Netanyahu : L’Iran tente toujours de se doter de l’arme atomique malgré l’accord
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Netanyahu : L’Iran tente toujours de se doter de l’arme atomique malgré l’accord

Le président républicain de la Chambre dénonce la levée des sanctions ; Ban Ki-moon salue une "étape majeure"

Le Premier ministre Netanyahu lors d'une conférence de presse sur la situation de sécurité le 8 octobre, 2015, dans son bureau à Jérusalem. (Crédit : AFP PHOTO / Gali Tibbon)
Le Premier ministre Netanyahu lors d'une conférence de presse sur la situation de sécurité le 8 octobre, 2015, dans son bureau à Jérusalem. (Crédit : AFP PHOTO / Gali Tibbon)

L’Iran tente toujours de se doter de l’arme atomique, a accusé samedi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire historique conclu entre les grandes puissances et Téhéran.

« Même après avoir signé l’accord nucléaire, l’Iran n’a pas abandonné ses ambitions de se doter d’armes nucléaires et continue à déstabiliser le Moyen-Orient et à répandre la terreur à travers le monde en violant ses engagements internationaux », a indiqué M. Netanyahu dans un communiqué de ses services, avertissant qu’Israël allait « surveiller l’application de l’accord ».

Cet accord historique est entré en vigueur samedi après le feu vert de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), entraînant une levée des sanctions économiques qui frappent l’Iran depuis des années.

L’agence de l’AIEA a établi que l’Iran a bien, comme il s’y est engagé, retiré le coeur de son réacteur à eau lourde d’Arak et bétonné une partie de l’installation, de façon à ne plus pouvoir y fabriquer de plutonium de qualité militaire.

Israël, qui est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen-Orient même s’il ne reconnaît pas en disposer, a farouchement tenté d’empêcher cet accord, affirmant qu’il n’arrêterait pas les ambitions atomiques de Téhéran.

L’Iran a toujours nié vouloir se doter de la bombe nucléaire. L’AIEA a cependant établi en décembre que Téhéran avait bel et bien mené jusqu’en 2009 des recherches pour avoir la bombe. Washington a fait valoir que ce constat ne devait pas empêcher d’ « aller de l’avant » dans ce dossier.

« Les puissances du monde doivent surveiller de près les activités des sites nucléaires de l’Iran et d’autres sites pour s’assurer qu’il ne poursuit pas clandestinement le développement d’armes nucléaires », a déclaré M. Netanyahu.

« Sans réaction appropriée à toute violation, l’Iran va réaliser qu’il peut continuer à développer des armes nucléaires, déstabiliser la région et répandre la terreur », a-t-il ajouté.

« Nous resterons vigilants pour vérifier que l’Iran respecte ses engagements chaque heure de chaque jour dans les années à venir », a averti M. Kerry.

Israël et l’Iran n’ont aucun liens diplomatiques.

Le président républicain de la Chambre dénonce la levée des sanctions

Le « speaker » (président) de la Chambre des représentants américaine, le républicain Paul Ryan, a vigoureusement dénoncé samedi la levée des sanctions contre l’Iran, comme prévu après la mise en oeuvre de l’accord sur le nucléaire iranien.

« Aujourd’hui, l’administration Obama va commencer à lever les sanctions économiques contre le principal Etat soutenant le terrorisme dans le monde », a affirmé M. Ryan dans un communiqué, ajoutant que Téhéran allait « très probablement » profiter de sa nouvelle manne financière pour continuer « à financer le terrorisme ».

« Comme le président l’a lui même suggéré, l’Iran va très probablement utiliser cette arrivée d’argent frais –plus de 100 milliards de dollars au total– pour financer les terroristes », a-t-il dit, soulignant que les républicains, majoritaires à la Chambre, avaient voté contre l’accord conclu en juillet dernier entre les grandes puissances et Téhéran.

Il a également dénoncé le fait que cette levée des sanctions intervient quelques semaines après un essai de missile balistique par l’Iran et quelques jours après l’affaire des marins américains détenus puis relâchés par Téhéran.

Les Etats-Unis, l’Union européenne et l’ONU ont précisé que cette décision avait un effet immédiat. Le président iranien Hassan Rouhani a immédiatement salué une « victoire glorieuse » pour le « peuple » iranien.

« Aujourd’hui (…) le monde entier est plus sûr car la menace des armes atomiques a été réduite », s’est félicité à Vienne le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, l’un des principaux artisans, avec M. Zarif, de cet accord.

Au final, il s’agit « d’un succès historique de la diplomatie », a relevé le ministre allemand des Affaires Etrangères, Frank-Walter Steinmeier.

« Le programme nucléaire iranien est désormais soumis pour de nombreuses années à des limites strictes et à une surveillance sans faille », a jugé le ministre dont le pays faisait partie des pays ayant négocié avec l’Iran.

« De cette manière, la voie menant à l’arme atomique est de manière éprouvée et vérifiable fermée pour l’Iran », a poursuivi M. Steinmeier, ajoutant: « dans une région qui a été vraiment éprouvée par les crises et les conflits, beaucoup peuvent aujourd’hui un peu respirer ».

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué espérer un même « esprit de coopération » pour « tous les enjeux régionaux ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'adresse à la presse devant l'Hôtel Palais Coburg, le lieu des pourparlers sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 27 juin 2015. (Crédit photo: Christian Bruna / AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’adresse à la presse devant l’Hôtel Palais Coburg, le lieu des pourparlers sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 27 juin 2015. (Crédit photo: Christian Bruna / AFP)

« C’est une étape importante pour la paix et la sécurité, ainsi que pour les efforts internationaux de lutte contre la prolifération nucléaire », a-t-il ajouté, en se félicitant de la « position de fermeté constructive » adoptée par Paris. Grâce à elle, « la France a fortement contribué à la conclusion de cet accord » et « elle sera vigilante dans son strict respect et sa mise en œuvre ».

« Alors que la région connaît d’immenses défis et de fortes tensions, je souhaite que l’esprit de coopération qui a marqué la conclusion de l’accord puisse se traduire aussi sur tous les enjeux régionaux », a conclu le ministre français, en évoquant implicitement les conflits en Syrie, en Irak, au Yemen.

« L’accord nucléaire avec l’Iran, dans lequel la Grande-Bretagne a joué un rôle majeur, fait du Moyen-Orient, et plus largement du monde, un endroit plus sûr », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond dans un communiqué.

Ban Ki-moon salue une « étape majeure »

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a salué l’entrée en vigueur samedi de l’accord sur le programme nucléaire iranien.

« C’est une étape majeure qui reflète l’effort accompli de bonne foi par toutes les parties afin de remplir les engagements sur lesquels elles se sont entendues », a indiqué M. Ban dans un communiqué.

M. Ban a espéré que « le succès de cet accord contribue à une meilleure coopération régionale et internationale en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région et au delà ».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon parle lors d'une conférence de presse au Palais de Santa Cruz à Madrid le 29 octobre 2015. (AFP Photo / Javier Soriano)
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon parle lors d’une conférence de presse au Palais de Santa Cruz à Madrid le 29 octobre 2015. (AFP Photo / Javier Soriano)

M. Ban s’est dit « encouragé » par la levée des sanctions.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé quatre séries de sanctions contre l’Iran entre 2006 et 2010, qui doivent être levées en partie par la mise en oeuvre de l’accord. Certaines devraient en effet perdurer en vertu d’une résolution votée en juillet.

Le secrétaire général a également salué la libération samedi par Téhéran de cinq Américains, dont le correspondant du quotidien Washington Post en Iran Jason Rezaian, dans le cadre d’un échange de prisonniers avec l’Iran.

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