Israël en guerre - Jour 197

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« Prématuré » : le Hamas et le Qatar modèrent l’optimisme de Biden sur une trêve à Gaza

Les autorités israéliennes se disent prises au dépourvu par les propos du président américain ; selon une source, des détenus de haute sécurité pourraient être libérés contre des soldates

Une personne passe en scooter devant une fresque murale demandant le retour des otages enlevés lors de l'attaque transfrontalière du Hamas du 7 octobre en Israël, à Kfar Saba, en Israël, le lundi 26 février 2024. (Crédit : AP/Ohad Zwigenberg)
Une personne passe en scooter devant une fresque murale demandant le retour des otages enlevés lors de l'attaque transfrontalière du Hamas du 7 octobre en Israël, à Kfar Saba, en Israël, le lundi 26 février 2024. (Crédit : AP/Ohad Zwigenberg)

De hauts responsables du Hamas sont venus tempérer les ardeurq du président américain Joe Biden, lequel avait laissé entendre qu’Israël et le groupe terroriste étaient sur le point de conclure un accord pour mettre fin aux combats à Gaza et libérer les otages, mardi. Autorités israéliennes et qataries ont fait savoir que la nouvelle était prématurée.

Les propos de Biden, lundi, selon lesquels les parties pourraient conclure un accord d’ici la semaine prochaine, font écho à des informations indiquant qu’Israël et le Hamas seraient proches d’un accord assurant un cessez-le-feu de 40 jours assorti de la libération de 40 otages israéliens en échange de près de 400 prisonniers palestiniens. Selon une de ces sources, Israël pourrait libérer des détenus de grande valeur, coupables de graves infractions à la sécurité, en échange de soldates enlevées le 7 octobre 2023.

Toujours est-il qu’un responsable du Hamas a qualifié les propos de Biden de « prématurés », déconnectés de la réalité.

Il y a « encore d’importantes questions à régler », a déclaré à Reuters un autre responsable du Hamas. « Les questions principales du cessez-le-feu et du retrait des forces israéliennes ne sont pas clairement énoncées, ce qui retarde la conclusion d’un accord. »

Les autorités israéliennes se sont dites surprises par les propos de Biden, sans coordination préalable avec les dirigeants israéliens.

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré qu’il n’appartenait pas à Doha de commenter les propos de Biden, ajoutant qu’il n’y avait pas eu d’avancée majeure dans les négociations en dépit de ses « pressions » pour faire progresser l’accord esquissé à Paris.

Il a ajouté que le Qatar restait « optimiste sur l’issue de la médiation et des pourparlers sur Gaza ».

Les négociations menées par les États-Unis, l’Égypte et le Qatar se poursuivent ce mardi à Doha, un responsable du Hamas ayant déclaré que le groupe étudiait une proposition issue du sommet de Paris du week-end dernier.

Des Palestiniens inspectent les décombres de la mosquée al-Faruq après une frappe israélienne à Rafah, dans la bande de Gaza, le 22 février 2024. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Une source proche des négociations a déclaré à Reuters que la proposition envoyée au Hamas prévoyait un cessez-le-feu de 40 jours au cours duquel le Hamas libérerait une quarantaine d’otages – des femmes, des personnes de moins de 19 ans ou de plus de 50 ans et des malades – en échange de près de 400 prisonniers de sécurité palestiniens selon un ratio de 10 pour un.

Toujours selon cette proposition, Israël mettrait fin aux opérations de reconnaissance aérienne au-dessus de Gaza durant huit heures chaque jour, permettrait l’entrée quotidienne de 500 camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza ainsi que l’acheminement d’équipements divers et de carburant pour remettre en fonction les hôpitaux et boulangeries. Israël autoriserait par ailleurs l’acheminement de machinerie lourde, d’équipements et de carburant pour retirer les décombres et procéder à des opérations humanitaires, sous réserve que le Hamas ne les utilise pas pour menacer Israël.

Israël redéploierait ses soldats loin des zones les plus densément peuplées et permettrait aux civils de revenir dans le nord de Gaza, à l’exception des hommes en âge de combattre.

Selon le New York Times, Israël pourrait libérer 15 prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour crimes graves, en échange de cinq soldates. L’information n’a pas été confirmée.

Des familles et sympathisants des otages détenus par le Hamas à Gaza assistent à un rassemblement demandant leur libération, à Tel Aviv, le 16 décembre 2023. (Crédit : AP/Leo Correa)

Selon des responsables israéliens témoignant sous couvert d’anonymat au sujet des négociations, la volonté israélienne d’un accord immédiat se heurterait aux demandes excessives du Hamas. Toujours selon eux, Israël ferait de la libération des soldates sa priorité en matière de libération des otages au titre de ce possible nouvel accord.

Le responsable du Hamas, Ahmad Abdel-Hadi, a quant à lui déclaré que le groupe ne bougerait pas.

« La résistance n’entend pas renoncer à ses revendications, et ce qui est proposé ne répond pas à ce qu’elle demande », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision panarabe Al Mayadeen. « Nous n’abandonnons pas l’idée de mettre fin à la guerre. »

Le Hamas a déjà exigé qu’Israël mette fin à la guerre dans le cadre d’un accord, une exigence que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié de « délirante ». Jérusalem a expliqué à plusieurs reprises son intention de mener les combats jusqu’au démantèlement du groupe terroriste à Gaza.

On estime à 130 le nombre d’otages enlevés par le Hamas, le 7 octobre, encore à Gaza – pas tous vivants – depuis la libération de 105 civils à la faveur d’un cessez-le-feu d’une semaine, fin novembre, étant rappelé que quatre otages avaient été libérés avant cela. Trois otages ont été secourus par des soldats, et les corps de 11 otages ont été retrouvés, trois d’entre eux tués par erreur par l’armée.

Abdel-Hadi accuse Reuters de la fuite sur la question des négociations, estimant que les propos de Biden relèvent d’une forme de « guerre psychologique » de la part des États-Unis.

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