgées et les malades, moyennant des « trêves progressives » dans les combats d’Israël contre le Hamas au fil du processus. Selon ces mêmes sources, Israël aurait par ailleurs accepté que davantage d’aide parvienne à Gaza et que soit remis en liberté un très grand nombre de prisonniers palestiniens.

Le cadre n’aurait pas prévu de cessez-le-feu permanent, sans toutefois l’exclure.

Le cabinet du Premier ministre a publié lundi une déclaration dans laquelle il ne nie pas qu’Israël ait accepté un cadre d’accord pour la libération d’otages, mais précise que « les informations circulant à propos de l’accord sont incorrectes et comprennent des conditions inacceptables par Israël ».

Selon la Douzième chaîne, l’offre s’articule, dans un premier temps, autour d’une trêve de 45 jours en échange de 35 à 40 otages, sachant en outre que 100 à 250 prisonniers palestiniens seraient libérés pour chaque otage israélien.

S’exprimant sur la question ce mardi, Netanyahu a promis aux étudiants qu’Israël « ne mettra pas fin à cette guerre sans avoir atteint tous ses objectifs. Cela passe par l’élimination du Hamas, le retour de tous nos otages et la promesse que Gaza ne sera plus jamais une menace pour Israël. »

« Il ne s’agit pas d’un autre round, ni d’un autre échange de frappes, ni d’une autre opération – mais bien d’une victoire complète », a-t-il poursuivi. « Rien de moins. Je m’y suis engagé, nos combattants s’y sont engagés, et la majorité absolue de la population s’y est engagée. La victoire sera totale. »

Des manifestants israéliens, dont des parents d’otages détenus à Gaza depuis l’attaque du 7 octobre par le Hamas, lors d’une manifestation visant à bloquer l’entrée des camions d’aide dans le territoire palestinien, du côté israélien du poste frontière de Kerem Shalom avec le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2024. (Crédit : Menahem Kahana / AFP)

Mardi toujours, le chef de l’opposition Yaïr Lapid a annoncé que son parti, Yesh Atid, apporterait son soutien à « tout accord susceptible de garantir la libération des otages ».

Cette promesse de « filet de sécurité pour le gouvernement » suit d’abondantes et vives critiques de la part des politiciens de droite sur ce projet d’accord-cadre.

Mardi encore, le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a menacé de faire tomber le gouvernement si un accord « irresponsable » était conclu avec le Hamas.

Lapid a déclaré qu’il était de « notre devoir envers les otages et leurs familles » d’obtenir leur libération, sauf à « éroder en profondeur les liens lien qui nous unissent, de même que celui qui unit le pays à sa terre, et sans aucun doute la confiance – fondamentale – entre population et gouvernement ».

Le Hamas « étudie » la proposotion

Mardi toujours, le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré que l’organisation terroriste avait reçu la proposition de cessez-le-feu présentée suite aux pourparlers de Paris et qu’il l’étudierait, ajoutant qu’il se rendrait au Caire pour évoquer ce plan.

Il a ajouté que la priorité du Hamas était de mettre fin à l’offensive militaire d’Israël et d’assurer un retrait complet des forces israéliennes de Gaza.

Lundi soir, le Hamas a semblé rejeter le nouveau cadre pour des raisons similaires.

L’organisation terroriste a publié une déclaration, en même temps qu’une organisation de bien moindre importance, le Front populaire de libération de la Palestine, pour redire qu’Israël devait mettre fin à son « agression » et se retirer de Gaza préalablement à tout accord sur l’échange d’otages.

Un haut responsable du Hamas a ajouté que l’organisation terroriste souhaitait un « cessez-le-feu complet et complet » à Gaza.

Un homme marche avec un gilet portant le logo de l’ONU dans une école gérée par l’UNRWA à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 novembre 2023. (Crédit : Said Khatib/AFP)

L’organisation terroriste palestinienne du Jihad islamique, grand allié du Hamas, a déclaré mardi qu’elle ne donnerait pas son accord sans assurance d’un cessez-le-feu global et du retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza.

Des responsables israéliens ont déclaré lundi au Times of Israël qu’ils étaient prudents. « Il y a encore pas mal de chemin à parcourir ».

Lors d’une conférence de presse, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a dit que « la proposition était forte et convaincante… mais que le Hamas devrait prendre sa décision. »

« La situation est bien meilleure qu’il y a de cela quelques semaines », a déclaré le Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman Al Thani lors de l’Atlantic Council à Washington.

« Hier, nous avons enregistré de nets progrès pour remettre les choses sur la bonne voie et jeter les bases pour la suite », a ajouté Al Thani, précisant que la proposition serait relayée au Hamas.

Il a déclaré qu’un accord pourrait conduire à un cessez-le-feu permanent « à terme ».

On estime à 132 le nombre des otages pris par le Hamas le 7 octobre et toujours détenus à Gaza. Entre autres termes, le Hamas exige la fin de la guerre et le retrait de toutes les forces de Tsahal contre leur libération – exigences qu’Israël a rejetées.

Des manifestants appelant à un accord immédiat pour libérer les otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza, à Tel Aviv, le 24 janvier 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque des terroristes originaires de la bande de Gaza emmenés par le Hamas ont brutalement attaqué Israël et tué près de 1 200 personnes dans le sud du pays, pour la plupart civiles. Des terroristes ont massacré, violé, torturé et mutilé leurs victimes dans des communautés frontalières et lors d’un festival de musique en plein air. Le Hamas, avec d’autres terroristes, ont par ailleurs enlevé 253 personnes de tous âges, pour la plupart des civils.

Israël a riposté par une campagne militaire destinée à détruire le Hamas, le chasser du pouvoir à Gaza et libérer les otages. Netanyahu a promis à plusieurs reprises de poursuivre l’offensive jusqu’à ce la victoire totale sur le Hamas.

Les familles de nombreux otages exercent depuis un certain temps une très forte pression sur Netanyahu afin qu’il conclue un accord garantissant la libération de leurs proches. Chaque semaine, des manifestations ont lieu à Tel-Aviv pour demander la conclusion d’un accord : le dernier en date a eu lieu samedi soir.

Cent cinq otages ont été libérés en novembre dans le cadre d’un cessez-le-feu d’une semaine assorti de la libération de prisonniers de sécurité palestiniens détenus par Israël. Cet accord avait été négocié par l’Égypte et le Qatar.

Sur la foi de renseignements collectés par ses soldats déployés à Gaza, l’armée israélienne a confirmé la mort de 28 des otages du Hamas.

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