Pandémie : des médecins de Gaza formés par des équipes israéliennes – média
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Pandémie : des médecins de Gaza formés par des équipes israéliennes – média

Les soignants de l'enclave participent à des ateliers au point de passage d'Erez et au centre médical Barzilai d'Ashkelon ; des vidéoconférences sont organisées entre les médecins

Des ouvriers palestiniens fabriquant du gel désinfectant pour les mains dans une usine de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 mars 2020. (Crédit : Abed Rahim Khatib/ Flash90)
Des ouvriers palestiniens fabriquant du gel désinfectant pour les mains dans une usine de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 mars 2020. (Crédit : Abed Rahim Khatib/ Flash90)

Des dizaines de médecins, d’infirmières et de personnel médical de la bande de Gaza ont été formés par des équipes israéliennes aux techniques de traitement des patients infectés par le coronavirus, a rapporté samedi la chaîne publique Kan.

Une équipe du centre médical Sheba de Ramat Gan a organisé une session de formation de plusieurs heures pour une vingtaine d’homologues gazaouis au poste frontière d’Erez. En outre, un groupe a été autorisé à quitter l’enclave pour suivre une formation au centre médical Barzilai à Ashkelon, et les soignants des deux parties se sont entretenus lors de conférences téléphoniques, selon le reportage.

L’initiative s’est déroulée sous les auspices du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), la liaison du ministère de la défense avec les Palestiniens, a rapporté Kan, qui n’a pas précisé quand ces sessions ont eu lieu.

La semaine dernière, les forces de sécurité dirigées par le groupe terroriste palestinien du Hamas ont arrêté plusieurs militants de la paix à Gaza pour trahison après qu’ils ont participé à une conférence web avec des militants israéliens. Le ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas a déclaré que les militants étaient accusés de « mener une activité de normalisation avec l’occupation israélienne ». Ces derniers ont tenu lundi une réunion de près de deux heures sur Zoom, un service de conférence en ligne, pour discuter de questions d’intérêt commun, dont la pandémie de coronavirus.

Les autorités sanitaires de Gaza auraient décidé d’adopter une recommandation israélienne visant à prolonger la période de quarantaine pour les personnes infectées de deux à trois semaines, en raison du manque d’installations médicales et d’équipements de test dans l’enclave.

Des ouvriers palestiniens construisent un complexe de mise en quarantaine pour les patients atteints du coronavirus dans le sud de la bande de Gaza, le lundi 30 mars 2020. (AP Photo/Khalil Hamra)

On craint qu’une épidémie ne se propage rapidement et ne submerge un système de santé déjà précaire à Gaza.

Le ministère de la Santé, dirigé par le Hamas, affirme que 12 personnes ont été infectées par le virus, dont six se sont rétablies. Il a indiqué que tous ceux qui sont ou ont été porteurs du virus ont été mis en quarantaine et ne se sont pas mélangés au reste de la population.

A la mi-mars, Abdelnasser Soboh, le chef du bureau auxiliaire de l’Organisation mondiale de la santé à Gaza, avait fait savoir que les infrastructures de santé publique de l’enclave côtière ne seraient pas en mesure de traiter des centaines ou des milliers de cas.

« Le système de santé à Gaza est déjà fragile et fonctionne à peine. Il ne peut assumer le fardeau d’un grand nombre de cas », a-t-il déclaré au Times of Israel, avertissant qu’un tel scénario pourrait contribuer à son effondrement.

Les membres de l’aile militaire du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, désinfectent les rues de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2020 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les hôpitaux de Gaza manquent souvent de médicaments et d’équipements en quantité suffisante et comptent souvent sur des générateurs de secours pour bénéficier d’une alimentation en énergie constante.

Le blocus israélien sur Gaza, qui a été aidé par l’Égypte, a considérablement affaibli le domaine de la santé dans le territoire.

Les responsables israéliens maintiennent que le blocus, une série de restrictions sur la circulation des biens et des personnes, est en place pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes d’importer des armes, ou les moyens de les fabriquer, dans la bande.

Au début de ce mois, Gerald Rockenschaub, le chef de la mission de l’OMS auprès des Palestiniens, a déclaré qu’il n’y avait que 87 respirateurs à Gaza, notant que jusqu’à 80 % d’entre eux étaient déjà utilisés. Dans le monde entier, les patients atteints de cas graves de Covid-19, la maladie causée par le virus, ont besoin d’une assistance respiratoire pour rester en vie.

L’Autorité palestinienne a annoncé vendredi le deuxième décès dû au coronavirus en Cisjordanie et trois autres cas confirmés, ce qui porte à 266 le nombre total de cas dans cette région et dans la bande de Gaza.

L’Autorité palestinienne et les autorités dominées par le Hamas ont pris des mesures importantes pour prévenir la propagation de la maladie en Cisjordanie et à Gaza, respectivement.

L’AP a considérablement restreint la liberté de circulation en Cisjordanie, permettant aux personnes de quitter leur domicile dans certaines circonstances, comme pour aller au supermarché ou dans des établissements de santé, entre autres.

Les autorités dirigées par le Hamas ont interdit à la grande majorité des gens d’entrer et de sortir de la bande de Gaza, en fermant les mosquées, les restaurants, les salles de spectacle et d’autres lieux.

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