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'Ils paient des terroristes sur une échelle mobile... Plus vous tuez, plus vous obtenez'

Netanyahu : Les Palestiniens doivent vivre un « changement réel » pour faire la paix

Dans une interview diffusée sur Fox News, le Premier ministre appelle Trump à mettre la pression sur Abbas lors de leur prochaine rencontre au sujet des incitations et des paiements aux familles de terroristes

Le Premier ministre  Benjamin Netanyahu lors d'un entretien accordé à Sean Hannity sur Fox News le 21 avril 2017 (Capture d'écran : YouTube)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'un entretien accordé à Sean Hannity sur Fox News le 21 avril 2017 (Capture d'écran : YouTube)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé vendredi à ce que la communauté internationale fasse pression sur les Palestiniens pour mettre un terme aux incitations et faire cesser les paiements de salaires aux familles des terroristes, une démarche qu’il a qualifiée de « premier test pour la paix ».

S’adressant à Sean Hannity sur Fox News en amont de la rencontre du président américain Donald Trump avec le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Washington le 3 mai, Netanyahu a expliqué que tandis que les leaders iraéliens « endossent la responsabilité de chaque mot… dans le cas d’Abbas, c’est comme s’il vivait dans un univers différent. Il peut dire ‘je veux la paix’ aux dirigeants occidentaux, ‘je veux la paix, je veux reconnaître Israël’, mais à son propre peuple, il dit très précisément tout le contraire ».

Netanyahu a appelé à ce que la communauté internationale mette davantage la pression pour avancer vers la paix.

Netanyahu a indiqué que « le tout premier test pour la paix, c’est de leur dire ‘Hé, vous voulez la paix ? Prouvez-le. Affrontez le terrorisme, cessez de récompenser le terrorisme, cessez de payer le terrorisme. Et ne resquillez pas’. Ce qu’ils font eux, c’est dire : ‘OK, on ne paiera pas directement, on paiera quelqu’un d’autre et cette personne versera la somme aux terroristes’, d’une manière circulaire. Non. Dites la vérité à ce sujet. »

Dans un message apparent à Trump avant la rencontre du mois de mai, Netanyahu a ajouté : « Je pense que la seule chance que cela change, c’est d’exercer une pression sur eux pour entraîner un réel changement ». Si une telle demande devait avoir lieu, a-t-il poursuivi, « cela pourrait créer un tournant ».

L’AP offre des salaires et autres avantages aux prisonniers palestiniens détenus en Israël, notamment à ceux qui ont été condamnés par les tribunaux civils israéliens pour meurtre et pour terrorisme, ainsi qu’à leurs familles si les terroristes sont tués durant les attaques. L’AP paierait ainsi des centaines de millions de dollars en telles rémunérations chaque année.

« Ils paient des terroristes sur une échelle mobile… Plus vous tuez, plus vous obtenez. Et cela équivaut à d’importantes sommes. Les Américains, les gouvernements européens contribuent à payer ces dernières », a établi Netanyahu.

Après que Hannity a diffusé le clip d’une fillette palestinienne affirmant qu’elle voulait poignarder des Israéliens, Netanyahu a dit que « c’est ce qu’ils entendent dans les écoles palestiniennes… C’est ce qu’on leur enseigne, c’est ce qu’on leur inculque. Et à moins de changer cela, vous n’arriverez jamais à la racine de ce qui empêche la paix ».

Le leader israélien a demandé que le monde « fasse assumer leurs responsabilités aux dirigeants palestiniens. Ne tolérez pas le double langage ».

« Le vrai test de leurs intentions réelles, ce n’est pas ce qu’ils disent aux chefs étrangers, ce qu’ils chuchotent dans les couloirs diplomatiques, le vrai test, c’est qu’ils disent à leur propre population… A leur propre population, ils disent : ‘Nous ne voulons pas un état à côté d’Israël, nous voulons un état à la place d’Israël' ».

Si l’AP devait changer de ton, a-t-il précisé, « j’en serais heureux. Prouvez-moi que j’ai tort. Mais ne me le prouvez pas par les paroles agréables qui sont prononcées face aux caméras à Washington. »

Changeant d’approche face à la présence iranienne croissante au Moyen-Orient, Netanyahu a répété qu’Israël ne tolérerait pas un régime à Téhéran doté de l’arme nucléaire mais a ajouté que la menace posée par la république islamique « a amené un grand nombre des pays de la région à envisager Israël différemment ».

La détente avec des voisins auparavant hostiles comme l’Arabie saoudite est « puissante en termes de possibilité, pour la paix et certainement pour notre sécurité commune ».

Netanyahu vendredi a déclaré au secrétaire d’état à la Défense James Mattis qu’Israël se réjouissait du « changement stratégique du leadership américain et de la politique américaine ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) rencontre le secrétaire d'état à la Défense James Mattis à Jérusalem le 21 avril 2017 (Crédit : Amos Ben Gerschom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) rencontre le secrétaire d’état à la Défense James Mattis à Jérusalem le 21 avril 2017 (Crédit : Amos Ben Gerschom/GPO)

Accueillant Mattis à Jérusalem, Netanyahu — dont la relation avec l’ancien président américain Barack Obama était fréquemment glaciale – a salué les « mots forts et directs » du chef du Pentagone sur l’Iran et les « desseins très francs » du président Donald Trump lorsqu’il a lancé une attaque aérienne sur une base syrienne après une attaque chimique perpétrée contre le régime d’Assad.

« Nous avons le sentiment d’un grand changement dans la direction de la politique Américaine », a expliqué Netanyahu à Mattis lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem.

« Ce changement a été apprécié dans le monde et dans notre région. C’est un changement bienvenu, un changement stratégique dans le leadership américain et de la politique américaine », a déclaré Netanyahu.

Les relations irritables entre Obama et Netanyahu avaient atteint le point le plus bas en raison d’un accord sur le nucléaire passé en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales sous la direction de Washington. Obama avait fortement mis son poids dans la balance en faveur de cette convention mais Netanyahu avait férocement lutté contre, affirmant que cela n’empêcherait pas l’Iran d’obtenir des armes nucléaires et que la levée des sanctions permettrait à la république islamique de soutenir ses groupes terroristes mandataires.

Le président américain Donald Trump fait une déclaration sur la Syrie depuis sa maison de Mar-a-Lago à West Palm Beach, en Floride, le 6 avril 2017 (Crédit : AFP PHOTO / JIM WATSON)
Le président américain Donald Trump fait une déclaration sur la Syrie depuis sa maison de Mar-a-Lago à West Palm Beach, en Floride, le 6 avril 2017 (Crédit : AFP PHOTO / JIM WATSON)

Trump a également âprement critiqué l’accord et a indiqué jeudi que l’Iran « n’était pas au niveau de l’esprit » de la convention, ajoutant que les Etats Unis feraient rapidement connaître leur position. Dans la matinée de jeudi, Mattis a indiqué pour sa part que l’accord avec l’Iran « tient toujours ».

Mardi, Trump a ordonné un réexamen de l’accord par son Conseil de Sécurité nationale, même si le département d’Etat admet que jusqu’à présent, l’Iran a respecté sa part du marché.

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