Israël en guerre - Jour 236

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Plus de 100 arrestations à Columbia ; la police évacue un « camp de solidarité avec Gaza »

L'établissement suspend 3 étudiants pour avoir participé à des activités anti-Israël - dont la fille d'Ilhan Omar - et refusé de se disperser malgré les appels de l'université

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Des policiers new-yorkais en tenue anti-émeute montant la garde alors que des manifestants pro-palestiniens et anti-Israël scandent des slogans à l'extérieur du campus de l'Université Columbia, à New York, le 18 avril 2024. (Crédit : Mary Altaffer/AP)
Des policiers new-yorkais en tenue anti-émeute montant la garde alors que des manifestants pro-palestiniens et anti-Israël scandent des slogans à l'extérieur du campus de l'Université Columbia, à New York, le 18 avril 2024. (Crédit : Mary Altaffer/AP)

New York Jewish Week via JTA – L’université de Columbia a été le théâtre de troubles jeudi, lorsque des étudiants ont manifesté dans les rues, pour protester contre la guerre entre Israël et le Hamas, sous importante présence policière.

La manifestation de masse qui s’est déroulée à l’université de New York et ses conséquences ont marqué une escalade après des mois de tensions au sujet de la guerre. Mercredi matin, les étudiants ont découvert à leur réveil un campement de grandes tentes vertes et blanches disposées en deux cercles concentriques et couvrant une grande partie de la cour centrale de l’université, en face de la bibliothèque.

Sur plusieurs d’entre elles, une banderole indiquait « CAMP DE SOLIDARITÉ AVEC GAZA ». Une autre annonçait que le camp était une « ZONE LIBRE ».

Le lendemain, les tentes avaient disparu et plusieurs étudiants – dont la fille de la représentante américaine Ilhan Omar, l’une des plus grandes critiques d’Israël au Congrès – ont été suspendus. Au total, plus de 100 autres ont été arrêtés et embarqués dans des fourgons de police le long de l’entrée principale de l’université, sur Broadway.

La présidente de Columbia, Minouche Shafik, qui venait de témoigner devant le Congrès au sujet du climat qui règne dans l’université, a envoyé une lettre à la police de New York dans laquelle elle décrivait le campement comme un « danger évident et réel » qui affectait les activités de l’université.

« C’est avec grand regret que nous demandons l’aide de la police de New York pour expulser ces personnes », a-t-elle ajouté.

Le maire de New York, Eric Adams, a déclaré lors d’une conférence de presse jeudi que plus de 108 personnes avaient été interpellées. Les responsables de la police ont déclaré que les suspects avaient reçu des citations à comparaître pour violation de domicile et que deux d’entre eux étaient également accusés d’obstruction à l’administration gouvernementale.

« Les étudiants de l’université de Columbia sont fiers de leur tradition de protestation et de leur capacité à faire entendre leur voix. Les étudiants ont le droit de s’exprimer librement, mais ils n’ont pas le droit d’enfreindre les politiques de l’université et de perturber le déroulement des cours », a indiqué Adams. « Nous ne serons pas une ville de non-droit. »

Les militants qui ont dressé le campement faisaient partie du groupe Columbia University Apartheid Divest, une coalition de groupes d’étudiants propalestiniens à l’origine de nombreuses manifestations et actions de perturbation sur le campus. Cette action, bien plus importante que les manifestations passées, appelait Columbia à se « céder » d’Israël et coïncidait avec le témoignage de Shafik au Congrès.

« Ceux d’entre nous qui font partie du Camp de solidarité avec Gaza ne se laisseront pas intimider », a écrit l’une des manifestantes, Isra Hirsi, sur les réseaux sociaux. « Nous resterons déterminés jusqu’à ce que nos demandes soient satisfaites ».

Hirsi est la fille d’Ilhan Omar, élue démocrate du Minnesota. Elle a publié jeudi qu’elle avait été suspendue de Barnard, l’université pour femmes affiliée à Columbia. La police a confirmé son arrestation et a indiqué qu’elle avait reçu une citation à comparaître pour intrusion.

Depuis le 7 octobre, date à laquelle 3 000 terroristes du Hamas ont envahi le sud d’Israël, massacré près de 1 200 personnes et enlevé 253 autres – dont la moitié sont toujours retenues en captivité à Gaza -, Columbia est le théâtre de nombreuses protestations contre la guerre. Selon le Hamas, 33 000 habitants de Gaza auraient été tués, un chiffre qui ne peut être vérifié ; Israël affirme avoir tué plus de 13 000 terroristes dans la bande de Gaza, ainsi que 1 000 en Israël le 7 octobre. 260 soldats israéliens sont tombés au combat dans la bande de Gaza.

À Columbia, depuis le 7 octobre, un étudiant israélien aurait été agressé ; deux groupes antisionistes importants – dont l’un est juif – ont été suspendus du campus en raison d’une série de manifestations non autorisées et perturbatrices ; un étudiant israélien, qui poursuit aujourd’hui l’université en justice, a été suspendu pour avoir pulvérisé une substance nauséabonde sur des manifestants propalestiniens ; et ce mois-ci, quatre étudiants propalestiniens ont été suspendus pour avoir organisé un événement non autorisé au cours duquel des orateurs ont fait l’éloge du Hamas.

Au début de l’année, un groupe de travail universitaire sur l’antisémitisme a déclaré que les étudiants juifs du campus étaient confrontés à « l’isolement et à la souffrance ». L’administration Biden enquête également sur Columbia, et des étudiants juifs ont intenté des procès civils pour discrimination sur le campus.

Puis, mercredi, Shafik a témoigné sur le problème de l’antisémitisme au sein de l’établissement universitaire devant une commission de la Chambre au Capitole, affirmant que l’administration devait déployer davantage d’efforts pour lutter contre ce problème.

La présidente de Columbia, Nemat Shafik, témoigne devant la commission de la Chambre des représentants sur l’éducation et la main-d’œuvre lors de l’audition sur « Columbia en crise : Columbia in Crisis : Columbia University’s Response to Antisemitism » [Columbia en crise : la réponse de l’université Columbia à l’antisémitisme] au Capitole à Washington, le 17 avril 2024. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)
Les étudiants protestataires ont profité de cette audience pour attirer l’attention nationale sur leur université.

Le campement a été installé à 4 heures du matin mercredi, selon les organisateurs, et, d’après la lettre de Shafik, comptait une centaine d’étudiants. La lettre indique qu’ils ont enfreint les politiques de l’université et que la manifestation non autorisée est assimilable à une intrusion. Les manifestants, écrit-elle, ont interféré avec les activités de l’université, refusé de s’identifier, refusé de se disperser et endommagé des biens du campus.

Il leur a été demandé de se disperser, ce qu’ils n’ont pas fait. Au cours de la nuit, des nombreux d’étudiants se sont donné la main et ont encerclé le campement en scandant « La Palestine est arabe », tandis que des manifestants dans la rue criaient « Le sionisme va tomber ».

« NOUS REPRENONS L’UNIVERSITÉ », a publié l’association Columbia University Apartheid Divest à un moment donné sur les réseaux sociaux.

Les choses se sont aggravées jeudi, où l’on pouvait voir les entrées de l’université décorées de ballons bleus et blancs avant la cérémonie de remise des diplômes, alors que des drapeaux palestiniens flottaient sur la pelouse du campus, derrière eux, au-delà des barrières en métal. L’accès à l’université a été interdit aux non-étudiants, comme cela a été le cas à plusieurs reprises tout au long de la journée du 7 octobre.

Des autocollants apposés sur les bouches de métro et les boîtes aux lettres à proximité de l’entrée de l’établissement universitaire indiquaient « Le sionisme, c’est du terrorisme » et « Résistez à la puissance coloniale par tous les moyens nécessaires ». Une poignée de manifestants sur le trottoir scandaient « De New York à Gaza, mondialisons l’intifada », à côté d’une pancarte en carton sur laquelle était écrit « Inspiré par la résistance palestinienne ».

La police a commencé à évacuer le campement dans l’après-midi. Des agents en tenue anti-émeute ont été postés devant les portes de l’université et la bibliothèque, et des camionnettes et des SUV de la police – dont l’un était survolé par un drone – se sont alignés dans une rue en face de l’université.

Après les arrestations, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés sur le trottoir devant les portes du campus, scandant « Mondialisons l’intifada » et « Nous ne voulons pas de sionistes ici ». Des dizaines de policiers en tenue anti-émeute se tenaient devant les grilles et trois bus de police équipés de gyrophares étaient stationnés dans la rue.

Des agents de la police de New York arrêtent un suspect alors que des manifestants pro-palestiniens se rassemblent devant l’université Columbia à New York, le 18 avril 2024. (Crédit : Kena Betancur/AFP)

Le journal du campus, le Columbia Spectator, a indiqué qu’au moins trois étudiantes du Barnard College, un établissement affilié à Columbia, ont été suspendus. L’université n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur le nombre de suspensions.

Shafik a souligné que les arrestations et les suspensions avaient été décidées en dernier recours et que les organisateurs de la manifestation avaient été invités à plusieurs reprises à quitter les lieux parce qu’ils enfreignaient les règles du campus.

« J’ai pris cette mesure extraordinaire parce qu’il s’agit de circonstances extraordinaires », a précisé Shafik dans un communiqué. « Les individus qui ont monté le camp ont transgressé une longue liste de règlements et de politiques ».

Un groupe pro-israélien, End Jew Hatred, avait organisé une manifestation à Columbia mercredi. Jeudi, aucune réponse pro-israélienne organisée n’était visible à l’extérieur du campus, si ce n’est un contre-manifestant solitaire portant une kippa, qui a tenté de discuter avec les manifestants.

Ceux-ci lui ont hurlé dessus, le traitant « d’idiot » tout en tapant sur un tambour à côté de son visage.

« Personne ne veut parler à un fasciste », a clamé l’un des manifestants.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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