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Pour Liberman, Netanyahu est la « racaille » derrière la campagne de diffamation

Le ministre des Finances assure que le chef de l’opposition est à l’origine des accusations selon lesquelles il aurait tenté de faire tuer un policier

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprimant lors d'une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 17 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprimant lors d'une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 17 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, s’en est violemment pris, dimanche, au chef de l’opposition, le député Benjamin Netanyahu, le qualifiant de « racaille », assurant que sa soif de pouvoir ne connaissait pas de limites.

Liberman, qui dirige le parti de droite Yisrael Beytenu, s’est ainsi adressé aux journalistes, en chemin pour le Conseil des ministres.

Invité à réagir aux accusations d’un ex-militant de son parti, qui affirmait la semaine passée s’être vu proposer 100 000 dollars pour tuer un commissaire de police, Liberman a nié en bloc, soutenant qu’il s’agissait d’une campagne de diffamation orchestrée par l’ex-Premier ministre Netanyahu à l’approche du scrutin du 1er novembre.

Trainer les opposants politiques dans la boue est une tactique bien connue de Netanyahu, assure Liberman, qui décrit le chef du Likud comme « une racaille sans foi ni loi ».

« Il a bien compris que je faisais obstacle à son retour aux commandes », a-t-il déclaré, allusion au fait que son parti – Yisrael Beytenu – a quitté le bloc religieux de droite dirigé par Netanyahu.

Liberman l’assure : « rien n’y fera, je continuerai à me présenter [contre lui] et nous nous assurerons que [son bloc] continue à obtenir 59 sièges dans les sondages. C’est ce qui le rend fou ». Une majorité de 61 sièges à la Knesset, qui en compte 120, est nécessaire pour former une coalition.

Il a conclu en disant espérer que le « bloc fondamentaliste » de Netanyahu obtienne encore moins de sièges le jour du scrutin.

Le chef du Likud, le député Benjamin Netanyahu, s’adresse aux médias au siège du parti à Tel Aviv, le 26 juillet 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le Likud de Netanyahu a répondu, sur Twitter, que « Liberman le manipulateur était sous pression », l’accusant de se comporter « comme un gangster ».

« Nous espérons qu’il n’offrira à personne 100 000 dollars pour tuer Netanyahu », peut-on lire, ainsi que « le Likud et l’ex-Premier ministre Netanyahu ne sont en rien liés aux accusations portées contre Liberman ces derniers jours ».

Ex-ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous Netanyahu, Liberman s’est détourné de celui qui fut son allié, ces dernières années, et s’est engagé à ne plus jamais siéger dans une coalition dirigée par lui.

Son parti, Yisrael Beytenu, qui détient actuellement sept sièges, a été pendant des années une composante vitale du bloc des partis de droite et religieux de Netanyahu, sans lequel ce dernier n’aurait jamais pu réunir la majorité de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset.

Le refus de Liberman de rallier Netanyahu a finalement conduit à l’éviction de Netanyahu du pouvoir, après 12 ans de mandat, ainsi qu’à la formation du gouvernement actuel, lui-même tombé après un peu plus d’un an au pouvoir.

S’agissant des accusations portant sur l’assassinat commandité d’un haut responsable de la police, Liberman a dénoncé son accusateur, Yossi Kamisa, qu’il qualifie de « menteur pathologique et avare pathologique, obsédé par l’argent. Si quelqu’un lui offrait 100 000 dollars pour tuer le pape, il prendrait d’abord l’argent et s’enfuirait. Je ne sais pas s’il ferait vraiment quelque chose, mais ce qui est sûr, c’est qu’il prendrait l’argent. »

Yossi Kamisa (Capture d’écran de la Treizième chaîne)

Liberman a indiqué, dimanche, avoir envoyé une lettre à la procureure générale, Gali Baharav-Miara, s’engageant à porter plainte demain lundi.

Le courrier, adressé au nom de Liberman par ses avocats, demande à Baharav-Miara de récuser sans délai ces accusations, faute de tout fondement, au motif qu’elles étaient faites pendant une campagne électorale dans le but de nuire au parti Yisrael Beytenu.

« Le fait que l’intéressé dise ‘se rappeler’ de prétendus faits gravissimes vieux de 20 ans, en pleine campagne électorale, est suffisamment éloquent et prouve le peu de ‘fiabilité’ de ces affirmations », explique le courrier, selon Ynet.

« À ce motif, nous requérons le classement sans suites, au plus vite, afin que ces accusations ne portent pas tort à celui qu’elles visent », est-il précisé.

La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d’une cérémonie d’accueil à Jérusalem le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La lettre met également en évidence des incohérences chronologiques dans les propos que Kamisa a publiés sur les réseaux sociaux et tenus lors d’une interview donnée par la suite.

« Les accusations de Kamisa sont délirantes et totalement infondées », assure la lettre, ajoutant qu’une plainte pour diffamation serait déposée contre lui.

Baharav-Miara évoquera ces accusations lors d’une réunion, cette semaine, précisait Ynet samedi. Selon les experts, il est très peu probable qu’elle ordonne l’ouverture d’une enquête.

Jeudi, Kamisa s’est donc livré, sur Twitter, à une série d’accusations contre Liberman, au premier chef duquel la tentative de commandite d’un assassinat, l’exploitation d’un casino à Jéricho dont les bénéfices seraient allés à des terroristes et des transactions commerciales secrètes au Congo.

Il a également affirmé que les relations de Liberman avec l’ex-procureur général Yehuda Weinstein lui avaient permis d’échapper à la justice dans le cadre de plusieurs affaires criminelles, depuis ses débuts en politique.

Les responsables de la police se sont dits surpris de ces accusations « étranges », que Liberman a récusées, s’engageant à poursuivre leur auteur en justice.

La tentative d’assassinat commandité aurait eu lieu il y a une vingtaine d’années, bien au-delà du délai de prescription. En outre, selon l’analyse juridique présentée par Ynet, une telle affaire ne ferait qu’opposer la parole de Kamisa à celle de Liberman, sans preuves ni témoins.

Kamisa s’est présenté comme un ex-assistant de Liberman, sans que cela même ait pu être établi à ce stade.

Le ministre des Finances a écrit sur Facebook se préparer à poursuivre Kamisa pour diffamation, précisant que ces accusations, « sans fondement », émanaient d’un « individu pour le moins étrange ».

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