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Biden dit espérer une trêve à Gaza dès la semaine prochaine : « Nous en sommes proches, ce n’est pas encore fait »

Un officiel américain déclare que l'administration travaille dur pour garantir un accord trêve contre otages avant le Ramadan, le 10 mars - "Tout dépend du Hamas", dit le département d'État

Le président américain Joe Biden, à gauche, mangeant une glace avec le comédien Seth Meyers, à Van Leeuwen Ice Cream, le 26 février 2024. (Crédit : Evan Vucci/AP)
Le président américain Joe Biden, à gauche, mangeant une glace avec le comédien Seth Meyers, à Van Leeuwen Ice Cream, le 26 février 2024. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Le président américain Joe Biden a dit espérer, lundi soir, qu’il y aura un « cessez-le-feu » dans la guerre que mène Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza dans le cadre d’une trêve en cours de négociation, qui prévoit la remise en liberté de certains otages, détenus par le groupe terroriste depuis leur enlèvement lors du massacre du 7 octobre sur le sol israélien.

Lors d’une apparition, à New York, aux côtés du comédien Seth Meyers, Biden a aussi indiqué que l’État juif avait accepté de faire une pause dans les opérations militaires pendant le mois du ramadan – qui commence cette année vers le 10 mars – en cas de finalisation d’un accord.

« Eh bien, je l’espère, dès le début du week-end. Dès la fin du week-end. Mon conseiller à la Sécurité nationale me dit que nous sommes proches. Nous en sommes proches. Ce n’est pas encore fait », a dit Biden aux journalistes alors qu’il était interrogé sur le moment où la trêve pourrait être mise en œuvre.

« Et mon espoir est que nous ayons un cessez-le-feu d’ici lundi prochain, le 4 mars », a-t-il précisé.

Biden a tenu ces propos alors qu’il se trouvait dans un glacier, à New York, lors d’une apparition dans l’émission « Late Night With Seth Meyers », sur NBC. Des paroles prononcées à la veille des Primaires présidentielles dans le Michigan, qui devraient être un test de la capacité de Biden à naviguer parmi les dissensions entraînées par sa réponse à la guerre Israël-Hamas au sein du parti démocrate.

« Le ramadan arrive et il y a eu un accord des Israéliens, un accord selon lequel ils ne s’engageraient pas dans des opérations durant le ramadan, afin de nous donner le temps de faire sortir tous les otages » détenus par le groupe terroriste islamiste palestinien, a ajouté Biden dans son entretien avec Meyers, qui a été diffusé lundi soir.

Le président américain Joe Biden discute avec Seth Meyers pendant un enregistrement de l’émission « Late Night with Seth Meyers » à New York, le 26 février 2024. (Crédit : AP/Evan Vucci)

Il a ajouté qu’Israël avait ralenti le rythme de ses frappes à Rafah.

« Ils doivent le faire et ils ont pris l’engagement à mon égard de voir s’il y a une possibilité d’évacuer les civils qui se trouvent dans une grande partie de Rafah avant que les soldats n’éliminent ce qui reste du Hamas là-bas, » a-t-il dit. « Mais c’est un long processus ».

Un responsable américain a indiqué, lundi, que les négociateurs américains poussaient Israël à mettre en place un accord qui prévoirait une pause dans les combats en échange de la remise en liberté d’otages d’ici le ramadan, et il a fait remarquer que l’administration américaine avait particulièrement travaillé sur le sujet, la semaine dernière. L’optimisme n’a fait que grandir, semble-t-il, après une rencontre entre les Israéliens et les qataris, a ajouté l’officiel.

De la fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2024. (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Le département d’État, de son côté, a fait preuve de plus de prudence face à la possible conclusion d’un accord sur les otages qui ouvrirait la porte sur une trêve dans les combats avant le ramadan, expliquant lundi que « tout dépend du Hamas ».

« Nous pensons qu’un accord avec le Hamas est possible et nous espérons que le Hamas en acceptera un », a dit le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller, aux journalistes. « Il faut que le Hamas dise oui », a-t-il poursuivi.

Dans son entretien à la chaine NBC, Joe Biden a jugé qu’un tel accord « nous donne le temps de commencer à avancer dans des directions que de nombreux pays arabes sont prêts à prendre » en termes de normalisation des relations avec Israël.

« Je pense que si nous obtenons ce cessez-le-feu temporaire, nous pourrons aller dans une direction qui nous permettra de changer la dynamique », a-t-il ajouté.

Israël s’est « engagé » à évacuer des parties importantes de Rafah avant d’aller « éliminer le reste du Hamas », a noté le président américain. Mais il a prévenu que « la seule façon pour Israël de survivre » était de parvenir à un accord qui garantisse « la paix et la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens ».

Dans un contexte de tensions montantes avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, M. Biden a jugé que si Israël continuait avec son « gouvernement incroyablement conservateur… il allait perdre le soutien du monde entier ».

En public, l’État juif et le groupe terroriste ont continué à adopter des positionnements très divergents sur l’éventualité d’une trêve, chacun blâmant l’autre pour les retards accumulés.

Plusieurs médias israéliens, lundi, ont fait part d’un pessimisme croissant, parmi les responsables israéliens, concernant la perspective d’un accord sur les otages, le Hamas semblant avoir signalé qu’il n’accepterait pas la proposition la plus récente qui lui a été soumise.

La Douzième chaîne, la Treizième chaîne et la chaîne publique Kan ont ainsi repris les propos d’officiels israéliens qui auraient dit que le cadre mis en place à Paris par Israël, les Américains, les Égyptiens et les Qataris, qui jouent le rôle d’intermédiaire entre les parties en lice, « ne correspond pas aux demandes du Hamas ». La Douzième chaîne a annoncé que les chefs du groupe terroriste, à l’étranger, avaient expliqué que la proposition avait franchi des « lignes rouges », ce qui était « inacceptable » à leurs yeux.

Le Hamas n’a pas encore officiellement répondu à la proposition élaborée à Paris.

Selon cette ébauche qui a été réalisée dans la capitale française, le Hamas accepterait de libérer 40 otages innocents – des femmes, des enfants, des soldates, des personnes âgées et des personnes malades – contre une trêve de six semaines dans les combats et contre la libération de centaines de Palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale au sein de l’État juif.

Un point particulièrement contentieux semble être l’insistance placée par Israël sur le caractère temporaire de la trêve qui, affirme l’État juif, ne marquera pas la fin de la guerre – ce que le Hamas demande pour sa part. Jérusalem a juré de ne pas cesser sa campagne militaire avant le démantèlement complet du groupe terroriste au pouvoir à Gaza. Les Israéliens ont promis de détruire le Hamas après le massacre commis par les terroristes du groupe, le 7 octobre, sur le sol israélien, une attaque qui avait déclenché la guerre, un massacre que le Hamas s’est promis de répéter.

Selon un reportage qui a été diffusé lundi par Al-Jazeera, Israël a accepté, dans le cadre de la proposition de Paris, de libérer 400 prisonniers palestiniens – avec parmi eux des terroristes accusés de crimes « lourds ».

Des Palestiniens brandissant des drapeaux du Hamas célébrant la libération des prisonniers sécuritaires palestiniens dans le cadre d’un accord conclu entre Israël et le Hamas, dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 24 novembre 2023. (Crédit : Majdi Mohammed/AP Photo)

Citant des sources non-identifiées, la chaîne publique qatarie a indiqué que l’État juif avait aussi accepté le retour progressif des Palestiniens déplacés dans le nord de Gaza, à l’exception de ceux « qui ont l’âge de faire le service militaire », ainsi que l’entrée de nouvelles aides humanitaires et de refuges temporaires à Gaza avec notamment de la machinerie lourde et des équipements.

De plus, le reportage a noté qu’Israël avait proposé de déplacer ses forces des endroits surpeuplés dans la bande et de cesser ses vols de reconnaissance pendant huit heures par jour dans le cadre de la pause dans les combats de six semaines qui accompagnerait le retour des otages.

Des informations transmises après le départ, dans la matinée, d’une délégation israélienne à Doha, où l’émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, a rencontré le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, lors d’un entretien distinct.

La présence des deux parties lors de ces « discussions de proximité » – avec des échanges avec les médiateurs, dans la même ville – laisse penser que les négociations sont plus avancées que jamais depuis que les pourparlers ont commencé à prendre un fort élan, au début du mois de février. Israël avait alors rejeté une offre du Hamas qui portait sur une trêve de quatre mois et demi, avec des initiatives prises en faveur d’un cessez-le-feu permanent.

Le Qatar est considéré comme l’un des principaux parrains du Hamas. Il accueille sur son territoire certains de ses dirigeants de premier plan, notamment Haniyeh lui-même, et il a donné des milliards de dollars, au fil des années, au Hamas à Gaza.

L’émirat a aussi joué un rôle de premier plan dans les négociations entre le groupe terroriste et Israël en faveur de la libération des otages qui avaient été kidnappés le 7 octobre, et qui se trouvent actuellement dans les geôles du Hamas.

L’émir Tamim bin Hamad al-Thani (à droite), souverain du Qatar depuis 2013, lors d’une réunion avec le chef du politburo du Hamas, Ismail Haniyeh (à gauche), et le responsable Khaled Mashal, à Doha, le 17 octobre 2016 (Crédit : Gouvernement du Qatar)

Dans la matinée de lundi, une source avait confié à Reuters qu’une délégation israélienne, formée de militaires et de personnels de l’agence d’espionnage du Mossad, était partie pour le Qatar, chargée de créer un centre opérationnel qui viendrait soutenir les négociations en cours. Sa mission comprendra notamment d’inspecter la liste des prisonniers incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale en Israël dont le Hamas réclame la libération, et il aura le pouvoir de s’opposer à la remise en liberté de certains.

Sami Abu Zuhri, un haut-responsable du Hamas qui s’est exprimé auprès de Reuters, lundi, a expliqué que tout accord de cessez-le-feu nécessitera « l’assurance d’une fin de l’agression, le retrait des forces d’occupation, le retour des déplacés, l’entrée d’aides, d’équipements et la reconstruction » de Gaza.

La guerre a commencé le 7 octobre, lorsque le Hamas a lancé une attaque sans précédent en Israël. Des milliers de terroristes avaient semé la désolation dans les communautés du sud du pays, tuant environ 1200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

130 otages sont encore détenus à Gaza – 31 d’entre eux seraient morts – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient été relâchées avant cette pause. Trois ont été secourus par les soldats et les corps sans vie de onze captifs ont aussi été rapatriés, notamment ceux des trois Israéliens qui, étant parvenus à échapper à leurs ravisseurs, ont été accidentellement tués par les soldats israéliens. L’armée a bien confirmé la mort de 31 otages qui se trouvent encore dans la bande, citant de nouveaux renseignements et d’autres informations obtenues par les troupes, sur le terrain. Par ailleurs, une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre, et son sort reste inconnu.

Au cours de la pause dans les combats du mois de novembre, 105 captifs, des femmes et des enfants en majorité, avaient été remis en liberté pendant une semaine, par groupe de 15 environ. Pour chaque groupe d’au-moins dix otages, Israël avait accordé un sursis dans le cessez-le-feu temporaire et relâché des prisonniers palestiniens – des femmes et des mineurs pour la plupart d’entre eux.

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