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Peine de 16 ans de prison pour le complice de l’attentat du mont du Temple

Amjad Jabarin, d'Umm al-Fahm, devra également verser 516 000 shekels aux familles des deux agents de police assassinés dans l'attentat de juillet 2017

Amjad Jabarin au tribunal de première instance de Haifa le 24 août 2017, où il a été mis en accusation pour complicité d'assassinat dans le cadre de l'attaque terroriste sur le mont du Temple en juillet. (Crédit : Capture d'écran Dixième chaîne)
Amjad Jabarin au tribunal de première instance de Haifa le 24 août 2017, où il a été mis en accusation pour complicité d'assassinat dans le cadre de l'attaque terroriste sur le mont du Temple en juillet. (Crédit : Capture d'écran Dixième chaîne)

Un Arabe israélien a été condamné à 16 ans de prison mercredi pour avoir apporté son aide à trois hommes ayant abattu deux agents de police devant le mont du Temple à Jérusalem en juillet 2017.

Le tribunal de Haïfa a également ordonné qu’Amjad Muhammad Ahmad Jabarin, originaire d’Umm al-Fahm dans le nord, verse 258 000 shekels (70 000 euros environ) à chacune des familles des policiers assassinés.

Amjad Muhammad Ahmad Jabarin a été reconnu coupable, en juillet, de complicité d’attentat terroriste, d’obstruction à la justice et de conspiration en vue de commettre un crime.

D’après les documents du tribunal, Jabarin a transporté les trois terroristes à Jérusalem, discuté avec eux de leurs projets criminels et « même proposé de participer avec eux à l’attaque au moins deux fois ».

Les trois terroristes avaient été tués par la police lors de l’assaut, qui a coûté la vie au sergents-chefs Kamil Shnaan, âgé de 22 ans, et Haiel Sitawe, 30 ans.

L’adjudant Kamil Shnaan, à gauche, et l’adjudant Haiel Sitawe, à droite, les deux policiers morts dans l’attentat terroriste perpétré sur le mont du Temple à Jérusalem, le 14 juillet 2017. (Crédit : Police israélienne)

Au cours de son interrogatoire, Jabarin a également révélé qu’il existait des relations entre les trois terroristes – tous nommés Muhammad Jabarin, habitant tous Umm al-Fahm – et la Branche du nord du Mouvement islamique, un mouvement interdit, a annoncé le Shin Bet.

Le 14 juillet, vers 3 heures du matin, les trois Muhammad Jabarin étaient arrivés au mont du Temple depuis Umm al-Fahm pour les prières avec des fusils et un couteau caché sous leurs vêtements. Les armes avaient été introduites illégalement sur le site.

Ils étaient restés dans le lieu saint pendant quatre heures, avant de se diriger vers le quartier musulman. Juste après 7 heures du matin, ils ont ouvert le feu sur les deux policiers israéliens, qui étaient stationnés à l’une des entrées du mont du Temple, et les ont tués. D’autres policiers présents sur les lieux de l’attentat ont tiré sur les terroristes, et les ont tués.

Jabarin a été arrêté le 23 juillet, neuf jours après l’attentat, et mis en examen en août 2017.

La police israélienne en train de sécuriser le site d’une attaque et entoure le cadavre (au premier plan) où des terroristes arabes israéliens ont tiré et tué deux policiers sur le mont du Temple, le 14 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Thomas Coex)

Selon l’acte d’accusation, Jabarin s’est entraîné avec les terroristes avant l’attaque lorsqu’il les a rejoints, quand ils s’entraînaient à tirer avec leurs mitraillettes Carlos artisanales.

La nuit précédant l’attentat, il a également conduit les trois terroristes sur un terrain de football à Umm al-Fahm, qui a servi de point de ramassage pour une navette vers le mont du Temple, alors qu’il savait qu’ils étaient armés et prévoyaient de mener une attaque.

Après l’attentat, Jabarin a également caché certains « objets appartenant » aux terroristes – des téléphones portables et les clés d’une voiture – qu’ils lui avaient confiés.

D’après le Shin Bet, les hommes se sont réunis pour planifier leur attaque dans la mosquée Al-Malsaa d’Umm al-Fahm.

Cet attentat avait donné lieu à deux semaines d’instabilité à Jérusalem et en Cisjordanie. À la suite de cette fusillade survenue un vendredi matin, Israël avait fermé le complexe pour le reste de la journée — du jamais vu en cinquante ans pour un vendredi, le jour de la prière pour les musulmans.

Des fidèles musulmans protestent contre les détecteurs de métaux mis en place à l’entrée du mont du Temple après un attentat, le 16 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lorsque le site avait rouvert deux jours plus tard, la police avait installé des détecteurs de métaux aux entrées du site saint, ce que des responsables musulmans avaient dénoncé comme une tentative de changement du statu quo. Les semaines ayant suivi ont été le théâtre de nombreux heurts sanglants entre la police et des habitants de Jérusalem-Est, qui refusaient de passer par les détecteurs de métal et ont organisé des manifestations violentes en dehors de la Vieille ville.

Un semblant de calme était revenu dans la capitale après que le gouvernement a accepté de retirer les détecteurs et mis en place d’autres mesures de sécurité aux entrées du mont du Temple le 25 juillet.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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