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Première étude statistique en France sur 137 jihadistes condamnés

L' étude, intitulée "137 nuances de terrorisme - Les djihadistes de France face à la justice", est "qualitative et permet de mieux comprendre les processus de radicalisation"

Esquisse de la salle d'audience le 5 février 2018, au Palais de Justice de Bruxelles, où comparait Salah Abdeslam, auteur présumé des attentats du Bataclan. (Crédit : AFP / Benoit PEYRUCQ)
Esquisse de la salle d'audience le 5 février 2018, au Palais de Justice de Bruxelles, où comparait Salah Abdeslam, auteur présumé des attentats du Bataclan. (Crédit : AFP / Benoit PEYRUCQ)

Les jihadistes condamnés en France de 2004 à 2017 étaient pour la plupart des hommes peu éduqués, mal intégrés, avec le plus souvent un passé marqué par la délinquance, révèle une étude statistique, la première du genre, menée par un chercheur français.

Afin de tenter de cerner le profil des jihadistes, Marc Hecker, directeur des publications de l’Institut français des relations internationales (IFRI), a étudié les parcours de 137 individus condamnés pour faits de terrorisme, en se basant sur les sources judiciaires issues de leurs procès.

S’inspirant de la méthode établie par le chercheur américain Marc Sageman, auteur en 2004 du livre-référence « Le vrai visage des terroristes », Marc Hecker a collecté les données publiquement accessibles sur 131 hommes et six femmes condamnés par la justice française pendant cette période.

« Il en ressort que ces individus se distinguent par un niveau d’éducation et une intégration professionnelle plus faibles, un degré de pauvreté plus important, un engagement dans la criminalité plus élevé et un rapport plus étroit au Maghreb et à l’Afrique subsaharienne que la moyenne de la population française », écrit le chercheur, dans son étude de 52 pages, qui sera disponible le 10 avril sur le site de l’IFRI.

Cette étude, intitulée « 137 nuances de terrorisme – Les djihadistes de France face à la justice », est également « qualitative et permet de mieux comprendre les processus de radicalisation et de basculement dans le terrorisme ».

Elle évoque notamment la question de la récidive, « à travers les cas d’individus condamnés pour des faits de terrorisme qui, après avoir purgé leur peine, ont perpétré des attentats sur le sol français ».

« Cette question est d’autant plus brûlante qu’une soixantaine de personnes condamnées pour des actes de terrorisme devraient être libérées dans les deux prochaines années », écrit Marc Hecker.

Français combattant en Syrie au nom du Djihad. Illustration. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’âge moyen au moment des faits s’établit à 26 ans, même si les jihadistes condamnés en 2017 étaient sensiblement plus jeunes (24 ans en moyenne). Environ la moitié de l’échantillon est constitué de membres des « filières syriennes », ayant rejoint ou souhaité rejoindre les anciennes zones de jihad en Syrie.

Parmi l’échantillon, « les situations de chômage ou d’emploi précaire sont majoritaires », pointe l’étude, la moyenne des revenus tournant autour de mille euros mensuels. « Un seul djihadiste avait des revenus très élevés qu’il tirait du trafic de stupéfiants ».

Sur les 130 personnes dont la nationalité a pu être connue, il y avait 90 Français, 29 binationaux (14 Franco-marocains, 10 Franco-algériens, 5 Franco-tunisiens) et onze étrangers.

« Ces statistiques confirment une tendance observée dans d’autres pays d’Europe depuis les attentats de Londres en 2005: le terrorisme qui touche la France est essentiellement domestique », ajoute le rapport.

Enfin, sur les 136 prévenus ou accusés dont la religion était connue, 101 étaient musulmans (74 %) et 35 convertis à l’islam (26 %).

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