Nouveau rassemblement anti-gouvernement Netanyahu pour la 3e nuit consécutive
La marche prévue vers la résidence présidentielle n'a pas abouti, les manifestants reprochant aux organisateurs de ne pas avoir été claires et aux policiers d'avoir bloqué les routes

Des dizaines de milliers de manifestants anti-gouvernement ont manifesté mardi devant la Knesset à Jérusalem, appelant à des élections législatives anticipées et à l’éviction du gouvernement, lors de la troisième soirée consécutive de protestations dans la capitale.
Les organisateurs du rassemblement avaient prévu d’organiser une marche de masse vers la résidence présidentielle à l’issue des discours prononcés devant la Knesset, mais les manifestants se sont heurtés à des camions et des véhicules de police qui bloquaient les routes lorsqu’ils ont quitté la zone entourant le bâtiment du Parlement.
La manifestation s’est alors divisée en plusieurs directions, beaucoup ne sachant pas où aller. Le consensus général parmi les manifestants était que la police avait intentionnellement bloqué les routes pour perturber la marche.
Alors que les tambours continuaient à jouer autour de la Knesset, les manifestants sont montés sur le trottoir après que la police leur a demandé de cesser de bloquer la route. Les forces de l’ordre ont sorti un canon à eau, bien qu’il n’ait jamais été utilisé.
Noy, une femme âgée venue de Tel Aviv pour manifester, a attribué la confusion parmi les manifestants à l’absence d’instructions claires de la part des organisateurs. Elle a avoué qu’elle n’avait « aucune idée de l’endroit où aller » lorsqu’elle a commencé à marcher depuis la Knesset, les leaders de la manifestation donnant des informations contradictoires sur le déroulement de la marche.
Bien qu’un groupe d’une centaine de manifestants brandissant des drapeaux ait réussi à se glisser dans un espace étroit entre les véhicules, ils se sont dispersés par la suite. La police a également bloqué l’ensemble de la rue Azza, où se trouve la résidence privée du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant que les manifestants ne puissent atteindre le quartier.
La manifestation de mardi fait suite à celle de lundi, qui avait rassemblé quelque 150 000 personnes selon les organisateurs. Ce rassemblement et la marche qui a suivi vers le domicile de Netanyahu ont donné lieu à de violentes échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants, au cours desquelles la police a fait usage d’un canon à eau, ce qui a entraîné l’hospitalisation de trois personnes.
Tal Weissbach, médecin bénévole lors de la manifestation de lundi, a dû se rendre à l’hôpital Tel HaShomer après avoir été violemment heurtée au visage par un coup de canon à eau lundi soir, ce qui semble constituer une violation des règlements de la police. Elle se tenait sur le bord de la route, vêtue d’un gilet orange vif, afin de se distinguer des personnes nécessitant une prise en charge, et sa vue est désormais menacée en raison de sa blessure.
Deux autres manifestants ont été évacués par le service de secours du Magen David Adom (MDA) vers des hôpitaux locaux. L’un d’entre eux a perdu connaissance après avoir été touché par le canon à eau et l’autre – une femme de 63 ans – a été gravement blessée après avoir été projetée contre un mur, selon la Douzième chaîne.
Avant la manifestation de mardi, certains manifestants ont tenté de bloquer une sortie de la Route 16 à Jérusalem, ce à quoi la police a répondu en dégageant la route par la force et en faisant tomber un manifestant d’une échelle. Selon le quotidien Haaretz, le manifestant a ensuite été évacué pour recevoir des soins.
גם הערב צפויה מחאה בירושלים. כעת כמה מפגינים מארגון ״משנים כיוון״ חסמו את אזור היציאה מכביש 16 כששני מפגינים עמדו במרכז הצומת עם סולמות. כמה אזרחים ניסו לפנות את החסימה בכח וכשהגיעו השוטרים הם דרשו מהמפגינים להתפנות. בהמשך המשטרה החלה לפנותם והפילה את אחת המפגינות מהסולם. המפגינה… pic.twitter.com/IwI6JQoWHF
— Bar Peleg (@bar_peleg) June 18, 2024
Plus tard dans la soirée, devant la Knesset, des milliers de manifestants se sont rassemblés pour écouter les discours de personnalités anti-gouvernement, parmi lesquelles l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon.
Yaalon a reproché à Netanyahu et à son gouvernement de ne pas avoir d’objectif clair dans la guerre en cours contre le Hamas et de ne pas planifier le lendemain de la fin des combats à Gaza. Il a scandé le slogan populaire anti-gouvernement « Vous êtes le chef, vous êtes coupable », que la foule a repris avec enthousiasme, beaucoup brandissant des drapeaux israéliens et des pancartes tournant en dérision Netanyahu et ses partenaires de coalition.
« Depuis la création de ce gouvernement, la situation sécuritaire s’est détériorée, notre économie a décliné », a souligné Yaalon, accusant la coalition actuelle d’être « prête à sacrifier les otages pour les perspectives messianiques » des ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich.
« Nous sommes la majorité et c’est pourquoi ils [les membres du gouvernement] s’inquiètent des élections. Nous exigeons des élections, maintenant », a-t-il ajouté.
Ce mardi était le troisième jour de ce que les groupes de protestation ont appelé une « semaine de perturbations » visant à accroître la pression sur les hommes politiques israéliens pour qu’ils organisent de nouvelles élections.
Le grand rassemblement a eu lieu au moment où Netanyahu faisait une apparition publique à Tel Aviv, au cours de laquelle il a tourné en dérision les manifestants anti-gouvernement et a laissé entendre qu’ils ne soutenaient pas la guerre en cours dans la bande de Gaza.
« Il est vrai qu’il existe une minorité radicale et bruyante, qui est parfois, malheureusement, violente, et qui est financée par des sommes inimaginables, mais elle ne représente pas la majorité de la population. La majorité des gens soutiennent nos troupes, qui veulent et travaillent à la victoire sur nos ennemis », a-t-il affirmé.
Sa déclaration a suscité des critiques de la part des manifestants et de certains de ses opposants politiques, notamment le leader du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, qui a démissionné de la coalition d’urgence la semaine dernière.
Gantz a reproché à Netanyahu d’avoir laissé entendre que les manifestants anti-gouvernement étaient opposés à la guerre déclenchée par l’assaut barbare et sadique du groupe terroriste palestinien du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre, déclarant « qu’une manifestation contre le gouvernement n’est pas une manifestation contre les soldats de Tsahal ».
« Une majorité absolue de manifestants soutient nos troupes, à l’instar de la grande majorité de tous les segments de la société israélienne », a déclaré Gantz, tout en critiquant la coalition au sujet du projet de loi temporaire sur l’enrôlement des Haredim, très controversée, qui est actuellement en discussion.







