Rechercher

Pourquoi les éclairs sont-ils moins fréquents en mer que sur terre ?

Le degré de réchauffement global est proportionnel aux quantités d’émissions de CO2 que nous relâchons dans l’atmosphère et la solution est donc de diminuer ces quantités

La foudre frappe l'océan au large de Port-la-Nouvelle, dans le sud de la France. (Crédit : Maxime Raynal, CC BY 2.0, Wikimedia Commons)
La foudre frappe l'océan au large de Port-la-Nouvelle, dans le sud de la France. (Crédit : Maxime Raynal, CC BY 2.0, Wikimedia Commons)

Des recherches menées à l’Université hébraïque de Jérusalem ont établi que les tempêtes océaniques violentes se caractérisent par une incidence de la foudre bien inférieure à celle des tempêtes terrestres, en raison de la présence de grosses particules dans les embruns marins.

Jusqu’à présent, l’hypothèse dominante était que la rareté des éclairs dans les tempêtes maritimes était due à la pureté de l’air au-dessus de l’océan.

Cependant, des observations ont déjà montré que, même lorsque l’air au-dessus de la mer est pollué, les éclairs sont toujours moins fréquents en mer que sur terre.

Des recherches menées à l’Institut des sciences de la Terre de l’Université hébraïque, sous la direction du professeur Daniel Rosenfeld et de son doctorant Zengxin Pan, ont montré que ce sont les gros embruns qui réduisent la quantité d’éclairs de 90 %. À l’inverse, les plus petits aérosols – particules solides ou très petites gouttelettes de liquide en suspension dans l’atmosphère – augmentent le risque de foudre.

La taille des particules influe également sur les précipitations, selon leurs travaux de recherche.

Les chercheurs, qui ont collaboré avec des scientifiques des universités de Wuhan et de Nanjing en Chine et de l’université de Washington, ont pu utiliser l’imagerie satellitaire pour suivre les nuages sur terre et en mer. Ces images ont été combinées à des mesures de la foudre effectuées par le réseau mondial de localisation des éclairs (WLLN) et à des données fournissant des informations sur les aérosols présents dans les nuages.

« L’effet des aérosols sur les nuages a été sous-estimé », a déclaré Rosenfeld. « Il doit être intégré pour améliorer les prévisions météorologiques et climatiques ».

La recherche a été publiée dans la revue Nature Communications.

Les autres chercheurs étaient Feiyue Mao, Yannian Zhu, Lin Zang, Xin Lu, Joel A. Thornton, Robert H. Holzworth, Jianhua Yin, Avichay Efraim et Wei Gong.

Daniel Rosenfeld était le seul Israélien à faire partie de l’équipe qui a produit le dernier rapport des Nations unies sur le réchauffement climatique, il y a un an.

Auteur principal du chapitre du rapport consacré aux changements intervenant dans le cycle de l’eau , il a déclaré au Times of Israel que si les quelque 4 000 pages du rapport ne réservaient pas de grandes surprises, « le plus important est que nous pouvons déclarer, sans aucun doute, que l’Humanité est responsable du réchauffement de 1,09 degrés Celsius du climat depuis la révolution industrielle ».

Soulignant qu’il ne s’exprime qu’à titre privé, Rosenfeld a note que « le degré de réchauffement global est proportionnel aux quantités d’émissions de dioxyde de carbone que nous relâchons dans l’atmosphère et la solution est donc de diminuer ces quantités – jusqu’à présent, elles n’ont fait qu’augmenter. Nous devons garantir que nous inverserons la tendance ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...