Prison ferme requise contre les ex-dirigeants du centre pro-Hezbollah Zahra
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Prison ferme requise contre les ex-dirigeants du centre pro-Hezbollah Zahra

Elie Hatem, avocat de Yahia Gouasmi et Jamel Tahiri, a fustigé une politisation de ce dossier due, selon lui, au "lobby sioniste"

Yahia Gouasmi, à droite, fondateur du "Centre Zahra France", une organisation religieuse, avec Tahiri Jamel, à gauche, près du centre, parlent aux journalistes à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 2 octobre 2018. (Crédit : AFP / Philippe HUGUEN)
Yahia Gouasmi, à droite, fondateur du "Centre Zahra France", une organisation religieuse, avec Tahiri Jamel, à gauche, près du centre, parlent aux journalistes à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 2 octobre 2018. (Crédit : AFP / Philippe HUGUEN)

Le parquet de Dunkerque a requis vendredi des peines d’emprisonnement ferme contre quatre ex-dirigeants de l’association chiite « Centre Zahra France » à Grande-Synthe (Nord), soupçonnés d’avoir maintenu l’activité de cette structure légitimant le jihad et dissoute en 2019.

Le fondateur du centre Yahia Gouasmi, son fils et ex-trésorier Bachir Gouasmi et deux autres anciens dirigeants, Jamel Tahiri et Abdelkrim Khalid, avaient été interpellés le 15 septembre. Ils encourent trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende pour avoir continué à organiser « des activités de type prêches ou rencontres prêchées » sur place et sur les réseaux sociaux.

« Il n’y a pas d’immunité familiale! Nous retrouvons les mêmes personnes se réunissant dans le même lieu avant et après (la dissolution), avec le même matériel de propagande, pour diffuser le même discours », a déclaré le procureur de Dunkerque, Sébastien Piève.

Outre la confiscation du bâtiment et du matériel informatique saisi, ce dernier a requis un an de prison ferme à l’encontre de Bachir Gouasmi et Jamel Tahiri, en raison de leur casier judiciaire, et un an de prison dont six mois avec sursis contre Yahia Gouasmi et Abdelkrim Khalid.

Elie Hatem sur la chaîne de télévision Al Arabiya le 12 février 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/MEMRI)

De leur côté, les avocats des prévenus, Elie Hatem et Pierre Cortier, ont de nouveau dénoncé un « acharnement incompréhensible » et demandé la relaxe de leurs clients, assurant que ces derniers avaient seulement participé à des réunions « familiales ».

« Aucune preuve matérielle tangible ne prouve le maintien de l’activité sur internet » ou que « ces réunions étaient des prêches », a lancé Me Elie Hatem, avocat de Yahia Gouasmi et Jamel Tahiri, fustigeant aussi une politisation de ce dossier due à ce qu’il appelé le « lobby sioniste ». Par ailleurs, « le Centre Zahra n’a jamais été une association familiale. Ils étaient plus de 300 à se réunir chaque semaine, des gens de tous bords », a-t-il fait valoir.

Me Cortier avait auparavant dit vouloir « éviter un amalgame », assurant que ses clients condamnaient « de façon très forte (…) les attentats commis au nom de la mouvance salafiste ».

Le centre Zahra avait été dissous en mars 2019 avec trois associations hébergées dans ses locaux, dont le « Parti antisioniste ». Le ministre de l’Intérieur d’alors, Christophe Castaner, avait dénoncé des activités « qui légitiment de façon régulière le jihad armé ».

Confirmant en juin 2019 la fermeture, le tribunal administratif de Lille avait relevé une « propagande ayant pour objet de glorifier la lutte armée et de provoquer la haine et la violence en relayant des messages antisémites, entraînant ainsi le risque de commission d’actes terroristes ».

En octobre 2018, les locaux avaient été visés par une opération antiterroriste. Les perquisitions administratives avaient débouché sur la découverte d’armes à feu menant à la condamnation de Bachir Gouasmi à 18 mois de prison, dont six ferme, pour détention illégale d’armes. Le prédicateur Jamel Tahiri a été condamné fin 2019 à six mois de prison avec sursis pour provocation à la haine antisémite.

Le délibéré sera rendu le 27 janvier 2021.

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