Israël en guerre - Jour 236

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« Pas un vrai jour de l’Indépendance » pour des proches d’otages et des évacués

Le pays est hanté par l'absence des otages et traumatisé par les atrocités commises le 7 octobre en territoire israélien et les tirs de roquette qui se poursuivent, empêchant des Israéliens de rentrer chez eux

Illustration : Des photos d'otages enlevés par le Hamas, à Johannesburg le 13 mai 2024 lors de la célébration de Yom HaAtsmaout, la fête nationale israélienne commémorant le 76e anniversaire de la création de l'État d'Israël le 14 mai 1948. (Crédit : Wikus de Wet / AFP)
Illustration : Des photos d'otages enlevés par le Hamas, à Johannesburg le 13 mai 2024 lors de la célébration de Yom HaAtsmaout, la fête nationale israélienne commémorant le 76e anniversaire de la création de l'État d'Israël le 14 mai 1948. (Crédit : Wikus de Wet / AFP)

« Nous sommes toujours là, mes filles sont toujours là (…) Israël est toujours là, mais ce n’est pas un vrai jour de l’Indépendance », lâche Lishay Lavi Miran, parce que son mari « Omri est là-bas », à Gaza, aux mains du Hamas comme 127 autres otages.

Le 14 mai, Israël fête le jour anniversaire de sa création. Mais cette année, le pays est hanté par l’absence des otages et traumatisé par les atrocités commises le 7 octobre en territoire israélien. Et depuis 221 jours, la guerre dans la bande de Gaza se poursuit sans issue en perspective.

Dans ce contexte, « il n’y a pas de quoi se réjouir et je ne me sens pas réellement indépendante », commente à Tel-Aviv Lishay Lavi Miran, 39 ans.

Elle dit tenir bon pour ses filles et l’espoir de retrouver son mari, que lui ont arraché des terroristes palestiniens le 7 octobre, dans leur kibboutz de Nahal Oz, dans le sud d’Israël, à 700 mètres de la bande de Gaza.

Comme elle, Batia Holin, habitante du kibboutz voisin de Kfar Aza, évacué, estime « qu’il n’y a pas d’indépendance ici ».

« Si je suis dans mon pays, que je ne peux pas être chez moi et que je ne le serai pas avant au moins trois ans, de quel genre d’indépendance s’agit-il ? » explique à l’AFP cette femme de 71 ans.

Un militaire de Tsahal se tient devant une maison détruite dans la communauté frontalière de Kfar Aza à Gaza, le 20 décembre 2023. (Crédit : Sam Sokol)

« C’est notre cas » dans le sud d’Israël mais aussi « celui de tous les habitants du nord » où les affrontements avec le Hezbollah libanais de l’autre côté de la frontière sont quasi quotidiens. « Ils ne peuvent pas rentrer chez eux et sont devenus des réfugiés », dit-elle.

Environ 75 000 habitants du nord d’Israël sont déplacés, auxquels les autorités fournissent un soutien financier et logistique, selon des chiffres donnés devant le Parlement en avril.

« Foyer national juif »

Israël est « un pays souverain dont les citoyens sont des réfugiés (…) C’est terrible », lâche Batia Holin qui raconte être brièvement retournée chez elle, avoir fermé la porte et être partie. « C’est tout, je n’ai plus de maison ».

Au petit matin du 7 octobre, des terroristes du Hamas infiltrés depuis Gaza ont fondu sur Israël par la mer, les airs et les routes. L’attaque, d’une ampleur inédite, a entraîné la mort, côté israélien, de plus de 1 170 personnes, majoritairement des civils.

Au total, 252 personnes ont été enlevées et 128 restent captives à Gaza, dont Omri Miran, thérapeute shiatsu de 47 ans. Selon l’armée, 36 des otages du 7 octobre sont morts.

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l’Etat d’Israël, concrétisant la promesse d’un « foyer national juif » faite en 1917 par Londres. Les grands-parents de Lishay Lavi Miran vinrent s’y établir, leur famille quittant la Libye pour lui, l’Azerbaïdjan pour elle.

Maison « saccagée »

La première guerre israélo-arabe éclate dès le 15 mai 1948 et d’autres guerres suivront, dont celle de 1967 lors de laquelle Israël s’empare notamment de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, territoire dont il se retirera unilatéralement en 2005, deux ans avant que le Hamas n’y prenne le pouvoir.

Après le 7 octobre, Israël a fait vœu « d’anéantir » le Hamas, et l’offensive lancée dans la bande de Gaza a fait depuis sept mois. Les combats y font rage et le bruit est effrayant, témoigne Mme Lavi Miran.

Mais au-delà des roquettes que des groupes palestiniens continuent de tirer – encore ce matin en direction de la ville d’Ashkelon – elle ne peut revenir dans son kibboutz parce que les terroristes « ont tout saccagé » dans sa maison.

Des dégâts causés par les terroristes du Hamas, au kibboutz Nir Oz, le 19 octobre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90/Dossier)

« Ils ont jeté tous nos vêtements », « fouillé », « touché » et « pris beaucoup de choses », énumère-t-elle. Et « même après sept mois je ne peux pas toucher quoi que ce soit là-bas ».

Comme des milliers de manifestants réunis tous les samedis, elle s’époumone pour que le gouvernement fasse du retour des otages une priorité.

Dimanche, Herzi Halevi, chef de l’armée, a dit porter « la responsabilité de l’échec de notre mission de protection des citoyens de l’Etat d’Israël » le 7 octobre.

Selon Lishay Lavi Miran, pour l’instant « le Hamas a gagné la guerre, parce que les otages ne sont pas là » mais sont « en enfer », dans un probable dédale souterrain.

Elle dit qu’elle retrouvera son foyer, « seulement quand (son mari) reviendra ».

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