Pologne : l’opposition propose d’amender la loi controversée sur la Shoah
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Pologne : l’opposition propose d’amender la loi controversée sur la Shoah

La demande n'a cependant aucune chance d'être adoptée, le gouvernement disposant du soutien de la majorité conservatrice au Parlement

Une photographie prise durant la déportation des Juifs d'Oswiecim vers les camps de la mort et les ghettos de la région durant l'occupation nazie de la Pologne (Crédit : Centre juif d'Auschwitz)
Une photographie prise durant la déportation des Juifs d'Oswiecim vers les camps de la mort et les ghettos de la région durant l'occupation nazie de la Pologne (Crédit : Centre juif d'Auschwitz)

Le principal parti d’opposition polonais, la Plateforme civique (PO, centriste), a proposé mardi d’amender la loi sur la Shoah qui, censée frapper ceux qui imputent à la Pologne des crimes nazis, a provoqué de tensions avec Israël, les Etats-Unis et l’Ukraine.

Cette demande n’a cependant aucune chance d’être adoptée, le gouvernement disposant du soutien de la majorité conservatrice au Parlement.

La loi, qui prévoit trois ans de prison pour les personnes, y compris les étrangers, qui accusent « contrairement aux faits » la nation ou l’Etat polonais de participation aux crimes de l’Allemagne nazie, a été promulguée par le président Andrzej Duda le 6 février et entrera en vigueur la semaine prochaine.

Ses critiques y voient une tentative – que Varsovie dément – de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs, voire d’empêcher les survivants de la Shoah de raconter leur expérience.

« La crise politique provoquée par une diplomatie maladroite et désastreuse, par des propos irréfléchis, nous amène aujourd’hui à un moment où nous, la classe politique, sommes obligés de réagir. Nous proposons un projet d’amendement qui doit corriger les erreurs de l’amendement précédent », a annoncé à la presse le chef de la PO, Grzegorz Schetyna.

A la place du passage controversé, l’opposition propose des poursuites contre « quiconque attribue à l’Etat polonais, publiquement et contrairement à la réalité des faits, la responsabilité ou la co-responsabilité de la création par le 3e Reich allemand de camps de concentration et de la mort ainsi que pour le génocide qui y a eu lieu, ou qui minimise de manière flagrante la responsabilité des auteurs réels de ces crimes par emploi de termes tels que ‘les camps de la mort polonais’ ou ‘les camps de concentration polonais' ».

La PO propose aussi de supprimer un passage de la loi concernant les crimes commis contre les Polonais par des Ukrainiens, et qui, aux yeux de Kiev, présentait ces derniers uniquement comme des « nationalistes criminels » et « collaborateurs du 3e Reich ».

L’adoption de cette loi polonaise avait provoqué des réactions critiques de plusieurs gouvernements, d’organisations juives, ainsi que de médias à travers le monde, et a provoqué un vif débat en Pologne, ponctué par une vague de propos antisémites et des déclarations controversées du gouvernement polonais, décidé à défendre ses positions.

Le président conservateur du Sénat polonais Stanislaw Karczewski avait appelé l’opposition à se retenir de proposer son projet d’amendement qui, à ses yeux, ne servira qu’à « attiser le feu ».

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