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Otages du Hamas: le 7 octobre, « le temps s’est arrêté » pour les proches

Depuis un mois, ils multiplient les entretiens et se consacrent à la campagne pour faire revenir leurs familles retenues captives à Gaza

Des habitants de Kfar Azza et des sympathisants appelant à la libération des otages détenus par des terroristes à Gaza, devant le ministère de la Défense, à Tel Aviv. 26 octobre 2023. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)
Des habitants de Kfar Azza et des sympathisants appelant à la libération des otages détenus par des terroristes à Gaza, devant le ministère de la Défense, à Tel Aviv. 26 octobre 2023. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)

En un mois, il pense avoir accordé « près de 300 entretiens » à la presse. Pourtant, « le temps s’est arrêté » au 7 octobre pour Yoni Asher, dont la femme et les deux filles ont disparu lors de l’attaque du Hamas, qui a enlevé ce jour-là plus de 240 otages selon Israël.

T-shirt noir et médaillon autour du cou, cet homme de 37 ans regarde dans le vide avant de s’exprimer devant des médias réunis par le Forum des familles des otages et disparus, à Tel-Aviv.

Depuis un mois, ce père de famille aux traits tirés a cessé son activité d’entrepreneur dans l’immobilier et se consacre à la campagne pour faire revenir les otages.

« Je dors et mange le minimum pour survivre », dit-il à l’AFP.

Le 7 octobre, alors qu’il était resté seul à son domicile, au nord de Tel-Aviv, sa femme Doron, 34 ans, et ses filles Raz et Aviv, 4 et 2 ans, rendaient visite à sa belle-mère dans le kibboutz de Nir Oz, tout proche de la frontière avec la bande de Gaza.

Cette petite collectivité rurale a été une cible majeure de l’attaque du Hamas : sur environ 400 résidents, plus d’une vingtaine ont été tués et au moins 75 ont été pris en otage, selon un porte-parole du kibboutz jeudi.

Doron Asher, au milieu, avec ses deux filles et sa mère, capturées par le Hamas le 7 octobre 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)

Au total, au moins 1 400 personnes ont été tuées en Israël, en majorité des civils.

Depuis, l’armée israélienne a annoncé la mort de la grand-mère Efrat, qui apparaissait vivante dans une vidéo montrant des habitants emmenés dans un pick-up.

Yoni Asher a reconnu sa femme et ses filles dans cette vidéo. C’est la dernière preuve de vie des trois membres de sa famille, qui sont également de nationalité allemande.

Et pour lui, « la date d’aujourd’hui est toujours le 7 octobre. Le temps s’est arrêté. »

Le Hamas a enlevé plus de 240 personnes, des Israéliens, étrangers ou binationaux, selon l’armée israélienne.

Un homme regardant les affiches avec les photos des Israéliens retenus à Gaza lors d’une manifestation en solidarité avec les familles des otages, à Rehovot, le 29 octobre 2023. (Crédit : Meïr Conforti /Organisateurs de la manifestation)

Dans le cadre de ses représailles à l’attaque du 7 octobre, Israël affirme que son offensive vise à détruire les capacités militaires et de gouvernance du Hamas, et s’est engagé à éliminer l’ensemble du groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza.

Selon le Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien, près de 9 500 personnes ont été tuées. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et incluent à la fois des civils et des membres du Hamas tués à Gaza, y compris à la suite de tirs de roquettes ratés par le groupe terroriste lui-même. Israël affirme avoir tué quelque 1 500 terroristes du Hamas à l’intérieur du pays le 7 octobre et après cette date.

« En tant que parent, nous avons déjà peur quand un petit enfant saute sur son lit, alors imaginez notre peur maintenant, avec ces bombardements partout », dit Yoni Asher, qui désire « la paix » pour « toutes les populations ».

« La réalité nous rattrape »

La voix tremblante, Adva Adar, 32 ans, se demande « combien de temps » sa grand-mère Yafa, 85 ans, « peut survivre » sans soins médicaux alors qu’elle est déjà atteinte d' »insuffisance cardiaque et rénale, d’hypertension artérielle et souffre beaucoup ».

« Chaque minute pour elle est un cauchemar », ajoute-t-elle.

Elle aussi habitante de Nir Oz, la grand-mère est apparue vivante dans une vidéo, contrairement à Tamir, le cousin d’Adva dont il n’y a eu aucune preuve de vie depuis l’attaque du Hamas.

Des terroristes palestiniens enlevant une civile israélienne, au centre, identifiée plus tard comme étant Yaffa Adar, âgée de 85 ans, du kibboutz Nir Oz pour la conduire dans la bande de Gaza, le 7 octobre 2023 (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)

Comme le reste de sa famille, Adva Adar, qui revient d’un déplacement à Paris pour évoquer le sort des otages, essaye « de rester positive », « de croire qu’elle a survécu ».

« Mais des fois, la réalité nous rattrape », ajoute cette employée dans le social, consciente « qu’un mois sans médicaments peut vouloir dire qu’elle (…) est morte là-bas ».

A 23 ans, Ella Ben Amin prend désormais « beaucoup de pilules » pour s’endormir, et reçoit une assistance psychologique « deux fois par semaine » depuis que ses parents ont été enlevés au kibboutz de Beeri.

Mais, comme les autres proches d’otages, la jeune femme reste « concentrée pour (les) faire revenir » et multiplie les interviews pour faire entendre sa cause.

Désespoir du soir

Sa mère Raz, âgée de 57 ans, « a besoin de plusieurs traitements » en raison de tumeurs cérébrales et vertébrales et de « problèmes de mobilité », explique-t-elle.

Si elle reste « forte pendant la journée », il arrive à Ella Ben Amin, le soir, de se laisser aller « au désespoir » quand elle pense « à comment (ses parents) dorment, ce qu’ils mangent, ce qu’ils boivent ».

Selon la direction du kibboutz de Beeri, 85 personnes – dont les corps ont été identifiés – y ont été tuées le 7 octobre, et 32 personnes sont portées disparues parmi lesquelles des otages présumés.

Un Israélien portant un châle de prière priant à côté de maisons détruites par des terroristes du Hamas, au kibboutz Beeri, le 22 octobre 2023. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Les survivants de ce village agricole ont été relogés dans un hôtel sur les rives de la mer Morte, explique Ella Ben Amin.

Chaque jour, les familles se réunissent pour « chanter ensemble », mais aussi pour échanger des informations et s’exprimer.

C’est à cette occasion qu’on leur annonce « qui a été retrouvé mort, car de nombreux corps n’ont toujours pas été identifiés », explique-t-elle.

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