Netanyahu: les potentiels membres de la coalition ont des « requêtes impossibles »
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Netanyahu: les potentiels membres de la coalition ont des « requêtes impossibles »

Deux semaines seulement avant la date-butoir fixée pour former le gouvernement, le Premier ministre évoque une tâche "absurde" et des demandes budgétaires déraisonnables

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participe à la cérémonie du Prix Israël à Jérusalem pour le 71ème Yom HaAtsmaout d'Israël, le 9 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participe à la cérémonie du Prix Israël à Jérusalem pour le 71ème Yom HaAtsmaout d'Israël, le 9 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déploré mercredi soir le fait que la formation de la coalition tournait à « l’absurde » et accusé ses potentiels partenaires d’avoir des exigences excessives et incompatibles dans les négociations.

Deux semaines avant la date-butoir fixée pour former la coalition de Netanyahu, les négociations semblent être au point mort, et aucun accord n’a été signé avec aucun parti. Sans réconcilier les exigences des partis de droite et des partis ultra-orthodoxes et sans obtenir leur soutien, Netanyahu sera dans l’incapacité de former une coalition d’au moins 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Cependant, la plupart des analystes estiment que la coalition sera formée d’ici deux semaines.

Lors d’un évènement organisé à Atlit, pour marquer le centenaire de la mort du militant sioniste Aaron Aaronsohn, Netanyahu a déclaré que « je préfère être ici que dans des négociations de coalition, et être un peu libéré de cette tâche qui semble absurde ».

« Toutes les formations expriment des demandes déraisonnables qui entrent en contradiction les unes avec les autres », a déploré le Premier ministre. « Une formation a demandé quatre postes ministériels et des budgets que nous n’avons pas. »

« Si nous avions le budget des Etats-Unis, ça aurait été bon. Mais ce n’est pas le cas, et nous ne pouvons pas détruire l’économie d’Israël et le budget de l’Etat. »

Moshe Kahlon, à gauche, et Avigdor Liberman, à la Knesset, le 18 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le quotidien Haaretz a cité des sources proches des négociations affirmant que Netanyahu, dont le parti du Likud a remporté 35 sièges aux élections du 9 avril, commence à se demander si le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman et Moshe Kahlon, chef du aprti Koulanou, ne s’étaient pas mis d’accord pour torpiller la création d’une coalition de droite.

Liberman a nié toute démarche dans ce sens ; Kahlon n’a pas commenté ces allégations, au moment de la rédaction de ces lignes.

Le laïc et belliciste Liberman a demandé plus que ce que le Likud considère comme sa juste part du contrôle sur les ministères et les politiques gouvernementales, notamment le portefeuille de la défense, une meilleure séparation de la religion et de l’Etat, et une posture plus combative contre le Hamas à Gaza.

De son côté, Kahlon, ministre des Finances dans le gouvernement sortant, dans lequel son parti détenait 10 sièges à la Knesset, souhaite garder son poste même si son parti ne dispose plus que de 4 sièges, et a refusé de conclure les négociations de coalition avec le Likud.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Finances Moshe Kahlon, à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Mardi, le député Yisrael Eichler du parti Yahadout HaTorah a ouvertement accusé Liberman d’empêcher la formation d’un gouvernement de droite.

« Peut-être qu’il a passé un accord avec Yair Lapid [de Kakhol lavan] pour établir un gouvernement laïc, sans haredim et sans Netanyahu », a suggéré Eichler dans un interview à la radio Kan.

Liberman a menacé lundi d’emmener son parti dans l’opposition, indiquant que son parti avait rencontré des différences « significatives » avec le Likud lors des négociations de coalition – en particulier sur les questions liées à la sécurité. Il a déclaré qu’il mettait fin aux négociations et que Netanyahu avait le choix entre accéder à ses demandes ou risquer de renvoyer les Israéliens aux urnes.

Dans les négociations de coalition, Liberman a énoncé cinq requêtes comme étant les lignes rouges de son parti, notamment la défaite du Hamas, tout changement dans la proposition de loi régulant la conscription des ultra-orthodoxes, et la fin de certaines pratiques du rabbinat d’Etat à l’égard des immigrants russophones, tels que les tests ADN pour analyser leur ascendance juive.

Si Netanyahu ne parvient pas à former une coalition d’ici le 28 mai, la tâche pourrait être confiée à un autre membre de la Knesset. Si aucun membre de la législature n’est susceptible d’être capable de former un gouvernement, le pays pourrait avoir à organiser de nouvelles élections.

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