Obama salue la présidence de Rivlin, « exemple positif » pour la démocratie
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Obama salue la présidence de Rivlin, « exemple positif » pour la démocratie

Les leaders internationaux, dont le prince Charles et Mahmoud Abbas, ont écrit ou téléphoné au chef de l'État sortant à l'occasion de son départ

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Barack Obama (d) parle avec le président israélien Reuven Rivlin lors d'une réunion bilatérale à la Maison Blanche à Washington, DC, le 9 décembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / JIM WATSON)
Le président américain Barack Obama (d) parle avec le président israélien Reuven Rivlin lors d'une réunion bilatérale à la Maison Blanche à Washington, DC, le 9 décembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / JIM WATSON)

L’ancien président des États-Unis, Barack Obama, a fait parvenir une lettre d’adieu au président sortant Reuven Rivlin avant son départ, mercredi, saluant ses efforts livrés pour protéger la démocratie en Israël.

« Le travail effectué par les États-Unis et Israël pour la paix, la sécurité et le progrès démocratique ne s’achève jamais », a écrit Obama, « mais votre présidence, mise au service de l’unité et de la démocratie en Israël et du partenariat avec l’étranger a établi un exemple positif pour ceux qui vous emboîteront le pas ».

Cette missive a pu être considérée comme une pique en direction de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a occupé ses fonctions pendant presque tout le mandat de Rivlin et qu’Obama avait accusé de saper potentiellement les traditions démocratiques de l’État juif.

« Félicitations pour votre carrière remarquable et merci pour l’amitié dont vous avez témoigné envers moi au fil des années », a continué Obama. « Vous avez toujours été un fervent soutien de l’amitié étroite qui lie les États-Unis et Israël et, durant ma présidence, j’ai toujours pu compter sur vous, sur vos conseils et votre collaboration ».

Il a rappelé une visite effectuée en 2015 par Rivlin et une cérémonie d’allumage de bougies pour Hanoukka qui avait réuni les deux hommes.

Isaac Herzog a pris ses fonctions de 11e président de l’État d’Israël après une journée de cérémonies organisées mercredi aux côtés du chef de l’État sortant, Reuven Rivlin.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a de son côté appelé Rivlin, exprimant l’espoir que la paix pourrait être conclue entre les deux pays.

Le Prince de Galles a remercié Rivlin pour « tout ce que vous avez fait pour garantir que la relation entre nos deux pays se développe de nombreuses façons, en particulier dans les secteurs de la technologie et de collaboration scientifique, pendant votre présidence ».

Le Président Reuven Rivlin et le Prince Charles de Grande-Bretagne à la Résidence du Président à Jérusalem, le 23 janvier 2020 (Crédit : Mark Neyman/GPO)

« J’ai également grandement apprécié d’avoir eu la chance de m’entretenir avec vous en toute franchise, comme l’auraient fait des amis, notamment sur le plus complexe des sujets », a ajouté le prince britannique.

D’autres souverains ont écrit à Rivlin.

Dans son courrier, le roi Felipe d’Espagne s’est remémoré leur participation au forum mondial des dirigeants au 75è anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Il a souhaité à Rivlin « le meilleur dans vos futures initiatives – derech tzlacha. »

Le président Reuven Rivlin accueille le roi d’Espagne Felipe VI à sa résidence officielle à Jérusalem, le 22 janvier 2019. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Le roi des Belges a écrit qu’il partageait avec l’ancien président « cette priorité déterminante qui est le développement des sociétés inclusives. Les appels répétés que vous avez lancé à cet effet, au cours de tout votre mandat, sont des messages universels prônant un monde de paix et d’harmonie ».

Pour sa part, le président du Guatemala Alejandro Eduardo Giammattei Falla a remercié le président pour ses efforts « de promotion de la paix, du développement et de la sécurité ».

La journée a commencé par le dévoilement officiel du buste de Reuven Rivlin dans le jardin des statues de la résidence officielle du président. La sculpture avait été installée lundi aux côtés des statues des prédécesseurs de Rivlin, deux jours avant la fin de son mandat de sept ans.

Sur une plaque située sous le buste figure une citation de Rivlin : « Si on ne sait pas écouter, on ne sait pas apprendre. Si on ne sait pas apprendre, on ne sait pas réparer. »

Un buste du président Reuven Rivlin, à gauche, par l’artiste Sigalit Landau, vu dans l’Avenue des présidents, à la Résidence du président, le 5 juillet 2021. (Haim Zach/ GPO)

Rivlin a bénéficié, tout au long de son mandat, d’une importante popularité auprès du public, affichant une forte détermination à représenter l’ensemble des diverses communautés israéliennes et une compassion manifeste qui aura touché les Israéliens.

Dans l’après-midi, Herzog a prêté serment à la Knesset. Il a prêté serment sur une Bible vieille de 107 ans – la même que celle sur laquelle son père, Chaim Herzog, avait pris ses propres engagements lors de son investiture de président en 1983. La Bible a survécu aux deux guerres mondiales et a été offerte à sa grand-mère par le père de celle-ci la veille de son mariage.

Le nouveau chef de l’État a ensuite prononcé un discours en séance plénière de la Knesset. Dans cette allocution, il a évoqué les divisions et les clivages dans la société israélienne, les moyens de retrouver l’union et les outils nécessaires pour préserver au mieux la démocratie israélienne, a noté le site d’information Ynet, mercredi.

Après un toast porté à la réussite du président dans ses nouvelles fonctions, qui a eu lieu au Parlement, Herzog s’est rendu à la résidence du président pour la cérémonie de passation de pouvoir avec Rivlin.

Attendant Herzog sur son bureau, une lettre personnelle écrite par Rivlin et adressée au nouveau président.

« La vérité est que je ressens une sorte d’envie à votre égard. Vous allez découvrir très rapidement le privilège extraordinaire qui vous incombe désormais », aurait écrit Rivlin dans la missive, selon la presse israélienne.

« Au cours des sept prochaines années, vous allez rencontrer ces hommes et ces femmes qui sont les citoyens et les citoyennes d’Israël. Je vous le dis par avance, vous allez vouloir les étreindre, toutes et tous. Vous allez vouloir pleurer à leurs côtés et rire à leurs côtés, vous allez vouloir vous réjouir à leurs côtés », a ajouté Rivlin dans son courrier.

Le président Reuven Rivlin lit un livre à des enfants à l’école maternelle Hadas, le 3 janvier 2016. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Reprenant des thématiques abordées dans un discours en 2015 dans lequel il avait mis en garde contre la détérioration de l’unité au sein de la société israélienne, Rivlin a écrit que « dans les tribus, à l’ombre des controverses et des divisions, vous trouverez des esprits courageux qui ne vous parleront pas de ce ‘vivre ensemble’ : ils le vivent, c’est tout. Jour après jour, heure après heure. Dans leurs foyers, ils sont de droite ou de gauche, Juifs ou Arabes, citoyens israéliens de naissance ou nouveaux immigrants, religieux ou non, jeunes ou plus âgés. Ce sont des personnalités issues de toutes les confessions, de tous les secteurs et de toutes les ethnies. Tous Israéliens. Ils sont beaux, ils éclairent la voie de l’avenir, ils sont généreux. Ils ont un cœur, un courage, qu’aucun mot ne saurait décrire ».

Rivlin a aussi mis en garde son successeur sur les difficultés émotionnelles de sa fonction, racontant comment son sommeil avait parfois été perturbé face aux histoires dures des personnes qu’il avait été amené à rencontrer.

« Vous serez surpris. Vous tomberez amoureux. Vous ressentirez de la fierté. Vous prendrez les choses à cœur », a continué la lettre.

« À de nombreuses occasions, lors de voyages, lors de réunions, j’ai pu penser que ce titre de ‘Citoyen numéro un’ était simplement apparu parce que notre peuple est le numéro 1. Et j’en suis aujourd’hui convaincu », a-t-il noté.

Herzog, ancien responsable de l’Agence juive et ex-leader du Parti travailliste, a remporté plus de votes à la Knesset lors du scrutin qui a eu lieu début juin que n’importe quel autre candidat à la présidence dans toute l’histoire du pays.

Avant la cérémonie, Herzog a prié au mur Occidental et, dans la note glissée dans une fissure du mur, il a écrit qu’il se consacrerait « à l’unité au sein de notre population et à l’amour d’Israël ».

En tant que onzième président de l’État juif, il a déclaré qu’il fera tout ce qu’il pourra pour « apporter une contribution significative à notre unité et une contribution significative à l’apaisement des esprits », ajoutant qu’il s’efforcera d’encourager « l’amour que nous nous portons les uns aux autres ».

Le président-élu Isaac Herzog au mur Occidental, le 6 juillet 2021. (Crédit : Noam Rivkin Fenton)

Herzog, fils d’un ancien président, a remporté les voix de 87 députés à la Knesset, forte de 120 membres, et a été ainsi élu 11e président d’Israël – un poste qui est largement honorifique. Miriam Peretz, militante et éducatrice lauréate du prix Israël qui a perdu deux fils de soldats dans les guerres d’Israël, qui s’était également présentée, a de son côté été soutenue par 26 législateurs lors du scrutin.

Après le vote, Rivlin avait téléphoné à son successeur fraîchement élu pour le féliciter.

« Je vous envoie mes salutations les plus chaleureuses, Monsieur le Président ! », a déclaré Rivlin dans un communiqué. « Le titre de ‘premier citoyen’ et la tâche de protéger le caractère de l’État d’Israël, en particulier en ce moment, sont de lourdes responsabilités. Je ne doute pas que vous les supporterez superbement. Je suis fier de vous transmettre le flambeau. »

Herzog, qui était le principal adversaire de Netanyahu aux élections législatives de 2015, avait déclaré qu’il espérait « pouvoir travailler avec n’importe quel gouvernement et avec n’importe quel Premier ministre ».

Le président israélien est notamment chargé de décider à qui accorder le mandat pour former un gouvernement après les élections. Le président a également le pouvoir de gracier et d’accorder sa clémence, ce qui pourrait devenir essentiel si Netanyahu était condamné dans son procès pour corruption en cours.

À l’approche du vote, Herzog avait refusé de dire s’il envisagerait d’accorder sa grâce à Netanyahu, qui n’avait soutenu aucun des deux candidats.

Avocat nanti de profession dans l’un des meilleurs cabinets du pays (fondé par son père), Herzog a une histoire familiale l’élevant au rang d’une certaine aristocratie israélienne. Il est le petit-fils du premier grand rabbin ashkénaze d’Israël, Isaac Herzog, dont il porte le nom, est le fils de l’ancien général de division de Tsahal devenu président, Haim Herzog. Son frère Michael est un général de brigade de Tsahal à la retraite. Sa tante Suzy était l’épouse de l’ancien ministre des Affaires étrangères, le légendaire Abba Eban.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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