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Neuf morts dans une frappe attribuée à Israël en Syrie – OSDH

Cette attaque serait la troisième survenue dans l'espace aérien contrôlé par la Russie en moins d'un mois, et ce malgré les tensions entraînées par la guerre en Ukraine

Des images diffusées par les médias syriens disent montrer un missile de défense antiaérienne s'élever pour répondre à une frappe israélienne, près de Damas. (Capture d'écran)
Des images diffusées par les médias syriens disent montrer un missile de défense antiaérienne s'élever pour répondre à une frappe israélienne, près de Damas. (Capture d'écran)

Neuf combattants, parmi lesquels cinq soldats syriens, auraient péri dans des frappes nocturnes israéliennes près de la capitale syrienne Damas, a annoncé mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), un groupe de veille basé à Londres dont le financement reste flou. Celles-ci seraient les plus meurtrières cette année.

Selon cette ONG, Israël a visé notamment un dépôt de munitions et plusieurs positions militaires liées à l’Iran, qui aide militairement le régime syrien de Bachar al-Assad.

Rami Abdel Rahman, qui dirige l’OSDH, a précisé que les quatre autres tués étaient des membres de milices pro-iraniennes. La nationalité de ces victimes n’a pas pu être vérifiée dans l’immédiat.

De plus, huit personnes ont été blessées après ces frappes sur cinq sites différents, a ajouté l’OSDH, organisation basée au Royaume-Uni et disposant d’un large réseau de sources à travers la Syrie.

Une source militaire syrienne a confirmé à l’agence de presse officielle SANA la mort de quatre des cinq soldats.

« L’ennemi israélien a mené une agression aérienne à l’aube en tirant plusieurs missiles depuis Tibériade visant plusieurs positions aux alentours de Damas », a indiqué la source militaire.

« Notre défense anti-aérienne a intercepté plusieurs missiles et l’enquête a indiqué que quatre soldats avaient été tués », a précisé la source à SANA.

Cette frappe était la troisième attaque présumée menée par Israël en Syrie ce mois-ci.

La chaîne de télévision d’État syrien a fait savoir que les systèmes de défense antiaériens syriens avaient riposté à l’attaque israélienne. « Nos défenses aériennes ont intercepté la frappe israélienne qui a pris pour cible la banlieue de Damas », a annoncé l’agence de presse SANA.

Le responsable a affirmé que la plus grande partie des missiles israéliens avaient été abattus et que les militaires syriens examinaient encore « les conséquences de cette agression ».

L’armée syrienne affirme avoir abattu les missiles lancés par l’État juif après pratiquement toutes les frappes de ce dernier, une affirmation que les hauts-responsables militaires israéliens et les analystes de la défense considèrent très largement comme une exagération.

SANA a diffusé une vidéo qui, selon l’agence, montre un missile de défense antiaérienne s’élever dans le ciel, perçant la nuit.

La Syrie avait aussi signalé deux autres attaques israéliennes, aux abords de Damas, au début du mois, et notamment une rare frappe en plein jour.

Après cette attaque diurne présumée, les médias locaux avaient fait savoir que des explosions avaient été entendues à proximité de Masyaf, qui serait un fief des forces iraniennes et des milices pro-iraniennes. Masyaf a fait l’objet de frappes répétées qui ont été attribuées à l’État juif ces dernières années.

Au début du mois de mars, des attaques israéliennes, près de Damas, avaient entraîné la mort de deux soldats des Gardiens de la révolution iranienne. Les Gardiens avaient promis de venger les défunts et avaient frappé ce qui, selon eux, était un « centre stratégique » israélien dans la région du Kurdistan autonome.

L’armée israélienne a pour politique de ne pas commenter les frappes spécifiques en Syrie, tout en reconnaissant avoir mené des centaines de raids contre les groupes soutenus par l’Iran qui s’efforcent de s’ancrer dans le pays. L’État juif dit également s’en prendre aux livraisons d’armes à destination de ces groupes.

Les frappes aériennes israéliennes ont continué dans l’espace aérien syrien, qui est largement contrôlé par la Russie, depuis que Moscou a lancé son invasion de l’Ukraine.

Israël et la Russie rencontrent actuellement des désaccords dans la mesure où l’État juif apporte un soutien de plus en plus ferme à l’Ukraine. Le Premier ministre Naftali Bennett s’est toutefois abstenu de critiquer directement la Russie, tentant de préserver sa liberté d’action dans le ciel syrien.

De plus, un drone militaire israélien s’est écrasé, mardi, en Syrie. Tsahal a indiqué que l’incident faisait l’objet d’une enquête. Aucune information sensible n’a été perdue dans ce crash et il n’y a aucun risque que des renseignements sensibles soient obtenus à partir du drone, a commenté l’armée.

L’AFP a contribué à cet article.

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