Réactions après les propos d’Odeh disposé à rejoindre une coalition Kakhol lavan
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Réactions après les propos d’Odeh disposé à rejoindre une coalition Kakhol lavan

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, a déclaré que ces propos étaient des signes avant-coureurs d'un Etat binational, qui signe "la fin de l'Etat démocratique juif"

(gauche à droite) Mtanes Shihadeh, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas, chefs des quatre partis à majorité arabe qui forment la Liste arabe unie, enregistrent leur alliance à la Commission centrale électorale à la Knesset le 1 août 2019.  
(Raoul Wootliff/Times of Israel)
(gauche à droite) Mtanes Shihadeh, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas, chefs des quatre partis à majorité arabe qui forment la Liste arabe unie, enregistrent leur alliance à la Commission centrale électorale à la Knesset le 1 août 2019. (Raoul Wootliff/Times of Israel)

Le chef du parti Balad Mtane Shihadeh a rejeté jeudi les propos d’Ayman Odeh, affirmant que « le changement que nous voulons et auquel la Liste arabe unie doit aspirer est l’égalité civique dans un Etat binational, pas à siéger dans une coalition avec un parti qui traite inlassablement les citoyens arabes comme des citoyens de seconde zone ».

« La position de Balad est claire : nous ne rejoindrons pas une coalition avec des généraux, des racistes et des criminels de guerre. »

Taal, sous la direction d’Ahmad Tibi, a déclaré que la Liste arabe unie doit « aspirer à avoir une influence sur le processus décisionnel » par le biais d’une coopération avec d’autres partis pour bloquer la formation d’un gouvernement de droite, en échange de l’acceptation de certaines de leurs demandes, « mais intégrer un gouvernement n’est pas au programme pour la Liste arabe unie ».

« Gantz va aller vers un gouvernement d’unité avec le Likud et nous nous opposerons farouchement à ce gouvernement, tout en cherchant à renforcer notre influence », a dit Tibi.

« Le feu vert à un ministre des Affaires terroristes au sein du gouvernement israélien »

La quasi-totalité des partis impliqués ont rejeté cette proposition, qui a été immédiatement récupérée par le Likud pour attaquer Kakhol lavan.

Des ministres pendant la plénière de la Knesset avant le vote de la loi controversée sur le financement des ONG, le 11 juillet 2016. De gauche à droite : Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, Benjamin Netanyahu, Premier ministre, Yisrael Katz, ministre des Transports et des Renseignements. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, du Likud, a rapidement réagi et tweeté que « désormais, il est clair que quiconque vote Kakhol lavan obtiendra probablement un gouvernement de gauche avec des partisans du terrorisme ».

Il a critiqué les exigences d’Odeh, affirmant qu’elle mèneraient à « des constructions illégales à grande vitesse » et qu’il tient pour responsable, à tort, la police et le gouvernement, du haut taux de criminalité. Il a également critiqué la demande de fonds pour les foyers pour femmes affirmant que « l’éducation à la non-violence » est plus importante.

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev (Likud), a déclaré que ces propos étaient des signes avant-coureurs d’un Etat binational, qui signe « la fin de l’Etat démocratique juif ».

« Un gouvernement Lapid-Gantz, en présence de [Avigdor] Libermn [du parti Yisrael Beytenu] sera responsable d’un gouvernement d’extrême-gauche comme nous n’en avons jamais eu auparavant », a-t-elle dit dans un communiqué.

Dans un communiqué officiel, le Likud a déclaré qu’il est « désormais clair que Benny Gantz formera un gouvernement de gauche avec Ayman Odeh et les partis arabes ».

La campagne du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre Gantz, son principal rival, aux élections d’avril et pour celles de septembre, tourne autour du fait que le président de Kakhol lavan sera dans l’incapacité de former une coalition sans le soutien des partis arabes. Aucun parti arabe n’a jamais siégé dans une coalition, mais ils ont soutenu des partis d’opposition.

Le parti religieux de droite Yamina a critiqué la suggestion d’Odeh, indiquant dans un communiqué que « Ayman Odeh et Ahmad Tibi passeront d’agents de l’Autorité palestinienne à la Knesset en agents étrangers du [président de l’AP Mahmoud Abbas] au gouvernement israélien ».

Yamina a accusé les membres de la Liste arabe unie d’avoir, pendant des années, « creusé un tunnel terroriste dans la Knesset » et coopéré avec les terroristes palestiniens, ce qui équivaut à un « feu vert à un ministre des Affaires terroristes au sein du gouvernement israélien ».

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, lors d’une conférence de presse après la dissolution de la Knesset, et avant les nouvelles élections, à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Flash90)

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, qui a, dans le passé, mené des campagnes contre les partis arabes, et qui est devenu ces derniers mois l’ennemi politique de Netanyahu en refusant de rejoindre son gouvernement, a affirmé que les propos d’Odeh faisaient partie d’une « dangereuse » coopération entre la Liste arabe unie et le Likud. Il faisait référence à l’appel, de certaines personnalités du Likud, à coopérer avec les Arabes israéliens il y a quelques mois.

« Yisrael Beytenu n’acceptera aucune sorte de coopération avec Ayman Odeh et la Liste arabe unie », a déclaré Liberman sur Facebook. « Ayman Odeh, qui soutient inlassablement le Hamas, le Hezbollah et tous les ennemis d’Israël, appartient au Parlement de Ramallah, plutôt qu’à la Knesset ».

Le Camp démocratique et Avoda soutiennent une coopération judéo-arabe

Les partis de gauche ont, pour leur part, salué la déclaration d’Odeh.

« Il n’y a pas de futur ici sans partenariat judéo-arabe. C’est pourquoi les mots d’Odeh sont importants et nous espérons que d’autres éléments de la Liste se joindront à lui », a déclaré Nitzan Horowitz, président du Camp démocratique sur Twitter.

Horowitz a fustigé Kakhol lavan, qui a d’emblée rejeté l’idée d’une coalition avec les partis arabes, et a évoqué des propos tenus en 2013 par l’actuel numéro deux du parti Yair Lapid, (qui dirigeait à l’époque Yesh Atid) qui rejetait la coopération avec les « Zoabis ». Il avait été critiqué à l’époque pour avoir érigé la députée controversée Hanin Zoabi, du parti Balad, qui a depuis, quitté la politique, en représentante de tous les Arabes israéliens.

Nitzan Horowitz, le chef du parti Meretz, arrive pour voter aux primaires du parti à un bureau de vote à Tel Aviv le 11 juillet 2019. (Flash90)

« Autant de nullité de la part de Kakhol lavan qui s’en prend aux ‘Zoabis’ et compte les victimes à Gaza, qui n’a rien appris et rejette immédiatement les options. C’est de la lâcheté », a tweeté Horowitz.

Il a également fait référence à un spot de campagne de Gantz pour les élections d’avril, qui se vantait d’avoir, en tant que chef d’Etat-major, d’avoir supervisé la mort de plus de 1 300 terroristes gazaouis lors de la guerre de 2014, – l’armée les avait estimés à un millier.

L’alliance travailliste-Gesher a également salué l’annonce d’Odeh. Son président, Amir Peretz, a déclaré à la radio militaire que « si les partis arabes acceptent réellement d’intégrer un gouvernent sioniste, c’est un pas en avant pour nous ». Il a qualifié le rejet par Kakhol lavan d’irresponsable.

La Liste arabe unie a été formée à l’approche des élections nationales de mars 2015, après que la Knesset a relevé le seuil électoral, faisant passer le pourcentage de voix qu’un parti doit obtenir pour entrer au Parlement, de
2 % à 3,25 %.

La liste rassemble des partis de différentes bases idéologiques, y compris des socialistes, des nationalistes, des laïcs et des islamistes.

Ces dernières années, les partis à majorité arabe se sont renforcés, et ont obtenu un record de 10 % des voix lors des élections de 2015, offrant 13 sièges à la Liste arabe unie, devenu ainsi le deuxième parti d’opposition.

Le parti s’est scindé en deux factions pour les élections d’avril 2019, et les électeurs ont réagi en diminuant leur résultat combiné à 10 sièges.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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