Netanyahu s’exprime sur l’accord iranien, Biden, Trump, la pandémie, son procès
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Netanyahu s’exprime sur l’accord iranien, Biden, Trump, la pandémie, son procès

Interrogé sur sa confiance en Biden sur la question nucléaire, Netanyahu a répondu ne compter que sur lui-même et a chantonné face aux questions sur les cadeaux qu’il aurait reçus

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre l'actrice Carmit Mesilati Kaplan, à droite, lors d'une visite au théâtre Khan avant la réouverture du secteur culturel, à Jérusalem, le 23 février 2021. (Crédit : Ohad Zwigenberg / Pool Photo via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre l'actrice Carmit Mesilati Kaplan, à droite, lors d'une visite au théâtre Khan avant la réouverture du secteur culturel, à Jérusalem, le 23 février 2021. (Crédit : Ohad Zwigenberg / Pool Photo via AP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi avoir annoncé au président américain Joe Biden qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, que Washington réintègre ou non l’accord nucléaire avec la République islamique.

« Je lui ai dit, qu’avec ou sans accord, mon obligation en tant que Premier ministre d’Israël, en tant que Premier ministre de l’État juif, est d’empêcher que les terribles choses qui ont été faites à notre peuple ne se reproduisent », a déclaré Netanyahu dans une interview accordée à la Treizième chaine.

« Il existe un régime dont le principal objectif est notre destruction. Je ferai tout ce que je peux, tout ce qui est en mon pouvoir, pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire », a-t-il déclaré.

Interrogé sur un éventuel recours à la force militaire, Netanyahu a insisté : « Cela inclut tout ce qui est nécessaire pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. »

Israël maintiendra toujours l’option militaire, a-t-il affirmé, tandis que les sanctions dépendent dans une large mesure de Biden. « Je ne mettrai jamais la sécurité d’Israël entre les mains de quelqu’un d’autre », a-t-il répété.

Joe Biden, alors vice-président des États-Unis, à gauche, avec Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2010. (AP / Ariel Schalit)

Il a rejeté l’hypothèse selon laquelle l’accord existant, que l’Iran a violé, valait mieux qu’une absence d’accord.

« Un accord avec un État comme celui-là ? Combien de fois devons-nous apprendre de l’histoire ? Des accords sont conclus. Mais si vous ne comptez que sur les accords, vous faites erreur », a déclaré Netanyahu.

Interrogé sur sa confiance en Biden en ce qui concerne l’accord sur le nucléaire iranien, Netanyahu a répondu : « Je ne compte que sur moi-même, sur nous-mêmes. »

« Je ne confierai la sécurité d’Israël à personne d’autre… Israël doit être capable de se défendre, et est déterminé à le faire par lui-même », a-t-il ajouté, tout en précisant qu’il entretenait une relation étroite avec Biden. « Nous sommes amis, des amis proches même. Il a fait l’éloge de mon père ; je lui ai parlé après la mort de son fils. »

L’administration Biden cherche à réintégrer l’accord nucléaire de 2015 qui limite le programme nucléaire iranien, dont l’ancien président Donald Trump a retiré les États-Unis unilatéralement en 2018.

Washington a annoncé être prêt à réintégrer le Plan d’action global commun, les accords de Vienne sur le nucléaire iranien, à condition que l’Iran se conforme d’abord au respect des restrictions qu’il a violées ouvertement ces derniers mois. Bien que la priorité de Jérusalem soit la question nucléaire, Israël espère que les États-Unis imposeront également des restrictions sur le programme de missiles balistiques de Téhéran et les agressions régionales. Biden souhaite aborder ces questions dans un accord ultérieur après le retour des parties au Plan d’action existant, mais Israël craint que les États-Unis ne perdent le puissant pouvoir de pression créé par le régime de sanctions de l’administration Trump après avoir réintégré l’ancien accord, et que l’Iran ne sera pas disposé à négocier davantage.

Un technicien travaille dans une usine de conversion d’uranium juste à l’extérieur de la ville d’Ispahan, en Iran, le 3 février 2007. (AP Photo / Vahid Salemi, dossier)

« Je suis désolé »

L’interview musclée a abordé toute une série de sujets, notamment la façon dont Netanyahu a géré la pandémie. Le Premier ministre a insisté sur la campagne de vaccination, inégalée dans le monde, comme preuve de sa bonne gestion de la crise.

Cependant, la Treizième chaîne a attaqué le Premier ministre sur la façon dont son gouvernement a géré le reste de la crise sanitaire, et a exhorté Netanyahu à s’excuser pour les milliers de vies perdues en Israël jusqu’à présent.

« Chaque mort… est terrible. Nous sommes dans une lutte commune… Je suis désolé que nous n’ayons pas réussi [à prévenir les décès], et ensemble nous y parviendrons… Nous sommes les seuls qui réussirons parce que j’ai obtenu des vaccins », a déclaré Netanyahu, éludant la question de savoir si sa gestion de la pandémie avait entraîné des décès évitables.

« Chaque mort est une tragédie. Mais depuis un certain temps maintenant, il n’y a aucune raison pour que quiconque meure, ou au moins 97 %, 95 % », a-t-il dit – en référence au taux d’efficacité des vaccins.

« Des dizaines de milliers d’entreprises se battent en effet pour leur survie… Lorsque j’essaie de les aider [financièrement], les politiciens et les conseillers juridiques me disent que je ne peux pas faire ça » à cause de la campagne électorale, a-t-il déploré.

Netanyahu a critiqué les médias israéliens et les responsables juridiques pour leur opposition à ses plans de dépenses au cours de la campagne en vue des élections du 23 mars.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Santé Yuli Edelstein en visite au centre de vaccination COVID-19 à Zarzir, dans le nord d’Israël, le 9 février 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

Il a annoncé son intention de faire d’Israël « l’économie à la croissance la plus rapide du monde ».

Interrogé sur les raisons pour lesquelles le voisin Chypre avait proportionnellement moins de morts, Netanyahu a noté qu’il s’agissait d’une île.

« Nous ne sommes pas une île. Nous avons les Palestiniens parmi nous. Nous ne pouvons pas fermer Jénine… Trente Premiers ministres m’ont appelé pour me féliciter de la manière dont nous avons géré cela », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a réitéré son affirmation selon laquelle Israël sera le premier pays à sortir de la pandémie et a nié que l’Australie et la Nouvelle-Zélande étaient déjà tirées d’affaires.

Il a affirmé que les médias locaux soulignent toujours les erreurs tandis que les médias internationaux reconnaissent les succès d’Israël. Cependant, une grande partie de l’attention des médias internationaux s’est portée ces derniers temps sur le fait qu’une grande partie des Palestiniens n’étaient pas encore vaccinés, tandis qu’Israël a vacciné environ la moitié de ses citoyens.

Des manifestants scandent des slogans lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le samedi 13 février 2021. (Crédit : AP Photo / Sebastian Scheiner)

Netanyahu nie avoir exacerbé les divisions

Interrogé sur ses commentaires passés contre les Arabes, la gauche, et d’autres rhétoriques conflictuelles, Netanyahu a nié les accusations selon lesquelles il exacerbait les divisions au sein de la société israélienne.

« Je suis le Premier ministre de tous. J’apporte des vaccins à tous les Israéliens, sans exception. J’apporte des accords de paix à tous les Israéliens, sans exception. J’apporte une assistance économique à tous les Israéliens, sans exception. J’assure la sécurité, cette année plus que jamais, de tous les Israéliens, sans exception… Et j’arrête l’armement nucléaire iranien pour tous les Israéliens, sans exception », a-t-il déclaré à la Treizième chaîne.

Il a rejeté un sondage de la chaine qui a révélé que 58 % des Israéliens ne voulaient pas qu’il reste Premier ministre. « Attendez le vrai sondage », a-t-il répondu, faisant référence aux élections du mois prochain.

Défendant sa décision de maintenir la fermeture des écoles plus longtemps que tout autre pays, Netanyahu a déclaré à la chaine : « J’ai donné la priorité à la vie avant tout. » Les experts de la santé ont déconseillé d’ouvrir complètement les écoles, car cela répandrait rapidement la contagion, avec des conséquences fatales, a-t-il expliqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) s’entretient avec son avocat Amir Hadad avant une audience au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Reuven Castro / AP)

« J’attaque les médias parce qu’ils le méritent »

Lors de cette interview télévisée, Netanyahu a également été interrogé avec insistance sur ses affaires de corruption.

Interrogé sur son appel téléphonique à Arnon Milchan, un témoin à charge dans son procès pour corruption, le Premier ministre a répondu qu’il ne se souvenait pas exactement quand il l’avait appelé.

Au début du mois, il avait déclaré à la Douzième chaine avoir parlé à Milchan « une ou deux fois » pour lui souhaiter de joyeuses fêtes. Lorsque l’intervieweur a noté qu’il n’y avait pas eu de fêtes pendant la période où Netanyahu l’a appelé, le Premier ministre a esquivé : « Tout est tourné par l’accusation de façon à obscurcir le fait que les affaires contre moi ne tiennent pas la route. »

« Il est permis de parler à un témoin de l’accusation », a-t-il ajouté, rejetant les poursuites contre lui comme étant « fabriquées ».

Arnon Milchan pose à son arrivée à la première du film « Widows » projeté dans le cadre du gala d’ouverture du BFI London Film Festival à Londres, le 10 octobre 2018. (Vianney Le Caer / Invision / AP)

Netanyahu a déclaré que, s’il formait un gouvernement après les élections du 23 mars, il ne l’utiliserait pas pour échapper au procès par le biais d’une législation ou d’une demande d’immunité. « Je ne proposerai pas de législation de ce type », a-t-il déclaré.

Interrogé sur l’idée qu’avoir accepté des cadeaux luxueux de millionnaires tels que Milchan montrait qu’il avait un problème de « valeurs », et pourquoi un homme aussi riche que lui avait besoin d’accepter des cadeaux d’une valeur de 700 000 shekels (du champagne et des cigares) de la part de Milchan, Netanyahu a répondu : « Je vais vous parler de mes valeurs. Je dédie ma vie, malgré les fausses attaques incessantes contre moi, ma femme et mes enfants… au service public. » Il a ensuite parlé du régime iranien qui cherche à « détruire l’État juif » et de son engagement à l’en empêcher.

Questionné à nouveau sur le sujet, Netanyahu a commencé à chanter le refrain de « Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye » (initialement diffusé en 1969 par le groupe Steam).

Il avait utilisé les mots « na na na na » la semaine dernière, pour écarter les questions de la Douzième chaine concernant sa gestion de la pandémie, et a choisi de les remettre au diapason dans l’interview de la Treizième chaine. Le journaliste Udi Segal l’a interrompu en disant que cela était méprisant.

Netanyahu a répondu qu’il s’opposait aux efforts de la Treizième chaine pour détourner l’attention du public des problèmes importants.

Alors que l’interview touchait à sa fin, Netanyahu a été interrogé sur l’ancien président américain Donald Trump, que le Premier ministre a qualifié de grand ami d’Israël.

Netanyahu a rejeté l’idée que Trump ait perdu les élections présidentielles pour ne pas avoir dit la vérité, avoir cherché à changer les règles de la démocratie et avoir attaqué les médias, comme l’a affirmé l’intervieweur. « Vous avez analysé la raison de sa défaite. Je pense qu’il y a d’autres interprétations possibles », a déclaré Netanyahu.

Lorsqu’il lui a été demandé s’il se considérait comme la version israélienne de Trump, notamment pour la manière dont il houspille lui aussi la presse, Netanyahu a répondu : « J’attaque les médias parce qu’ils le méritent… Alors que les médias du monde entier célèbrent le miracle israélien, vous trouvez toujours les moyens d’attaquer, partout. »

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