Procès de la manifestation anti-Israël devant une synagogue du New Jersey en 2024
Le ministère de la Justice a porté plainte contre le Party for Socialism and Liberation, Muslims for Palestine et d'autres militants sur le fondement d'une loi employée contre les militants qui bloquent l'accès des cliniques d'avortement

Le département américain de la Justice poursuit en justice des organisations et manifestants anti-Israël qu’il accuse d’avoir intimidé les fidèles juifs d’une synagogue du New Jersey, en utilisant pour ce faire une loi américaine normalement utilisée contre les militants qui bloquent l’accès aux cliniques d’avortement.
La plainte, déposée lundi devant un tribunal fédéral du New Jersey, estime que la manifestation du 13 novembre dernier organisée en réaction à un événement prévu dans une synagogue de West Orange, dans le New Jersey – un mélange de service spirituel et de foire à l’immobilier israélien, a dégénéré en violence. Selon les termes de cette plainte toujours, des manifestants s’en sont physiquement pris à des fidèles tout en scandant des slogans et en jouant des vuvuzelas – ces trompettes en plastique parfois utilisées par les fans de football – pour nuire à l’événement.
La plainte s’appuie sur la loi concernant la liberté d’accès aux cliniques, ou FACE Act, une loi de 1994 qui interdit l’usage de la force ou l’obstruction physique pour empêcher les personnes de se rendre dans des centres de santé reproductive ou des lieux de culte.
Sur la base de cette loi, le département de la Justice a intenté plusieurs poursuites contre des manifestants ayant entravé l’accès à des cliniques pratiquant l’avortement, mais il semble bien que ce soit la première fois que cette loi est utilisée en lien à une ingérence avec le culte religieux, explique Harmeet Dhillon, chef de la division des droits civils du ministère de la Justice.
« La pratique consistant à fermer les yeux sur ces attaques contre des lieux de culte aux États-Unis n’a plus cours aujourd’hui », assène lors d’une conférence de presse Dhillon, qui a été nommé à ce poste par le président américain Donald Trump.
Sous l’administration Trump, le ministère de la Justice a limité le recours à la loi FACE dans les affaires liées à l’avortement, au motif que les poursuites pénales passées avaient donné lieu à une politisation indue des forces de l’ordre. Dhillon a précisé que cela ne s’appliquait pas aux cas concernant des lieux de culte.
En janvier dernier, Trump a gracié plusieurs personnes poursuivies en vertu de cette loi.
Le procès au civil dans le New Jersey désigne comme défendeurs le Party for Socialism and Liberation in New Jersey ainsi que l’organisation Muslims for Palestine New Jersey, dans le but d’obtenir une ordonnance du tribunal interdisant à ces groupes d’utiliser la force ou l’obstruction physique pour interférer avec les fidèles dans les lieux de culte du New Jersey, quels qu’ils soient.
Aucun des deux groupes n’a pu être joint pour commenter l’affaire.
L’administration Trump a réprimé les manifestations anti-Israël, notamment sur les campus américains, à grand renfort de coupes budgétaires et de révocation des visas des étudiants étrangers, en raison de l’échec présumé des universités à réprimer l’antisémitisme suite au pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.







