« Prix élevé à payer » : Américains et Israéliens minimisent les propos de Trump
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« Prix élevé à payer » : Américains et Israéliens minimisent les propos de Trump

Washington n'imposera pas de "conditions inacceptables", comme le soulignent des sources à Jérusalem et John Bolton : "il ne s'agit pas d'une question de contrepartie"

Le président américain Donald Trump salue ses partisans après avoir pris la parole lors d'un rassemblement politique au Charleston Civic Center à Charleston, en Virginie-Occidentale, le 21 août 2018. (AFP/Mandel Ngan)
Le président américain Donald Trump salue ses partisans après avoir pris la parole lors d'un rassemblement politique au Charleston Civic Center à Charleston, en Virginie-Occidentale, le 21 août 2018. (AFP/Mandel Ngan)

Mercredi, les responsables américains et israéliens ont minimisé une remarque faite par le président américain Donald Trump un jour plus tôt, dans laquelle le leader américain a déclaré qu’Israël paierait « un prix plus élevé » dans les pourparlers de paix avec les Palestiniens pour compenser la décision de Washington de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer son ambassade dans la ville.

Afin de calmer les inquiétudes israéliennes, de hauts responsables américains ont déclaré à la Dixième chaîne que « les États-Unis n’imposeront pas de conditions inacceptables à Israël dans son plan de paix ».

Au même moment, un responsable israélien a déclaré que le conseiller américain pour la sécurité nationale, John Bolton, avait clarifié les propos du président américain. Bolton, qui était en visite à Jérusalem, avait déclaré plus tôt mercredi que le discours du président ne représentait pas un changement dans la politique de l’administration américaine en matière de négociations de paix.

« Le conseiller à la sécurité nationale Bolton a clarifié ses remarques (Trump) plus tôt aujourd’hui, et Israël est très heureux de l’excellente visite du conseiller à la sécurité nationale, ce qui renforce les relations étroites entre Israël et les États-Unis », a déclaré le responsable israélien.

Bolton avait souligné qu’il n’y avait pas de « contrepartie » dans les décisions américaines concernant Jérusalem.

« Je ne pense pas qu’il y ait de changement de politique. Je pense que le président a considéré que le fait de reconnaître Jérusalem comme étant la capitale d’Israël avec pour conséquence inévitable que l’ambassade des États-Unis doit se situer dans la capitale du pays était la chose naturelle et juste à faire », a déclaré l’assistant principal de Trump.

« Il ne s’agit pas d’une question de contrepartie. »

Le conseiller à la sécurité nationale américain, l’ambassadeur John Bolton, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 22 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mardi soir, Trump a déclaré lors d’un rassemblement de campagne à Charleston, en Virginie occidentale, que les Palestiniens « obtiendront quelque chose de très bien » dans toute négociation future en contrepartie de la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« C’était une bonne chose à faire », a dit Trump, au sujet de sa reconnaissance de Jérusalem et de la relocalisation de l’ambassade des États-Unis dans la capitale, « parce que nous l’avons retiré de la table. Parce que chaque fois qu’il y a eu des pourparlers de paix, le statut de Jérusalem a toujours été évité. Alors j’ai décidé de l’enlever de la table. Et vous savez quoi ? Dans la négociation, Israël devra payer un prix plus élevé, parce qu’il a gagné quelque chose de très important ». Les Palestiniens « obtiendront quelque chose de très bon, parce que c’est leur tour. Attendons de voir ce qui se passe ».

En réponse, un responsable de l’Autorité palestinienne a demandé à Trump de reconnaître un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et de déclarer que la solution à deux États est la seule solution au conflit.

Mercredi également, le groupe de pression de gauche J Street a déclaré que les propos de Trump montraient qu’il ne comprenait pas la complexité de la situation.

« Le président a une fois de plus clairement indiqué que lorsqu’il s’agit des complexités du conflit israélo-palestinien, il n’a aucune idée de ce dont il parle – et aucun désir de mener des négociations productives et de bonne foi vers la paix », a déclaré le groupe de gauche dans un communiqué.

« Le fait qu’il continue de se vanter d’avoir retiré Jérusalem de la table montre qu’il n’est pas intéressé à aborder sérieusement la sensibilité et l’importance de la ville en tant que question de statut final ».

L’organisation juive américaine a également affirmé que le plan de paix proposé par Trump – qui n’a pas encore été rendu public – « sera une imposture complète ».

« Il ne conduira pas à la paix ou à une plus grande sécurité pour Israël, mais à une nouvelle érosion de la crédibilité des États-Unis, à l’aliénation des dirigeants palestiniens et à un renforcement de l’extrême droite israélienne », a déclaré l’organisation.

Bolton a laissé entendre que le président américain était déçu de la réaction palestinienne à cette décision.

« En tant que négociateur, il s’attendait à ce que les Palestiniens disent : ‘Ok, génial, nous n’avons pas eu ce que nous voulions, maintenant nous voulons quelque chose d’autre’. Attendons de voir ce qui se passe », a-t-il dit.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman, à gauche, et le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton visitent l’ambassade de Jérusalem, le 21 août 2018 (Crédit :Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

Au lieu de cela, les responsables de l’Autorité palestinienne ont refusé de rencontrer les membres du cabinet de Trump, les déclarant inaptes à agir en tant que médiateur impartial dans les négociations.

Bolton a néanmoins déclaré que « le président a fait ce qu’il fallait en déplaçant l’ambassade dans la capitale d’Israël, ce qui, en soi, concrétise les négociations ».

« Cela a été un pas en avant très positif non seulement pour Israël, mais aussi pour les Palestiniens », a-t-il insisté.

Bolton est resté très discret sur ce que les négociations pourraient impliquer ou sur ce que les États-Unis pourraient faire valoir, affirmant qu’il était « fondamental » que les deux parties dictent les termes des pourparlers et non une tierce partie.

« Tout accord entre Israël et les Palestiniens nécessitera l’accord des parties, ce n’est pas quelque chose que les Etats-Unis sont prêts à imposer à qui que ce soit », a-t-il conclu.

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