Netanyahu veut faire supprimer la rue Arafat d’un village arabe israélien
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Netanyahu veut faire supprimer la rue Arafat d’un village arabe israélien

"En Israël, on ne donnera pas le nom d'une rue à des assassins d'Israéliens et de juifs", a vivement réagi le Premier ministre suite aux plaintes de vétérans israéliens blessés

Portrait de l'ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat, accroché à la porte d'une reconstitution du lieu où il a vécu ses dernières années, au nouveau musée Arafat de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 novembre 2016. (Crédits : Abbas Momani/AFP)
Portrait de l'ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat, accroché à la porte d'une reconstitution du lieu où il a vécu ses dernières années, au nouveau musée Arafat de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 novembre 2016. (Crédits : Abbas Momani/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi qu’il demanderait le retrait d’un panneau du village arabe israélien de Jatt, dans le nord du pays, qui porte le nom de Yasser Arafat, dirigeant historique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Sur sa page Facebook, Netanyahu a déclaré que le sujet avait été porté à son attention suite à des plaintes de vétérans blessés de l’armée israélienne.

« Aucune rue de l’Etat d’Israël ne portera le nom de Yasser Arafat », a écrit Netanyahu, ajoutant que « nous travaillons à supprimer le panneau ».

Netanyahu a également indiqué avoir discuté du sujet avec son ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri (Shas), qui lui a précisé que son ministère n’avait approuvé aucune décision pour baptiser cette rue du nom d’Arafat, ce qui est nécessaire pour tous les noms de rue.

D’anciens combattants handicapés de Tsahal luttent contre la proposition de nommer une rue en l'honneur de Yasser Arafat…

Posted by Benjamin Netanyahou on Saturday, 4 March 2017

« En Israël, on ne donnera pas le nom d’une rue à des assassins d’Israéliens et de juifs », a vivement réagi dimanche matin M. Netanyahu lors du conseil des ministres.

« On ne peut pas permettre qu’il y ait des rues portant le nom de Yasser Arafat ou du hajj Amin al-Husseini et d’autres », a-t-il ajouté, faisant référence au grand mufti de Jérusalem, héros de la révolte palestinienne de 1936 contre le mandat britannique, et accusé par les Israéliens d’avoir conclu une alliance avec l’Allemagne nazie. « Nous prendrons les mesures nécessaires, une loi même s’il le faut, pour que cela n’arrive pas ».

Le nom de la rue a attiré l’attention quand un groupe de vétérans israéliens blessés a demandé à Deri de s’en occuper, après avoir appris son existence via l’application GPS Waze, selon la Deuxième chaîne.

Muhammad Tahar Wattad, le directeur du conseil régional de Jatt, a indiqué à la Chaîne la semaine dernière que, même s’il ne connaissaient pas l’existence de la rue, il ne voyait aucun problème avec son nom, puisque de nombreux Premiers ministres israéliens ont rencontré l’ancien chef de l’OLP, dont Netanyahu lui-même pendant son premier mandat, entre 1996 et 1999.

« De notre point de vue, [Arafat] est le dirigeant officiel du peuple palestinien, et Israël l’a reconnu comme un partenaire pour les négociations [de paix] », a-t-il déclaré, ajoutant que « par conséquent, il n’y a pas d’interdiction juridique, sociale ou morale à ce qu’une rue porte son nom. »

Wattad a ajouté que « quiconque appelle [Arafat] un meurtrier de masse devrait assumer la responsabilité de ses paroles. »

Arafat, qui est mort en 2004, reste une figure vénérée des Palestiniens, mais en Israël on le voit plutôt comme un terroriste qui n’a jamais changé, a fait échouer les négociations de paix de Camp David en 2000, a orchestré la seconde Intifada, une vague d’attentats suicides qui a suivi cet échec, et a propagé un narratif toujours prévalent chez les Palestiniens, qui nie toute la légitimité et l’histoire juive en Terre Sainte.

Yitzhak Rabin, à gauche, avec Yasser Arafat et Shimon Peres après que les trois hommes ont reçu le prix Nobel de la Paix à Oslo, en 1994. (Crédit : GPO)
Yitzhak Rabin, à gauche, avec Yasser Arafat et Shimon Peres après que les trois hommes ont reçu le prix Nobel de la Paix à Oslo, en 1994. (Crédit : GPO)
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