Qui était le mufti Hadj Amin al-Husseini ?
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Qui était le mufti Hadj Amin al-Husseini ?

Le nationaliste palestinien a soutenu les soulèvements anti-britanniques et la Solution finale. Il s'est opposé au sionisme et a soutenu

Haj Amin al-Husseini (Crédit : American Colony photo Dept. / Wikipedia)
Haj Amin al-Husseini (Crédit : American Colony photo Dept. / Wikipedia)

JTA – Lorsque le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que Hadj Amin al-Husseini, le mufti de Jérusalem avant la création d’Israël, avait donné l’idée à Hitler d’exterminer les Juifs d’Europe, il avait le but de démontrer la longue histoire de l’antisémitisme palestinien.

Indépendamment de son intention, Netanyahu a été frappé par un tsunami de réaction d’historiens et de politiciens qui l’ont accusé de déformer l’Histoire. Yad Vashem, l’Anti-Defamation League et le gouvernement allemand ont tous critiqué l’exactitude historique de l’affirmation du Premier ministre, avec le porte-parole de la chancelière Angela Merkel qui a même réitéré la responsabilité allemande dans le génocide.

Netanyahu a édulcoré la déclaration mercredi en n’expliquant qu’il n’avait « pas l’intention d’absoudre Hitler de la responsabilité de la destruction diabolique des Juifs d’Europe ».

Voici qui était le mufti, ses sentiments envers un Etat juif et ce qui s’est réellement passé entre lui et Hitler.

Une photo de la  rencontre de 1941  entre Adolf Hitler et le leader palestinien Hadj Amin al-Husseini (Crédit : Heinrich Hoffmann Collection/Wikipedia)
Une photo de la rencontre de 1941 entre Adolf Hitler et le leader palestinien Hadj Amin al-Husseini (Crédit : Heinrich Hoffmann Collection/Wikipedia)

Un Palestinien nationaliste à la ligne dure

Né à Jérusalem, au début du 20e siècle, Husseini vient d’une famille palestinienne de premier plan. En 1921, les dirigeants britanniques de la Palestine l’ont nommé grand mufti de Jérusalem, une position religieuse importante.

Husseini était un défenseur du nationalisme arabe, et en 1936 il a rejoint, avec d’autres dirigeants palestiniens, la révolte contre les Britanniques.

La révolte a duré jusqu’en 1939, a coûté des milliers de vies, y compris des centaines de Juifs, et a conduit les Britanniques à chercher à quitter le territoire. En 1937, les Britanniques ont retiré Husseini de son poste, le poussant à fuir au Liban.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Husseini a soutenu une rébellion anti-britannique en Irak et est devenu l’envoyé des rebelles en Allemagne et l’Italie.

Lorsque la rébellion a été réprimée, il a fui vers l’Italie et a poursuivi ses contacts avec les puissances de l’Axe à partir de là. La célèbre réunion avec Adolf Hitler a eu lieu en novembre 1941. Il a continué à soutenir les nazis de diverses manières tout au long de la guerre.

Après la guerre, Husseini s’est échappé à Beyrouth, son influence a diminué. Il y mourut en 1974.

Husseini s’est opposé au sionisme

Husseini s’est opposé à tout établissement d’un foyer national juif dans ce qui allait devenir Israël. Il s’est opposé au Livre blanc britannique de 1939, en dépit de son interdiction imposée sur l’immigration juive en Palestine, car le calendrier pour établir un Etat arabe était trop long. Et il s’est opposé au plan de partition des Nations unies de 1947 qui visait à créer des Etats voisins juifs et palestiniens.

Husseini a également soutenu la violence contre les Juifs. En 1920, il a organisé une manifestation anti-britannique à Jérusalem qui est devenue violente et a été plus tard reconnu coupable d’incitation [à la violence].

Soutien à la solution finale d’Hitler

La source de l’affirmation de Netanyahu que Husseini porte la responsabilité de l’Holocauste vient de sa fameuse rencontre avec Hitler qui a eu lieu le 28 novembre 1941.

Husseini, à l’époque, était à la recherche du soutien allemand pour l’indépendance arabe de la domination coloniale et les minutes de la réunion montrent que Husseini a axé ses demandes sur une déclaration formelle nazie sur le soutien à « l’indépendance et l’unité de la Palestine, la Syrie et l’Irak » sous la domination arabe.

Selon les comptes-rendus des Britanniques, Husseini a dit à Hitler : « les Arabes étaient des amis naturels de l’Allemagne parce qu’ils avaient les mêmes ennemis que l’Allemagne, à savoir les Anglais, les Juifs et les communistes ». Il a également remercié Hitler pour avoir soutenu « l’élimination du foyer national juif ».

Contrairement à l’affirmation de Netanyahu, nulle part dans le compte-rendu, il n’y a aucune suggestion qui indique que Husseini a dit à Hitler d’exterminer les Juifs d’Europe. Le compte-rendu ne signale pas qu’Hitler a annoncé ses intentions, notant qu’il avait l’intention de « demander à une nation européenne après l’autre de résoudre son problème juif ».

« Dire qu’Hitler a été influencé par le mufti est loin d’être la vérité », a déclaré le professeur Moshe Maoz de l’université hébraïque. « Il n’a pas eu besoin du mufti pour procéder à l’extermination ».

Husseini est le père du nationalisme palestinien

Selon Maoz, les Palestiniens considèrent aujourd’hui Husseini comme l’un de leurs pères nationaux. Mais leur admiration s’est atténuée, dit-il, parce que Husseini était profondément pro-nazi et inefficace dans l’avancement de la cause palestinienne.

Sa stature parmi les Palestiniens, a déclaré Maoz, pâlit devant celle de Yasser Arafat, dont la mémoire jouit d’une vénération quasi-universelle. Mais les Palestiniens ont tendance à ne pas critiquer Husseini en public, a poursuivi Maoz, parce qu’ils veulent afficher leur unité.

« Il n’y a pas qu’un peu de Palestiniens qui pensent qu’il n’était pas si positif », a déclaré Maoz. « Il était très têtu. Mais ceux qui s’opposent à lui ne l’annoncent pas par solidarité ».

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