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Nucléaire iranien : les discussions reprennent lundi

Des diplomates de France, d'Allemagne et du Royaume-Uni avaient regretté "une interruption décevante" liée au souhait du chef de la délégation iranienne de retourner à Téhéran

Le secrétaire-général adjoint de l'EEAS (European External Action Service) Enrique Mora lors de l'investiture du nouveau président de l'Iran, Ebrahim Raissi, au parlement iranien de Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)
Le secrétaire-général adjoint de l'EEAS (European External Action Service) Enrique Mora lors de l'investiture du nouveau président de l'Iran, Ebrahim Raissi, au parlement iranien de Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Les négociateurs sur le nucléaire iranien vont se retrouver lundi à Vienne selon l’Union européenne (UE), qui veut « accélérer le rythme » pour tenter de sauver l’accord de 2015.

« Il est important d’accélérer le rythme sur les questions clés en suspens (…), en travaillant étroitement avec les États-Unis », a annoncé sur Twitter jeudi le coordinateur de l’Union européenne (UE), Enrique Mora.

« Bienvenue au 8e cycle de discussions » qui reprendra le 27 décembre, a-t-il ajouté.

L’échéance fixée par les Etats-Unis pour parvenir à un accord dans le cadre des négociations nucléaires avec l’Iran à Vienne interviendra « dans les semaines à venir », a déclaré de son côté mercredi le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, en visite en Israël.

L’enjeu des pourparlers de Vienne vise à faire revenir dans l’accord les États-Unis qui y participent de manière indirecte, Téhéran refusant des discussions directes avec Washington.

Capture d’écran d’une vidéo du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, négociateur nucléaire iranien, Ali Bagheri, 2020. (YouTube)

Après plusieurs jours de discussions « dures et intenses » selon Téhéran, les délégations s’étaient séparées temporairement la semaine dernière en faisant état de quelques avancées sur le plan technique.

Mais d’une même voix, des hauts diplomates de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni (E3) avaient regretté « une interruption décevante » liée au souhait du chef de la délégation iranienne Ali Bagheri de retourner à Téhéran.

Les Européens souhaitaient se retrouver avant le Nouvel an, affirmant qu’il restait « très peu d’espace » pour le dialogue.

Suite à un premier cycle au printemps, interrompu par l’élection en juin d’un nouveau président iranien ultra-conservateur, les diplomates s’étaient retrouvés fin novembre dans la capitale autrichienne.

Sur cette photo d’archive du 20 juin 2021, Robert Malley, envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, est à Vienne, en Autriche. (Crédit : AP/Florian Schroetter)

Le pacte de 2015 s’est délité à la suite du retrait unilatéral de Washington en 2018 sous la présidence de Donald Trump.

En riposte au rétablissement des mesures punitives à son égard, l’Iran, qui dément vouloir se doter de la bombe, s’est progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire.

Il ne reste plus que « quelques semaines » pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien si Téhéran continue à développer ses activités atomiques au rythme actuel, a prévenu mardi le négociateur américain Rob Malley, mettant en garde contre une « crise » en cas d’échec de la diplomatie.

Le chef de la diplomatie irakienne Fouad Hussein a de son côté appelé, lors d’une visite jeudi à Téhéran, l’Iran et les Etats-Unis à entamer des négociations directes sur le dossier nucléaire.

« Nous appelons (…) à des négociations directes entre les deux parties. L’intérêt de l’Irak, c’est d’aider les deux parties à dialoguer autour d’une table », a affirmé M. Hussein lors d’une conférence de presse commune avec son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian.

« On l’a proposé aux Américains et nous avons fait cette proposition » aux Iraniens, a-t-il ajouté.

M. Hussein a rappelé que les négociations avec la partie américaine se faisaient « via l’émissaire européen ».

« Nous pensons que le temps est venu pour des négociations directes entre Washington et Téhéran (…) pas juste autour du projet nucléaire, mais aussi autour des sanctions », a-t-il poursuivi.

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