On ne se presse pas au bureau de vote de Tel Aviv pour les législatives
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Reportage

On ne se presse pas au bureau de vote de Tel Aviv pour les législatives

Les élections législatives dans la 8e circonscription attirent traditionnellement peu d’électeurs. En 2012, le taux d'abstention avait culminé à plus de 87 % au deuxième tour. Au bureau de vote de Tel Aviv ce dimanche, les assesseurs comptent les rares électeurs

Journaliste Société-Reportage

L'un des bureaux de vote du Consulat français de Tel Aviv, le 7 mai 2017. Illustration. (Crédit : Dahlia Perez)
L'un des bureaux de vote du Consulat français de Tel Aviv, le 7 mai 2017. Illustration. (Crédit : Dahlia Perez)

Ce dimanche, le personnel du consulat s’affaire, à l’extérieur comme à l’intérieur du consulat niché dans cet ancien gratte-ciel au nord du boulevard Allenby de Tel Aviv. Ce 4 juin se déroule le premier tour des élections législatives de la 8e circonscription des Français de l’étranger, regroupant Israël, l’Italie, Chypre, la Turquie, Malte, la Grèce, le Vatican, et Saint-Martin.

Il est bientôt 11 heures. Sur le parking, le député sortant Meyer Habib finit une rapide prière matinale, enlève ses tefilin puis se dirige d’un pas rapide vers l’immeuble, ou il s’engouffre sans ralentir le pas. Il votera en moins de cinq minutes.

« Nous avons déployé un dispositif important, le même que pour le second tour des élections présidentielles », explique Hélène le Gal, ambassadrice de France en Israël. Lors du premier tour, les électeurs de Tel Aviv avaient attendu parfois plus de deux heures. Lors du second, un contingent important de bénévoles était venu renforcer les équipes consulaires.

Aujourd’hui, ils sont tous revenus. Mais « on a rien à faire », soupire en souriant un assesseur à un collègue venu le saluer.

Le député français Meyer Habib à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 novembre 2014. (Crédit : capture d'écran)
Le député français Meyer Habib à l’Assemblée nationale à Paris, le 28 novembre 2014. (Crédit : capture d’écran)

« Les élections législatives mobilisent moins que les présidentielles », rappelle Hélène Le Gal.

En 2012, le taux d’abstention était de 86,6 % au premier tour, et de 87,2 % au deuxième. Alors ce dimanche, la journée risque d’être longue pour les assesseurs qui veillent au bon déroulement du scrutin, et qui accueillent des électeurs qui semblent avoir l’esprit civique bien chevillé au corps.

Il est 11h30. Un monsieur, grand et mince, aux cheveux blancs s’indigne auprès d’une fonctionnaire du consulat. Sa femme n’est pas inscrite sur la liste électorale « alors qu’elle avait voté a l’élection présidentielle précédente ». Il est d’autant plus en colère qu’il « trouve scandaleux le manque de votants présents aujourd’hui ».

Pour Jacques, ancien délégué du KKL, habitant en Israël depuis 50 ans, « cela montre une absence totale de sens civique. Il y a des pays qui punissent les non-votants, ce n’est pas une mauvaise idée ». Il a voté pour la candidate « du majoritaire », entendre Emmanuel Macron, par « peur de voir un éparpillement des voix qui pourrait paralyser l’exécutif ».

Liliane, qui sort du bureau de vote à l’aide de son déambulateur, est aussi « très en colère », mais contre tous les candidats. « Nous, les Français d’Israël, n’avons reçu aucun des programmes des 17 candidats, comment choisir ? Ils auraient du prendre en compte le problème de poste entre les deux pays qui a empêché aux professions de foi d’arriver à temps. Ou organiser un débat sur TV5 Monde avec les principaux candidats », explique celle qui dit être « fière » d’avoir « deux passeports et deux cartes d’identité ».

« Bien sûr, ajoute-elle, il y a des partis pour qui on ne votera pas d’office, mais parmi les autres, il y a des gens qu’on ne connaît pas. Cela devrait être une priorité. Comment voter pour des gens dont on ne sait rien ? »

Claude, électeur français au consulat de Tel Aviv pour le premier tour des législatives françaises, le 4 juin 2017. (Crédit : PIerre-Simon Assouline/Times of Israël)
Claude, électeur français au consulat de Tel Aviv pour le premier tour des législatives françaises, le 4 juin 2017. (Crédit : PIerre-Simon Assouline/Times of Israël)

Claude qui n’a « jamais raté une élection » lui, a voté pour quelqu’un qu’il connaît… personnellement. « J’ai hésité a donner ma voix à la majorité présidentielle pour éviter la stagnation. Mais je connais Meyer Habib personnellement, et son bilan est globalement satisfaisant. De plus, il représente un parti politique que je supporte. »

« Il n’est pas impossible que le second tour mobilise plus », explique Hélène Le Gal, un café a la main.

« Il y a 11 candidats, et une triangulaire n’est pas inenvisageable. Certains électeurs préféreront sans doute faire leur choix entre les deux ou trois finalistes du premier tour. »

Onze candidats se disputent le siège de cette 8e circonscription : parmi eux le député sortant Meyer Habib concourt sous la bannière LR-UDI. Florence Drory, ex-PS, se présente pour La République en Marche. Daphné Poitou-Charentes députée éphémère de cette 8e circonscription, est sans étiquette (ex-PS également), tandis que Benjamin Djiane se présente pour le Parti socialiste.

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