Obama et d’autres dirigeants saluent la mémoire de Peres
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Obama et d’autres dirigeants saluent la mémoire de Peres

Israël attend les présidents américain, français et allemand, le prince Charles et plusieurs dirigeants étrangers aux obsèques du prix Nobel de la paix Shimon Peres à Jérusalem

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Barack Obama (d) l'ex-président israélien Shimon Peres avec la médaille de la liberté à la Maison Blanche à Washington. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le président américain Barack Obama (d) l'ex-président israélien Shimon Peres avec la médaille de la liberté à la Maison Blanche à Washington. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Quelques instants après la propagation de l’annonce de la mort de Shimon Peres dans le monde entier mercredi matin, les hommages ont commencé à affluer des dirigeants internationaux.

« Il y a peu de personnes avec lesquelles nous partageons ce monde et qui changent le cours de l’histoire humaine, pas simplement à travers leurs rôles dans les évènements humains, mais parce qu’elles étendent notre imagination morale et nous forcent à attendre plus de nous-mêmes. Mon ami Shimon était une de ces personnes », a écrit le président américain Barack Obama, qui devrait assister aux obsèques de Peres vendredi à Jérusalem, dans son hommage à la mémoire du prix Nobel de la Paix.

« Shimon était l’essence d’Israël lui-même, le courage du combat d’Israël pour l’indépendance, l’optimisme qu’il partageait avec son épouse Sonya pendant qu’ils faisaient fleurir le désert, et la persévérance qui l’a mené à servir sa nation à quasiment tous les postes du gouvernement pendant toute la vie de l’Etat d’Israël », a-t-il déclaré.

Peres a travaillé avec chaque président américain depuis John F. Kennedy, a noté Obama, ajoutant que « personne n’a fait plus pendant tant d’années que Shimon Peres pour construire l’alliance entre nos deux pays. »

« Une lumière s’est éteinte, mais l’espoir qu’il nous a donné brillera toujours, a continué Obama. Shimon Peres était un soldat pour Israël, pour le peuple juif, pour la justice, pour la paix, et pour la croyance que nous pouvons être vrais pour être le meilleur de nous-mêmes, jusqu’à nos derniers jours sur Terre, et dans l’héritage que nous laissons aux autres. Pour le cadeau de son amitié et l’exemple de son leadership, toda raba Shimon. »

Shimon Peres, alors président, accueille le président américain Barack Obama pour une réception en son honneur à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 20 mars 2013. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Shimon Peres, alors président, accueille le président américain Barack Obama pour une réception en son honneur à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 20 mars 2013. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rendu hommage à Peres, un homme qui « a travaillé sans relâche pour une solution à deux états qui permettrait à Israël de vivre en sécurité et en harmonie avec les Palestiniens et la région, un engagement dûment reconnu quand il a partagé le Prix Nobel de la Paix 1994 avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. »

Le défunt président israélien était « un bon partenaire des Nations unies, impatient de voir Israël contribuer aux travaux de la communauté internationale », a déclaré Ban dans un communiqué.

« Même dans les heures les plus difficiles, il est resté optimiste sur les perspectives de réconciliation et de paix », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avec Shimon Peres, alors président, après une conférence de presse conjointe à la résidence du président à Jérusalem, le mercredi 23 juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avec Shimon Peres, alors président, après une conférence de presse conjointe à la résidence du président à Jérusalem, le mercredi 23 juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Louant « une icône de la scène mondiale », les présidents de l’Union et de la Commission européennes, Donald Tusk et Jean-Claude Junker, ont insisté sur ses qualités humaines : « Il était un homme d’une extrême intelligence, d’humour, de charme, de force de travail et d’engagement ».

Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, a déclaré qu’elle avait le « cœur brisé » d’apprendre le décès de Peres, une « immense source d’inspiration ».

Sur Twitter, elle a ajouté que le « seul moyen d’honorer [sa] mémoire » est de travailler à une solution à deux états.

Le président russe Vladimir Poutine a salué mardi la mémoire de Shimon Peres, l’ancien président israélien et prix Nobel de la paix mort dans la nuit de mardi à mercredi, rendant hommage à son « courage » et à son « sens de la patrie ».

« J’ai à de nombreuses reprises eu la chance de m’entretenir avec cet homme merveilleux. A chaque fois, j’ai admiré son courage, son sens de la patrie, sa sagesse et sa vision à long terme », a déclaré M. Poutine, cité par un communiqué du Kremlin.

Vladimir Poutine et Shimon Peres (Crédit : GPO)
Vladimir Poutine et Shimon Peres (Crédit : GPO)

Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, a déclaré sur Twitter que « Shimon Peres était, par-dessus tout, un homme de paix. Mes plus profondes condoléances à ses proches et au peuple d’Israël ».

La conférence du Labour britannique a rendu hommage à Shimon Peres avec une minute de silence, a écrit sur Twitter un porte-parole de l’ambassade israélienne à Londres.

Hillary Clinton, la candidate démocrate à la présidentielle américaine, et son époux, l’ancien président Bill Clinton, ont déploré la perte d’un dirigeant qui a défendu la « sécurité, la prospérité et les possibilités illimitées [de son pays] de sa naissance à son dernier jour sur Terre. » Ils ont déclaré avoir perdu un « ami chéri et sincère ».

President Shimon Peres meets with US Secretary of State Hillary Clinton in Jerusalem on Monday July 16 (photo credit: Facebook)
Shimon Peres, alors président, rencontre la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à Jérusalem, le 16 juillet 2012. (Crédit : Facebook)

« Je n’oublierai jamais combien il était heureux il y a 23 ans lorsqu’il a signé les accords d’Oslo sur la pelouse de la Maison Blanche, ouvrant une ère d’espoir dans les relations israélo-palestiniennes », ont-ils déclaré.

« C’était un génie au grand cœur qui utilisait ses dons pour imaginer un futur de réconciliation, pas de conflit, d’autonomie économique et sociale, pas de colère et de frustration, et une nation, une région, et un monde amélioré par le soin et le partage, pas déchiré en morceaux par les illusions d’une dominance permanente et une vérité parfaite. Ses critiques disaient qu’il était un rêveur. Il l’était ; un rêveur lucide, éloquent, jusqu’à la toute fin. Dieu merci. Laissons ceux d’entre nous qui l’aimaient et aime sa nation garder son rêve vivant. »

Le prédécesseur de Bill Clinton à la présidence, George H.W. Bush, a déclaré que lui et son épouse, Barbara, saluaient « la vie unique de service [de Peres], à la cause universelle de la liberté, à la cause éternelle d’Israël, à la cause la plus noble de la paix. »

Encore et encore, Peres « a aidé à guider son pays bien aimé dans l’épreuve des défis mortels. Mais c’était avec son humanité innée, sa décence, que Shimon a inspiré le monde et aidé à paver une voie vers la paix assez large pour que les futures générations y marchent un jour, côte-à-côte. »

« Shimon Peres appartient désormais à l’Histoire, qui a été la compagne de sa longue vie », a déclaré le président français François Hollande.

François Hollande et Shimon Peres à l'Elysée à Paris, France (Crédit : Moshe Milner/GPO/Flash90)
François Hollande et Shimon Peres à l’Elysée à Paris, France (Crédit : Moshe Milner/GPO/Flash90)

« Avec la mort de Shimon Peres, Israël perd un de ses hommes d’Etat les plus illustres, la paix un de ses plus ardents défenseurs, et la France un ami fidèle. »

Le président de l’Allemagne, Joachim Gauck, a lui souligné que « Shimon Peres a marqué Israël comme aucun autre politique ». « Il a servi son pays dans différentes fonctions avec des principes solides lorsqu’il s’agissait de la sécurité d’Israël, et une volonté forte lorsqu’il s’agissait de faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens ». Pour Gauck, « sa vie au service de la paix et de la réconciliation peut être un exemple pour les jeunes ».

C’est « un homme qui avait vu la guerre et qui pour cette raison construisait la paix », a résumé le président du conseil italien, Matteo Renzi, en saluant un « grand ami de l’Italie ».

Shimon Peres et Narendra Modi à Jérusalem (Crédit : GPO)
Shimon Peres et Narendra Modi à Jérusalem (Crédit : GPO)

Le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré sur Twitter que
« dans l’ancien président Shimon Peres, nous avons perdu un important dirigeant mondial et un ami de l’Inde. Peiné par sa disparition. Nos condoléances au peuple d’Israël. »

Le président colombien Juan Manuel Santos, le président mexicain, les dirigeants et ministres des Affaires étrangères et les ambassadeurs du monde entier se sont exprimés après la mort de Shimon Peres.

L’ancien Premier ministre et président du Quartette pour le Moyen Orient Tony Blair a déclaré que Peres était « un géant politique, un homme d’Etat qui se classe comme l’un des plus importants de son époque, ou de toute époque, et quelqu’un que j’aimais profondément. »

Les hommages des capitales occidentales contrastent avec l’absence de réactions officielles au Moyen-Orient, à l’image de l’Egypte, le premier pays arabe à avoir signé un accord de paix avec Israël.

Le gouvernement sud-africain a déclaré à propos de l’ancien président Shimon Peres :

« Le monde entier s’est réveillé au son de la triste nouvelle du décès de Shimon Peres, ancien président de l’État d’Israël. Bien qu’il ait été sérieusement malade ces deux dernières semaines, depuis son hospitalisation le 13 septembre dernier, nous gardions espoir qu’il se remette.

L’ancien président Peres restera dans nos mémoires pour son indéfectible engagement dans la solution à deux états avec la Palestine, solution qui n’est malheureusement pas près de se réaliser.

Le président Peres fait partie de ces rares politiciens qui ont laissé la raison transformer leurs réflexions sur la question d’un état palestinien.

Le regretté M. Peres restera dans nos mémoires pour le rôle qu’il a joué dans le développement et les résultats des accords d’Oslo, avec le regretté président Yasser Arafat et le premier ministre Yitzhak Rabin, pour lesquels ils ont mérité le Prix Nobel de la Paix en 1994.

Le peuple d’Afrique du Sud a eu la chance de le recevoir lors de sa visite l’an dernier.

Le gouvernement et le peuple sud-africain se joignent à la communauté internationale dans le deuil du regretté chef d’État, cet architecte de la paix.

Alors que nous évoquons le souvenir de M. Peres, nous appelons les Israéliens et les Palestiniens à reprendre des négociations authentiques afin de mettre en œuvre les visions des présidents Arafat, Rabin et Peres, qui ont pris naissance à Oslo il y a plus de 20 ans. C’est le plus bel hommage que l’on peut faire à la vie et à la mémoire du président Peres. »

Les condoléances ont aussi afflué des organisations juives. La Ligue anti-diffamation (ADL) a salué Peres, un homme d’Etat et dirigeant important d’Israël, qu’il a servi le plus longtemps. « Sa voix de clairon, son sens politique et sa sagesse nous manqueront profondément », a déclaré le groupe.

J Street a souligné la transformation de Peres, de combattant à pacifiste, parlant d’un « faucon transformé en colombe, un combattant politique féroce devenu fédérateur. »

« Nous ne verrons pas à nouveau un homme de sa sorte », a déclaré le groupe dans un communiqué.

Des agences de presse ont contribué à cet article.

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