Pays-Bas : Un maire refuse d’être vu avec l’envoyé d’Israël à une cérémonie de Hanoukka
Roelof Bleker, maire d'Enschede, conditionne sa participation à l'événement local de Hanoukka à ne pas avoir de contact avec Modi Ephraïm, afin d'éviter toute controverse

JTA – Une cérémonie de Hanoukka tenue dans la ville néerlandaise d’Enschede a pris une tournure amère lorsque son maire a refusé d’être vu aux côtés de l’ambassadeur d’Israël aux Pays-Bas.
Jaap Hartog, président de la synagogue d’Enschede, avait invité le maire Roelof Bleker à une réception organisée à l’occasion de Hanoukka et du 95e anniversaire de la synagogue, lundi soir. Il avait réservé un siège pour le maire à côté de celui réservé à l’ambassadeur d’Israël, Modi Ephraim, qui était en visite à Enschede pour l’occasion.
Mais à quelques heures de l’événement, Hartog a reçu un appel de Bleker qui lui a posé quelques conditions préalables.
« Le maire ne voulait pas être assis à côté de l’ambassadeur, ne voulait pas lui serrer la main et surtout ne voulait pas serrer la main en présence d’un photographe, pour éviter tout problème si ces photos étaient diffusées dans les médias », a confié Hartog à la Jewish Telegraphic Agency.
Hartog a répondu en conseillant au maire de ne pas venir du tout. Lorsque Bleker a insisté pour venir, il a été reçu et installé sur le balcon de la synagogue, parmi d’autres invités.
Bleker a expliqué que son intention était de garder une certaine distance par rapport à la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas et d’éviter que soient prises des images de nature à susciter la controverse.
Des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont déferlé sur Israël le 7 octobre, tuant 1 200 personnes – pour la plupart des civils – et en kidnappant 240 autres dans la bande de Gaza. Ce massacre a déclenché un conflit militaire qui a fait des milliers de morts à Gaza et attisé les tensions dans le monde entier.
En fin de compte, les conditions de Bleker se sont retournées contre lui, car elles ont déclenché une tempête médiatique aux Pays-Bas cette semaine.
Selon Hartog, la petite communauté juive d’Enschede – qui compte environ 45 membres au total – avait déjà exprimé sa frustration à l’égard de Bleker. Selon elle, Bleker aurait rejeté ses demandes de renforcement de la sécurité et de la surveillance après le 7 octobre, en dépit d’une recrudescence des attaques antisémites dans tout le pays.
Le Conseil central juif des Pays-Bas a également critiqué Bleker. Chanan Hertzberger, son président, lui a reproché non seulement d’avoir conditionné sa visite à la synagogue, mais aussi de s’être assis à l’arrière au lieu du siège avant qui lui avait été initialement réservé.
« Un maire devrait s’asseoir au premier rang lors d’une telle cérémonie », a expliqué Hertzberger dans des propos traduits. « Nous ne pouvons que conclure que ce maire projette ses critiques d’Israël sur les résidents juifs de sa ville. »
Dans un communiqué public mardi, Bleker a dit regretter la controverse, notant qu’il avait appelé à la fois Ephraim et Hartog pour s’excuser. Il rencontrera Hartog vendredi.
Bleker a néanmoins semblé maintenir son désir de se dissocier de la guerre entre Israël et le Hamas. « Je suis là pour tous les habitants d’Enschede et je veux donc rester à l’écart des conflits internationaux », a-t-il déclaré.
Ephraim a reconnu la prise de bec, mais a mis l’accent sur sa propre apparition à la synagogue dans des publications sur X.
« Quoi qu’il en soit, ce fut une cérémonie de Hanoukka pleine d’émotion à Enschede, avec des centaines de chrétiens et d’amis juifs d’Israël », a écrit Ephraïm. « J’ai lancé un appel à s’unir contre la haine et l’antisémitisme. »







