Raphaël Enthoven : « Ce n’est pas parce qu’on est fou, qu’on n’est pas antisémite »
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Raphaël Enthoven : « Ce n’est pas parce qu’on est fou, qu’on n’est pas antisémite »

Le philosophe français reproche aux médias de s’être concentrés sur le fait que l’auteur de l’agression de Marseille était un déséquilibré

Raphael Enthoven dans l'ex-matinale de Thomas Sotto (Crédit : Capture d'écran : Europe 1)
Raphael Enthoven dans l'ex-matinale de Thomas Sotto (Crédit : Capture d'écran : Europe 1)

Dans une interview réalisée par Europe 1, Raphaël Enthoven est revenu sur l’attaque au couteau qui a eu lieu samedi matin sur un rabbin et deux fidèles juifs. Cette attaque au couteau était accompagnée de propos antisémites.

Ce qui est fou dans cette histoire, c’est qu’il soit nécéssaire de rappeler que le fait d’agresser au couteau trois juifs dans la rue est d’abord, avant tout, et sinon uniquement, un acte antisémite » explique Raphaël Enthoven.

Pour le philosophe, un homme qui attaque trois personnes qui ne lui ont rien fait est forcément un déséquilibré, « on n’a pas besoin d’un psychiatre pour le savoir ».

Il dénonce le fait que les médias se soient concentrés sur le fait que l’agresseur était déséquilibré alors que ce dernier a attaqué trois personnes juives en les insultant de propos antisémites : « Avant d’être le geste d’un déséquilibré ou d’un ivrogne ou des deux, cette agression doit être nommée pour ce qu’elle est, une agression antisémite ».

Selon l’enquête, l’agression n’était pas préméditée. Là encore Raphaël Enthoven explique qu’il est primordial de donner son importance aux mots : « Voila un homme qui se promène dans une rue de Marseille avec un couteau et qui attaque trois juifs au couteau pendant l’intifada des couteaux. (…) L’hypothèse d’un lien avec ce qui se passe au Proche-Orient n’est peut être pas complètement folle. »

Conclure que l’agresseur est fou réduit son acte de nature antisémite.

« Ce qui est fou dans cette histoire, c’est qu’il soit nécéssaire de rappeler que le fait d’agresser au couteau trois juifs dans la rue est d’abord, avant tout, et sinon uniquement, un acte antisémite » explique Raphaël Enthoven.

Pourquoi a-t-on si peur de parler d’antisémitisme? Pourquoi a-t-on l’impression de jeter de l’huile sur le feu quand on appelle les choses par leur nom? faudrait-il les dissoudre dans l’excuse de la folie? »

Et de conclure : « ce n’est pas parce qu’on est fou, qu’on n’est pas antisémite. »

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