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Pour cet homme politique libanais, le pays est l’otage de l’Iran et du Hezbollah

Pour Sami Gemayel, membre de l'opposition, les élections seront l'occasion de sortir du bourbier ou au contraire de revenir au "cycle des compromis qui ont détruit le pays"

L'homme politique libanais Sami Gemayel en 2019 (capture d'écran Al Arabiya).
L'homme politique libanais Sami Gemayel en 2019 (capture d'écran Al Arabiya).

Sami Gemayel, figure de l’opposition libanaise, a déclaré que son pays a été « pris en otage entre les mains de l’Iran et du Hezbollah. »

Dans des commentaires adressés aux médias locaux jeudi, le chef du parti chrétien Kataeb a déclaré que les prochaines élections parlementaires en mars étaient « un choix entre la vie et la mort », alors que le pays s’enfonce toujours plus dans une crise économique et politique.

Les Libanais doivent choisir, a-t-il dit, entre « faire un premier pas pour sortir de la situation mortelle » dans laquelle ils se trouvent, ou retourner dans le cycle des règlements et des compromis qui ont détruit le pays. »

Gemayel, le neveu de l’ancien président assassiné Bachir Gemayel, s’est opposé à un compromis entre les partis libanais ces dernières années qui a permis au Hezbollah de prendre pied de manière significative dans le gouvernement.

Bachir Gemayel (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Beaucoup se sont interrogés sur le sens de ce que nous faisions, et sur la raison de notre refus de nous allier avec l’un des membres du système », a-t-il déclaré. « Nous étions conscients à cette époque que l’accord présidentiel [qui faisait de Michel Aoun, allié du Hezbollah, le chef de l’État] conduirait à l’effondrement et à la remise du pays au Hezbollah. »

Kataeb n’a actuellement aucun membre du parlement. Ses trois représentants élus ont démissionné après l’explosion du port de Beyrouth en août 2020 pour protester contre le gouvernement.

Le Liban est aux prises avec une crise économique sans précédent, qualifiée par la Banque mondiale de l’une des pires de la planète dans les temps modernes.

Plus de 80 % de la population vit dans la pauvreté et la monnaie locale a perdu plus de 90 % de sa valeur sur le marché noir.

Le président libanais Michel Aoun (au centre) passe en revue la garde d’honneur lors d’une cérémonie officielle de bienvenue à l’aéroport de Marka, à Amman, le 14 février 2017 (Photo AFP / Pool / Khalil Mazraawi)

Les querelles politiques ont entravé à plusieurs reprises les efforts de redressement financier, y compris les pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) qui ont été lancés l’année dernière mais se sont rapidement heurtés à un mur.

Un nouveau gouvernement, formé en septembre dans le but de trouver une issue à la crise, ne s’est pas réuni depuis octobre en raison de divisions sur le sort de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth l’année dernière.

Le Hezbollah a fait à maintes reprises obstacle à l’enquête, ce qui a conduit à des demandes de révocation du juge qui supervise l’enquête. De multiples recours juridiques ont été déposés contre Tarek Bitar.

Les groupes de défense des droits de l’homme et les proches des victimes de l’explosion ont condamné les contestations judiciaires, y voyant une forme flagrante d’ingérence politique visant à empêcher que les responsables de la tragédie rendent des comptes.

Explosion au port de Beyrouth, la capitale libanaise, le 4 août 2020. (Autorisation : STR / AFP)

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