Oman: nous ne serons pas le 3e pays du Golfe à établir des relations avec Israël
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Oman: nous ne serons pas le 3e pays du Golfe à établir des relations avec Israël

Le principal envoyé du Sultanat a affirmé, lors d'un échange avec Yair Lapid, que la nation soutient les droits des Palestiniens et respecte les décisions souveraines des États

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr bin Hamad bin Hamood Al Busaidi, interviewé le 11 février 2021 (Crédit : Screen Grab/Atlantic Council)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr bin Hamad bin Hamood Al Busaidi, interviewé le 11 février 2021 (Crédit : Screen Grab/Atlantic Council)

Le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Sayyid Badr bin Hamad bin Hamood Al Busaidi, a déclaré dans une interview publiée samedi que son pays ne sera pas le troisième pays du Golfe à normaliser ses liens avec Israël, lorsqu’il a été interrogé sur une récente conversation avec le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid.

Dans l’interview accordée à Asharq Al-Awsat, un quotidien arabophone basé à Londres, Busaidi a également affirmé le soutien de son pays à « la réalisation d’une paix juste, globale et durable sur la base de la solution à deux États », ajoutant que « c’est la seule option ».

« Nous soutenons les droits légitimes du peuple palestinien et nous respectons les décisions souveraines des États, tout comme nous attendons des autres qu’ils respectent nos décisions souveraines », a-t-il déclaré.

Il a fait ces commentaires en réponse à une question sur son récent appel avec Lapid – cette conversation a été annoncée le mois dernier par les médias d’État omanais, qui ont déclaré que le ministre avait dit à Lapid qu’il espérait que le nouveau gouvernement israélien prendrait des mesures en faveur de la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

M. Lapid a renforcé ses relations régionales, se rendant aux Émirats arabes unis pour ouvrir une ambassade et un consulat la semaine dernière, tandis que le directeur général du ministère des affaires étrangères, Alon Ushpiz, s’est rendu au Maroc mardi pour des réunions. Jeudi, Lapid a rencontré son homologue jordanien Ayman Safadi au poste frontière du pont Allenby, leur première rencontre depuis que Lapid est devenu le plus haut diplomate d’Israël le mois dernier avec la prestation de serment du nouveau gouvernement israélien.

Au cours des dernières années, des signes ont déjà montré qu’Israël et Oman se rapprochaient. L’administration du président américain Joe Biden a déclaré qu’elle espérait élargir les accords d’Abraham initiés par la précédente administration Trump facilitant la normalisation des liens entre les pays arabes et Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre le secrétaire d’État américain Antony Blinken (non vu) à Rome, le 27juin 2021.(Crédit : Andrew Harnik/AP)

Oman a longtemps été présenté comme l’un des prochains pays susceptibles de nouer des liens diplomatiques avec l’État juif. Il a exprimé son soutien à l’accord de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis dès le lendemain de son annonce l’année dernière et a également été prompt à saluer les liens d’Israël avec Bahreïn.

Oman est un interlocuteur clé entre l’Occident et l’Iran, ainsi qu’avec les rebelles houthis du Yémen, et a contribué à la libération de prisonniers dans le passé.
Le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, s’est rendu à Oman en 2018, le premier voyage d’un dirigeant israélien depuis plus de deux décennies, dans ce qui était considéré comme un signe de réchauffement des liens entre l’État juif et le monde arabe sunnite.

Il avait été accueilli par le sultan Qaboos binSaid, qui est décédé l’année dernière et auquel a succédé son cousin Haithambin Tariq Al Said qui semble favorable à l’entretien de liens avec Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s’entretient avec le Sultan Qaboos bin Said à Oman le 26 octobre 2018. (Autorisation)

Cependant, depuis lors, Oman connaît une période de transition difficile, le nouveau sultan étant confronté à une situation économique désastreuse.

Parallèlement, Oman tente d’amener le prochain cycle de négociations entre l’Iran et l’Arabie saoudite dans sa capitale, Muscat, a appris The Times of Israël, ce qui avait été précédemment présenté comme un signe prometteur pour Israël et la possibilité pour le sultanat de rejoindre les accords d’Abraham.

Des pourparlers à Muscat indiqueraient qu’Oman récupère son rôle traditionnel de médiateur neutre, et sort de sa coquille après la mort de Bin Said et les effets de la pandémie COVID-19.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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