Pic des démolitions de maisons palestiniennes en 2019 – B’TSelem
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Pic des démolitions de maisons palestiniennes en 2019 – B’TSelem

Un rapport établi par l'organisation de défense des droits de l'Homme affiche un nombre record d'habitations rasées - 265 - à Jérusalem-Est, l'année dernière

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Photo d'illustration : Un agent de police israélien se tient près d'une pelleteuse lors de la démolition d'une maison palestinienne dans la banlieue de Sur Baher, à Jérusalem-Est, le 7 avril 2009 (Crédit : Kobi Gideon / FLASH90)
Photo d'illustration : Un agent de police israélien se tient près d'une pelleteuse lors de la démolition d'une maison palestinienne dans la banlieue de Sur Baher, à Jérusalem-Est, le 7 avril 2009 (Crédit : Kobi Gideon / FLASH90)

L’année calendaire 2019 a été marquée par un pic du nombre de démolitions de structures et d’habitations palestiniennes par les forces de sécurité israéliennes, selon des chiffres qui ont été rendus publics mardi par un groupe israélien de défense des droits de l’Homme.

Pendant cette période, Israël a démoli 265 structures à Jérusalem-Est – un nombre sans précédent depuis que B’Tselem a commencé à en faire le bilan, en 2004. Ce chiffre comprend 169 maisons appartenant à 328 Palestiniens. Le nombre moyen d’habitations démolies à Jérusalem-Est, jusqu’en 2019, était de 54.

Les autorités israéliennes clament que les structures rasées avaient été construites sans les permis nécessaires et que les ordonnances réclamant l’arrêt des travaux, souvent émises pendant la construction des édifices, sont généralement ignorées par les propriétaires.

Répondant à cette affirmation, B’Tselem a déclaré que « les Palestiniens à Jérusalem-Est n’ont, dans les faits, pas d’autre choix que de construire sans permis en résultat direct de la politique israélienne qui rend pratiquement impossible, pour eux, l’obtention de permis de construire ».

Un argument qui est également utilisé par les Palestiniens qui vivent dans ce qui est connu sous le nom de Zone C – un territoire qui couvre plus de 60 % de la Cisjordanie, où Israël détient le contrôle civil et militaire sous les dispositions des Accords d’Oslo et où vivent 240 000 Palestiniens aux côtés de 450 000 habitants d’implantations israéliennes.

Toutefois et contrairement à Jérusalem-Est, l’Etat juif n’a pas annexé le secteur au-delà de la Ligne verte.

Les forces de sécurité israéliennes démolissent un bâtiment à proximité de Beit Jala en Cisjordanie, le 26 août 2019. (Wisam Hashlamoun/Flash90)

Des permis de construire ne sont que rarement délivrés aux Palestiniens dans la Zone C et, ces dernières années, le nombre total d’approbations de construction est resté à un chiffre – en comparaison aux milliers d’habitations ayant obtenu le feu vert dans les implantations israéliennes.

Reconnaissant apparemment ce fort déséquilibre, le cabinet, au mois d’août dernier, a approuvé des permis de construire dans la Zone C, dont 700 en direction des Palestiniens et 3 000 en faveur des Israéliens.

Dans le contexte de ces disparités, le nombre de structures construites illégalement par des Palestiniens dans la Zone C a été multiplié par deux au cours de la dernière décennie, dépassant les 60 000, selon les chiffres transmis par Regavim, un groupe qui contrôle les constructions illégales palestiniennes.

L’Etat juif a démoli 365 structures palestiniennes en Cisjordanie, selon B’Tselem, notamment 106 maisons et 150 structures non-résidentielles. Le nombre d’habitations démolies atteint un pic en comparaison avec les années 2018 et 2017, où 81 et 103 maisons avaient été rasées, respectivement. Toutefois, le chiffre était inférieur à la moyenne de la dernière décennie, qui s’élevait à 152.

De plus, B’Tselem a fait savoir qu’Israël avait démoli les maisons de 14 Palestiniens de Cisjordanie qui avaient mené des attaques contre des civils et des soldats israéliens. Ce qui marque une légère augmentation par rapport à la moyenne de 12 habitations de terroristes détruites au cours des six dernières années.

La majorité des responsables israéliens de la Défense maintiennent que la démolition des maisons des terroristes est un moyen de dissuasion contre les futurs attentats. D’autres pensent que cette politique n’est qu’un instrument utilisé pour apaiser une partie du public qui réclame des mesures plus agressives en réponse aux attaques.

B’Tselem, pour sa part, qualifie les démolitions « d’immorales et constituant une sanction collective – ce qui est interdit par le droit international ».

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