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Nouvelle polémique à Harvard après un post antisémite

La faculté va examiner la publication, depuis supprimée, qui incluait une caricature antisémite datant des années 1960 partagée par le Harvard Faculty and Staff for Justice in Palestine

Une publication Instagram de février 2024 partagée par Harvard Faculty and Staff for Justice in Palestine, supprimée depuis, comprenant une caricature à caractère antisémite datant de l'époque des droits civiques, affichée sur l'entrée de Harvard Yard. (Crédit : David L. Ryan/ X/The Boston Globe via Getty Images via JTA)
Une publication Instagram de février 2024 partagée par Harvard Faculty and Staff for Justice in Palestine, supprimée depuis, comprenant une caricature à caractère antisémite datant de l'époque des droits civiques, affichée sur l'entrée de Harvard Yard. (Crédit : David L. Ryan/ X/The Boston Globe via Getty Images via JTA)

JTA – Un groupe de professeurs et de membres du personnel pro-palestiniens de l’Université de Harvard a présenté ses excuses lundi pour avoir partagé une publication que les administrateurs de l’école et les dirigeants juifs ont qualifiée d’antisémite, dans le cadre du dernier différend sur Israël au sein de l’institution de l’Ivy League.

L’image a été postée sur Instagram cette semaine par le Harvard Faculty and Staff for Justice in Palestine (FSJP), un collectif récemment formé, pour illustrer les liens entre l’activisme pro-palestinien et les groupes de l’époque des droits civiques. Elle comprend une caricature datant des années 1960 représentant une main ornée d’une étoile de David et d’un signe de dollar tenant Muhammad Ali et le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser dans un nœud coulant.

« Le Student Nonviolent Coordinating Committee [SNCC] a assimilé le sionisme à un projet impérial », peut-on lire dans la légende, en référence à l’influent groupe de militants des droits civiques des années 1960. La caricature semble être une version tronquée d’une caricature du SNCC qui avait choqué des groupes juifs à l’époque.

Harvard a dénoncé l’image lundi sur Instagram, et annoncé que son conseil d’administration, un organe de veille doté d’un pouvoir disciplinaire, examinerait les publications.

« Des messages aussi méprisables n’ont pas leur place dans la communauté de Harvard », a écrit l’université. « Nous condamnons ces messages dans les termes les plus forts possibles. »

Le groupe de professeurs et de membres du personnel a ensuite supprimé le message et publié des excuses.

« Il a été porté à notre attention qu’une publication présentant de désuètes caricatures qui utilisaient des tropes antisémites offensants était lié à notre compte », a écrit le groupe lundi sur Instagram. « Nous nous excusons pour le mal que ces images ont causé et ne les approuvons en aucune façon. Le FSJP de Harvard s’oppose à toutes les formes de haine et de sectarisme, y compris l’antisémitisme. »

Toutefois, le groupe a ensuite repartagé le message en remplaçant l’image antisémite par celle de l’activiste radical des droits civiques Kwame Ture – anciennement connu sous le nom de Stokely Carmichael – tristement célèbre pour avoir dit que « le seul bon sioniste est un sioniste mort ».

Depuis le début de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas, Harvard est en proie à la controverse concernant le virulent activisme anti-Israël au sein de son campus. La semaine dernière, une commission du Congrès a cité à comparaître des administrateurs de Harvard dans le cadre d’une enquête plus large sur l’antisémitisme sévissant au sein de l’université. Il y a deux semaines, le ministère de l’Éducation a ouvert une enquête sur le traitement réservé par l’université aux étudiants pro-palestiniens victimes de harcèlement pro-Israël.

Le mois dernier, Claudine Gay, présidente de Harvard, a démissionné suite à des allégations de plagiat et une audition au Congrès au cours de laquelle elle a refusé de dire que l’appel au génocide des Juifs violait le règlement du campus.

Lundi, les critiques ont pointé du doigt la publication comme une preuve que l’institution a toujours un problème d’antisémitisme.

« Cette caricature est ignoblement, incontestablement antisémite. N’y a-t-il pas de limite ? », a écrit sur X le rabbin David Wolpe, chercheur invité à Harvard qui a démissionné de son comité consultatif sur l’antisémitisme en décembre.

Harvard Hillel, Harvard Habad et la commission de l’Éducation et du Travail de la Chambre des représentants des États-Unis, qui a émis les citations à comparaître contre l’école, ont également condamné la publication. Jeffrey Flier, ancien doyen de l’École de médecine de Harvard, a écrit sur X : « Le caractère antisémite de cette image est incontestable. »

Une capture d’écran de l’image contestée indique qu’elle a été republiée à partir des comptes de deux groupes d’étudiants pro-palestiniens sur le campus. L’un d’entre eux, le Harvard Palestine Solidarity Committee, était également à l’origine d’une lettre d’étudiants largement critiquée dans les jours qui ont suivi les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre, lettre qui attribuait à Israël « l’entière responsabilité » de l’assaut barbare.

La caricature originale a été condamnée pour antisémitisme lorsque le SNCC l’avait publiée en 1967, peu après que la victoire d’Israël lors de la Guerre des Six Jours eut creusé un fossé de plus en plus profond entre les militants noirs et juifs. Dans la version intégrale de la caricature, la main portant l’étoile de David était celle de Moshe Dayan, le ministre israélien de la Défense de l’époque.

« Les sionistes ont conquis les maisons et les terres arabes par le terrorisme », pouvait-on lire dans la légende originale. Elle faisait également référence à une vieille théorie du complot antisémite, citant « les célèbres Juifs européens, les Rothschild, qui contrôlent depuis longtemps les richesses de nombreuses nations européennes ».

Illustration : Des partisans anti-Israël rassemblés à l’Université de Harvard, à Cambridge, dans le Massachusetts, le 14 octobre 2023. (Crédit : Joseph Prezioso/AFP)

Le groupe pro-palestinien de la faculté n’affiche pas publiquement sa liste de membres et n’a pas répondu à une demande de commentaire de la Jewish Telegraphic Agency. Selon le Harvard Crimson, il a été fondé en janvier par au moins 65 professeurs et membres du personnel de Harvard mécontents de ce qu’ils considèrent comme des efforts visant à « censurer, surveiller et sanctionner méthodiquement les étudiants, les professeurs et le personnel pour les enseignements et les discours critiques à l’égard de l’État d’Israël ».

Les groupes d’étudiants pro-palestiniens qui ont initialement téléchargé le message, dont un groupe consacré à la « résistance africaine et afro-américaine », ont également supprimé le message original et se sont excusés.

« Dans une version antérieure de cette publication, nous avions partagé une image qui ne reflétait pas nos valeurs en tant qu’organisations », ont-ils écrit sur Instagram, ajoutant : « Nos objectifs mutuels de libération incluront toujours la communauté juive – et nous regrettons d’avoir inclus par inadvertance une image qui jouait sur des tropes antisémites. »

Cette semaine, la Kennedy School of Government de Harvard a également accueilli Jared Kushner, gendre de l’ancien président américain Donald Trump et ancien conseiller, pour un événement au cours duquel l’ancien élève de Harvard a déclaré que reconnaître un État palestinien maintenant reviendrait à « soutenir un acte de terrorisme perpétré en Israël ». Kushner a également fait l’éloge de Harvard, même si, comme d’autres personnes contrariées par sa gestion de l’antisémitisme, il a déclaré qu’il pensait que l’institution s’était « peut-être un peu égarée ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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