Réactions juives et israéliennes à la mort de Jacques Chirac
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Réactions juives et israéliennes à la mort de Jacques Chirac

Haim Korsia a salué "la curiosité pour le monde, la connaissance du judaïsme" de Chirac ; Rivlin a évoqué la "reconnaissance de la responsabilité de la France pendant la Shoah"

Jacques Chirac (Crédit :  Creative Commons Attribution 3.0)
Jacques Chirac (Crédit : Creative Commons Attribution 3.0)

Décédé ce jeudi, l’ancien président français Jacques Chirac a fait l’objet de nombreux hommages, en France comme à l’international.

Parmi eux, le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui a publié un communiqué.

« Nous sommes tous aujourd’hui orphelins. Jacques Chirac fut un grand homme, un grand Français, un grand homme d’État, pour lequel j’avais une affection toute particulière et une amitié respectueuse, a-t-il écrit. Je garderai précieusement en mémoire sa curiosité pour le monde, sa connaissance du judaïsme et son goût pour l’art, pour tous les arts, tout comme son incroyable courage et sa vision pour faire progresser le pays, notamment lorsqu’il a reconnu la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv ou quand il a rendu aux Justes la place qu’ils méritaient, dans la crypte du Panthéon. »

Le grand-rabbin a également rappelé la déclaration en hébreu de Jacques Chirac, lors de l’hommage à Ilan Halimi, torturé et assassiné en 2006.

« ‘Souviens-toi, n’oublie rien’, avait-il déclaré en hébreu en rendant hommage à Ilan Halimi. Nous nous souviendrons toujours du président Chirac et n’oublierons jamais le chemin qu’il a tracé pour la France », a ajouté Haïm Korsia.

De son côté, le président israélien Reuven Rivlin a présenté les condoléances de l’Etat d’Israël dans un message au « peuple français ».

« L’Etat d’Israël s’incline en mémoire de feu le président de la République, Jacques Chirac. Nous garderons en mémoire sa contribution unique aux liens profonds entre nos pays et en particulier de sa courageuse reconnaissance de la responsabilité de la France dans la destinée réservée aux Juifs de France pendant la Shoah. »

« Puisse-t-il laisser le souvenir éternel d’un ami et d’un homme de paix », a-t-il ajouté dans un communiqué de presse.

« Je transmets mes condoléances les plus profondes à Madame Bernadette Chirac et à sa famille », a écrit le président.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak, à la tête du gouvernement israélien de juillet 1999 à mars 2001, a salué son « ami » Jacques Chirac malgré leurs différends.

« C’est un dirigeant avec lequel j’ai eu beaucoup de controverses, mais que j’ai toujours respecté », a-t-il écrit sur Twitter, en saluant « un homme de paix ».

Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France depuis 2015, a également salué le chef d’État français dans un tweet.

Meyer Habib, député de la huitième circonscription des Français établis hors de France, a présenté ses condoléances aux proches du président.

Ariel Goldman, président du FSJU, a évoqué le rôle du défunt président dans la reconnaissance du rôle joué par la France dans la déportation des Juifs pendant la Shoah.

La section parisienne de l’AJC, « plus ancienne et plus importante des organisations juives américaines », a également salué ce « discours historique » de Jacques Chirac en 1995.

La Fondation pour la Mémoire de la Shoah a rappelé l’initiative de Simone Veil, à la suite de laquelle le président avait « fait entrer au Panthéon les Justes de France ».

Le Bnai Brith France et son président ont également salué la mémoire du président disparu.

Le Congrès juif européen a salué la mémoire d’un « grand Européen ».

L’Union des étudiants juifs de France a remercié le président pour « son action en tant que président de la République ».

Mendel Samama, rabbin à Strasbourg et « observateur des institutions européennes », a également rendu un hommage à Jacques Chirac, décédé à quelques jours du Nouvel An juif.

Hommage à l’international

Le président russe Vladimir Poutine a réagi jeudi à la mort de l’ancien chef d’Etat français en saluant un dirigeant « sage et visionnaire », a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

« Jacques Chirac a acquis le respect mérité de ses compatriotes et une haute autorité internationale en tant que dirigeant sage et visionnaire ayant toujours défendu les intérêts de son pays », a affirmé selon ce communiqué M. Poutine, qui avait récemment désigné M. Chirac comme le dirigeant étranger l’ayant le plus impressionné durant sa carrière.

Dans une interview fin juin au quotidien britannique Financial Times, Vladimir Poutine avait déclaré : « J’ai été le plus sérieusement impressionné par l’ancien président français Chirac. C’est un véritable intellectuel, un vrai professeur. »

Ce jeudi, le chef du Kremlin, au pouvoir depuis 1999, a également fait part de ses condoléances aux proches de Jacques Chirac.

« Vladimir Poutine a souligné qu’il admirait à chaque conversation avec M. Chirac son intelligence et ses grandes connaissances », a enfin ajouté le Kremlin.

Jacques Chirac et Vladimir Poutine, photo non datée. (Crédit : Twitter)

En 2006, Jacques Chirac, alors au pouvoir, avait remis la Légion d’honneur à Vladimir Poutine.

Deux ans plus tard, il s’était vu remettre au Kremlin le Prix d’État, la distinction russe la plus élevée, des mains du président d’alors, Dmitri Medvedev, sous le regard de Vladimir Poutine.

La chancelière allemande Angela Merkel a elle salué « un formidable partenaire et ami ».

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