Passeport vert: l’exemption des lieux de culte crée la polémique
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Passeport vert: l’exemption des lieux de culte crée la polémique

Plusieurs ministres, mécontents, ont voté contre les directives prises dans la lutte contre la COVID-19 ; un plan de dépistage sérologique des moins de 12 ans va être lancé

Des Juifs prient dans une synagogue de l'implantation d'Efrat, dans le Gush Etzion, en Cisjordanie, le 20 mai 2020. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)
Des Juifs prient dans une synagogue de l'implantation d'Efrat, dans le Gush Etzion, en Cisjordanie, le 20 mai 2020. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Les ministres ont donné leur feu vert définitif à un plan qui élargira significativement les restrictions sur les rassemblements dans le cadre du système du Passeport vert avec pour objectif de réduire le nombre de nouveaux cas de coronavirus qui a grimpé en flèche, et ce malgré les réticences exprimées sur une décision de dernière minute d’exempter les lieux de culte.

Dès dimanche, les regroupements de toute taille, qu’ils soient organisés en espace clos ou à l’extérieur, seront limités aux seules personnes vaccinées, en rémission de coronavirus ou présentant un test négatif. Ce pass sanitaire s’appliquera aussi aux hôtels, aux restaurants et aux clubs de gym.

Si le plan comprenait initialement les synagogues et autres lieux de culte, le texte qui a été présenté jeudi soir aux ministres a laissé de côté les offices religieux réunissant moins de 50 participants – une exemption qui a mécontenté certains membres du cabinet.

Parmi les hauts-responsables qui ont voté contre les nouvelles mesures en signe de protestation, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre des Finances Avigdor Liberman, tous deux très critiqués cette semaine après la révélation de leur absence lors des réunions du cabinet chargé de la difficile question de la gestion de la COVID-19.

Cette décision d’exempter les offices a été prise suite à un accord conclu entre le ministre de la Santé Nitzan Horowitz et le procureur-général Raz Nizri, qui avait fait part de son inquiétude face à une éventuelle atteinte de la liberté religieuse en cas d’interdiction faite aux citoyens non-vaccinés de prendre part aux prières communautaires.

D’autres ministres ont exprimé leur colère de ne pas avoir été informés de cette décision avant la rencontre du cabinet. Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton et la ministre de l’Économie et de l’Industrie Orna Barbivai ont ainsi voté contre l’exemption.

De son côté, Liberman a réagi aux critiques portant sur son absence lors des réunions du cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus, disant que le ministère des Finances était bien représenté lors de ces rencontres par Hamad Amar qui est ministre au sein du Trésor.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman pendant une réunion de faction de sa formation Yisrael Beytenu à la Knesset, le 26 juillet 2021. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman a aussi expliqué qu’il était important que les professionnels prennent les décisions nécessaires concernant la pandémie et qu’ils soient soutenus par les politiciens.

Le vote du cabinet a aussi donné l’autorisation finale à une décision qui a été prise mardi par le cabinet du coronavirus d’élargir le système du Passeport vert à tous les rassemblements. Jusqu’à présent, seuls les regroupements de plus de cent personnes étaient concernés.

Le système va être encore étendu en date du 20 août aux enfants de moins de douze ans, avec le délai nécessaire pour permettre au ministère de la Santé de mettre en place un système de dépistage rapide.

Le ministère a noté jeudi qu’il lançait un projet-pilote dès la semaine prochaine qui visera à offrir des tests sérologiques aux enfants pour établir ceux qui ont pu être atteints par la COVID-19 sans en avoir connaissance et qui présentent des taux d’anticorps significatifs.

Ces enfants seront alors compris dans le système du Passeport vert et ils ne seront pas soumis à la règle de mise à l’isolement s’ils sont cas-contacts.

Ce système pilote est testé à Elad, Bnei Brak, Modiin Illit et Beit Shemesh – des municipalités ultra-orthodoxes où le nombre de cas de coronavirus a été très élevé durant les premières vagues.

Photo d’illustration : La police à un barrage routier dans le quartier de Hephzibah à Beit Shemesh qui était placé en confinement pour tenter d’empêcher la propagation du coronavirus, le 10 juillet 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les écoles ultra-orthodoxes font leur rentrée en date du 8 août tandis que la majorité des établissements scolaires rouvriront leurs portes le 1er septembre.

Le cabinet du coronavirus a également approuvé une série de restrictions, mardi, avec notamment le port du masque obligatoire – dans les espaces clos et en plein air – pour les rassemblements réunissant cent personnes ou plus ; un travail en présentiel dans les bureaux réduit de 50 % chez les fonctionnaires tandis que les employés du secteur privé seront encouragés à revenir au télétravail ; ainsi qu’une mise en quarantaine des soignants vaccinés dont les enfants de moins de douze ans ont été contaminés.

Les agents de police font appliquer les directives contre la COVID à Jérusalem, le 5 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le gouvernement prévoit aussi de lancer une campagne de sensibilisation visant à encourager les Israéliens à cesser de « se serrer la main, s’étreindre, s’embrasser et à éviter les regroupements qui ne sont pas indispensables dans les espaces clos », a fait savoir un communiqué. Il incitera également les citoyens de soixante ans et plus à éviter les rassemblements et à éviter de côtoyer des personnes non-vaccinées dans un espace clos.

Ces nouvelles restrictions sont une tentative visant à ralentir la reprise de l’épidémie de COVID-19 qui a été attribuée au variant Delta qui se propage rapidement.

Jeudi matin, le Premier ministre Naftali Bennett a garanti aux Israéliens que, contrairement à ce que laissent croire certaines informations, il n’y avait pas de pénurie de vaccins contre la COVID-19 au sein de l’État juif.

« Israël dispose d’un stock de vaccins suffisant pour répondre à nos besoins actuels et futurs. Plusieurs livraisons sont arrivées ces derniers jours et cela va continuer », a indiqué le Premier ministre dans une déclaration.

Il a ajouté que le nombre exact de vaccins figurant dans le stock israélien et inclus dans les livraisons futures ne pouvait pas être révélé « pour des raisons de confidentialité ».

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne, Sharon Alroy-Preis, directrice de la division de santé publique au sein du ministère de la Santé, a expliqué qu’il pouvait y avoir des retards de quelques jours dans la prise de rendez-vous mais que l’approvisionnement en vaccins était bien là.

Un résident de la maison de retraite Amigor se fait administrer une troisième dose de vaccin contre le coronavirus le 4 août 2021. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Alroy-Preis a ajouté qu’un confinement national au mois de septembre, pendant les fêtes du Nouvel An juif, n’était pas inévitable.

« C’est une option, à l’évidence – mais tout dépend de nous », a-t-elle dit. Les règles sanitaires actuelles, a-t-elle continué, ne feront pas baisser de manière considérable les taux d’infection mais visent à « gagner du temps » pour que les enfants et les adolescents puissent se faire vacciner et pour que les Israéliens de 60 ans et plus puissent se faire administrer une piqûre de rappel.

« Le confinement n’est pas une stratégie : c’est une tactique, une démarche qu’on tente d’éviter à moins de devoir réellement, réellement l’employer », a noté Alroy-Preis. « Actuellement, nous pouvons nous en passer. Il faut se dépêcher d’aller se faire vacciner ».

Une livraison de centaines de milliers de vaccins Pfizer doit arriver samedi soir au sein de l’État juif, a annoncé la Douzième chaîne.

La demande d’une piqûre de rappel est forte parmi les Israéliens âgés de 60 ans et plus depuis le lancement officiel de la campagne qui a eu lieu dimanche. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 295 585 personnes avaient d’ores et déjà reçu une troisième dose de vaccin dans la soirée de jeudi – soit presque un cinquième des adultes appartenant à cette tranche d’âge.

Jeudi soir, il y avait 25 467 cas actifs de la COVID en Israël, avec 461 personnes hospitalisées, 262 personnes dans un état grave et 51 personnes placées sous respirateur. Depuis dimanche, 32 personnes ont succombé suite à une forme grave du coronavirus dans le pays. .

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