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Qatar : Les pourparlers sont bloqués ; le Hamas ne veut céder sur rien

Le Premier ministre qatari déclare que Doha s'est engagé à négocier, mais que l'impasse persiste en ce qui concerne le retour au nord de Gaza et l'identité des otages à libérer

Ismaïl Haniyeh, le chef du bureau politique du groupe terroriste palestinien du Hamas basé à Doha, s'adressant à la presse après une réunion avec le ministre iranien des Affaires étrangères, à Téhéran, en Iran, le 26 mars 2024. (Crédit : AFP)
Ismaïl Haniyeh, le chef du bureau politique du groupe terroriste palestinien du Hamas basé à Doha, s'adressant à la presse après une réunion avec le ministre iranien des Affaires étrangères, à Téhéran, en Iran, le 26 mars 2024. (Crédit : AFP)

Le Hamas ne cédera sur aucune des conditions qu’il avait précédemment présentées dans les négociations en vue d’un accord de trêve à Gaza, a déclaré mercredi le chef du groupe terroriste palestinien basé à Doha, alors que le Premier ministre du Qatar a déclaré que les pourparlers restaient dans l’impasse, mais qu’ils se poursuivraient.

Des responsables israéliens se sont rendus en Égypte en début de semaine, dans un effort renouvelé pour parvenir à un accord, mais un responsable palestinien proche des efforts de médiation a déclaré qu’il n’y avait eu aucun signe de percée.

Dans un discours télévisé prononcé à l’approche de la Journée d’Al-Qods (« Jérusalem » en arabe), Ismaïl Haniyeh a déclaré que le Hamas ne reculerait devant aucune de ses conditions pour la libération des 130 otages détenus par le groupe terroriste depuis le massacre du 7 octobre dans le sud d’Israël.

« Nous sommes déterminés à respecter nos exigences : le cessez-le-feu permanent, le retrait total et complet de l’ennemi de la bande de Gaza, le retour de toutes les personnes déplacées dans leurs foyers, l’autorisation de toute l’aide nécessaire à notre peuple à Gaza, la reconstruction de la bande de Gaza, la levée du blocus [restrictions sécuritaires imposées par Israël] et la conclusion d’un accord honorable sur l’échange de prisonniers [palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël] », a-t-il déclaré.

Israël a insisté sur le fait qu’il n’accepterait qu’une trêve temporaire dans les combats et que la guerre durerait jusqu’à ce que le groupe terroriste palestinien soit entièrement évincé de Gaza. Il a rejeté l’idée que le Hamas conditionne la libération des otages à la fin de la guerre et au retrait des troupes de l’armée israélienne, la qualifiant de « délirante ».

Haniyeh a déclaré qu’Israël continuait « à tergiverser obstinément et ne répondait pas à nos demandes légitimes de mettre fin à la guerre et à l’agression ».

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (à gauche) et son homologue qatari l’émir Mohammed ben Abdulrahman bin Jassim al-Thani, arrivant pour donner une conférence de presse conjointe, à Doha, le 3 avril 2024. (Crédit : Karim Jaafar/AFP)

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu’une délégation israélienne était revenue du Caire après avoir élaboré une proposition actualisée de trêve temporaire et d’accord de libération d’otages, qui devrait être présentée au Hamas pour examen.

Un haut responsable du Hamas, Bassem Naïm, a toutefois déclaré plus tard dans la journée de mardi que le groupe terroriste n’avait reçu aucune nouvelle proposition.

« Le mouvement n’a reçu aucune proposition de la part des médiateurs ou de l’occupation [Israël] concernant un cessez-le-feu et un accord d’échange de prisonniers », a-t-il déclaré.

Il n’était pas clair si la proposition avait été reçue mercredi, et quand une réponse pouvait être attendue de la part du groupe terroriste palestinien.

À Doha, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, l’émir Mohammed ben Abdulrahman al-Thani, a déclaré mercredi que les négociations sur un cessez-le-feu à Gaza étaient dans l’impasse, principalement en raison du retour des personnes déplacées dans différentes parties de la bande de Gaza.

Une source au fait des négociations a déclaré que le dirigeant qatari faisait référence à la demande du Hamas, qui souhaite que les Palestiniens déplacés soient libres de retourner chez eux dans le nord de la bande de Gaza, dont Israël a ordonné l’évacuation au début de la guerre, qui dure depuis près de six mois.

« Le Hamas souhaite que la population puisse retourner dans le nord de la bande de Gaza. C’est un enjeu majeur pour le Hamas et les Israéliens leur donnent du fil à retordre à ce sujet. Les Israéliens ne veulent pas qu’ils [les Palestiniens déplacés] aient la liberté de mouvement », a déclaré la source, qui a requis l’anonymat en raison du caractère sensible de la question.

Des informations indiquent qu’Israël est ouvert au retour des femmes et des enfants, mais craint que le retour des hommes ne permette au Hamas de se réinstaller dans les zones où il a été déraciné.

Des manifestants bloquant l’autoroute Ayalon lors d’une manifestation appelant à la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza, à Tel Aviv, le 26 mars 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Un autre point d’achoppement, selon la source, est la question de savoir si les prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité feront partie de l’accord. Le Hamas souhaite libérer des centaines de détenus qui purgent des peines pour des infractions terroristes graves, y compris des massacres.

Al-Thani s’en est également pris à Netanyahu, le qualifiant de « politicien aventureux qui ne se soucie que de ses intérêts personnels », selon la chaîne publique Kann.

Al-Thani s’est exprimé au sujet d’une éventuelle incursion israélienne dans Rafah, affirmant qu’Israël est le seul pays à soutenir une telle opération.

Le Premier ministre qatari a déclaré que les plans de l’opération israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, « conduiront à un génocide, et la communauté internationale doit dire ‘assez’ à Israël ».

Ces propos ont été tenus le lendemain de l’adoption par Israël d’une loi autorisant la fermeture temporaire de la chaîne qatarie Al-Jazeera. Israël a également accusé Doha de ne pas faire suffisamment pression sur le Hamas dans le cadre des négociations sur les otages, et les tensions auraient conduit la délégation israélienne à déplacer les pourparlers au Caire cette semaine.

« Le comportement du Qatar est extrêmement décevant. Il n’a utilisé aucun des moyens de pression dont il dispose sur le Hamas. Il n’a pas gelé les comptes bancaires, n’a pas exilé les familles du Hamas [du Qatar], rien », a déclaré un haut fonctionnaire israélien dans des propos rapportés par la Douzième chaîne mercredi.

Lors d’une réunion avec des soldats à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, a déclaré que seule la pression militaire permettrait de conclure un accord.

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