Nobel d’économie remporté par un trio et non par les deux Israéliens favoris
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Nobel d’économie remporté par un trio et non par les deux Israéliens favoris

Le prix Nobel d'économie a été attribué lundi à Esther Duflo, Abhijit Banerjee et Michael Kremer ; Les Israéliens Elhanan Helpman et Joshua Angrist figuraient parmi les favoris

L'Hôtel de ville de Stockholm où sont traditionnellement remis les Prix Nobel lors d'une cérémonie. (Flickr/archer10 Dennis)
L'Hôtel de ville de Stockholm où sont traditionnellement remis les Prix Nobel lors d'une cérémonie. (Flickr/archer10 Dennis)

Le prix Nobel d’économie a été attribué lundi à la Franco-Américaine Esther Duflo et aux Américains Abhijit Banerjee et Michael Kremer pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde.

Les travaux conduits par les lauréats « ont introduit une nouvelle approche (expérimentale) pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde », a annoncé à Stockholm le secrétaire général de l’Académie royale des sciences, Göran Hansson.

Dernier né des Nobel, le prix d’économie, officiellement « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », a été créé en 1968 pour célébrer les 300 ans de la Banque de Suède.

L’économie est peut-être le Nobel où le profil du lauréat est le plus facile à deviner : un homme âgé de plus de 55 ans, blanc, de nationalité américaine. Ces 20 dernières années, les trois quarts d’entre eux correspondaient à cette description.

Pas plus que des autres comités Nobel ne filtre le choix de l’Académie suédoise royale des sciences qui le décerne avant son annonce publique et c’est dans la presse ou les couloirs d’université qu’il fallait chercher les noms de lauréats possibles pour cette cinquantième édition.

Bien qu’il ne l’ait pas remporté, l’Américano-israélien Joshua Angrist, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis, spécialiste de l’économie de l’éducation et du travail, tenait cette année la corde pour remporter le prix, selon les analystes.

L’Israélien Elhanan Helpman, professeur à Harvard, et l’Américain Gene Grossman, professeur à Princeton, comptaient également parmi les favoris, selon Hubert Fromlet, économiste de l’université Linné en Suède, interrogé par l’agence de presse TT. Tous deux ont travaillé dans le domaine de la croissance et du commerce.

Jagdish Bhagwati, professeur à l’université Columbia de New York et auteur de recherches sur la théorie des échanges qui font référence, était aussi cité.

Même s’il est la récompense la plus prestigieuse pour un chercheur en économie, le prix n’a pas acquis le même statut que les disciplines choisies par Alfred Nobel (médecine, physique, chimie, paix et littérature).

Discipline controversée, éminemment politique pour certains, l’économie se distingue des sciences de la nature à l’honneur la semaine précédente.

Le prix était allé en 2018 aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, qui ont décrit les vertus et nuisances de l’activité économique sur le climat.

L’économie viendra clore une saison Nobel marquée par l’attribution du prix de littérature à la Polonaise Olga Tokarczuk pour l’édition 2018, reportée d’un an après un scandale d’agression sexuelle, et pour 2019 à l’Autrichien Peter Handke, écrivain de renommée mondiale dont les positions pro-serbes pendant la guerre en ex-Yougoslavie ont suscité de violentes polémiques.

Vendredi, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan d’une réconciliation spectaculaire avec l’ex-frère ennemi érythréen et père de réformes susceptibles de transformer en profondeur un pays longtemps livré à l’autoritarisme, s’est vu décerner le prix Nobel de la paix.

Chaque Nobel consiste en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de neuf millions de couronnes suédoises (environ 830 000 euros).

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