Réactions suite à la signature de l’accord de la nouvelle coalition
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Réactions suite à la signature de l’accord de la nouvelle coalition

Le leader de l'opposition, Isaac herzog, affirme que les citoyens devraient s'inquiéter du gouvernement de droite

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l'accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l'accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La signature d’un accord de coalition entre le Likud et le parti ultra-nationaliste Yisrael Beytenu mercredi a donné lieu à de sombres prédictions sur l’avenir du pays par des législateurs de l’opposition, qui ont mis en garde que le pays devra, en conséquence, faire face à une augmentation des pressions internes et internationales.

Le chef de l’opposition Isaac Herzog a prédit une détérioration de la situation dans le pays, et son numéro 2 de la faction Union sioniste, Tzipi Livni, a averti que le mouvement de boycott contre Israël ne fera qu’augmenter.

Prenant la parole lors d’un événement organisé par l’Institut de la démocratie d’Israël, Herzog a mis en garde contre les dangers posés par un cabinet qui combine les partis de droite Yisrael Beytenu et HaBayit HaYehudi.

« Je regrette que Netanyahu ait choisi à la fin de cligner des yeux et ait choisi de prendre la barre de son gouvernement avec Liberman et Bennett en prenant une direction dangereuse et extrême », a-t-il dit du chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et le dirigeant du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett.

« Nous ne verrons pas au sein d’un cabinet Bennett-Liberman aucune mesure qui donne de l’espoir, seulement des mesures qui aggravent la situation et qui nous apporterons, à mon grand regret, une autre série de douleur et d’échec. Les citoyens d’Israël devraient être préoccupés par une coalition de droite qui emmènera Israël dans des endroits très dangereux ».

Les négociateurs pour les partis du Likud et Yisrael Beytenu ont conclu un accord durant la nuit de mardi pour integrer Yisrael Beytenu dans la coalition et nommer Liberman au poste de ministre de la Défense.

Yisrael Beytenu renforcera la majorité, très mince, de 61 sièges à la Knesset de la coalition avec cinq sièges, tout en réduisant les sièges de l’opposition à 54 sièges. Mais HaBayit HaYehudi a menacé de retarder la nomination de Liberman si ses exigences pour accroître l’échange de renseignements entre les ministres sur les questions de sécurité n’étaient pas entendues.

Livni a averti que la nouvelle coalition alliat entraver au processus de paix et qu’elle allait monter davantage le monde contre Israël.

« Le nouveau gouvernement souscrit à une vision du monde qui nous empêchera de faire avancer le processus de paix, qui va nous isoler dans le monde et renforcer les [mouvements de boycotts] BDS », a-t-elle dénoncé. « La frustration du gouvernement de droite établit aujourd’hui sa capacité à exercer pleinement son idéologie qui servira à nuire à la démocratie ».

Netanyahu a affirmé que l’intégration de Liberman, un politicien de la ligne dure, qui a qualifié le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de terroriste, n’affectera pas les efforts de paix, abordant les craintes selon lesquelles la décision va entraver les efforts diplomatiques avec les Palestiniens.

Lundi, le comité de rédaction du New York Times a qualifié la nomination de Liberman de « déconcertante » et a déclaré que la nomination « serait une moquerie à toutes les ouvertures possibles israéliennes aux Palestiniens ».

Le député de l’Union sionniste, Amir Peretz, a appelé l’accord de coalition « une alliance entre les éléments les plus extrêmes de la Knesset ».

« Ceci est un nouveau chapitre dans cette Knesset, peut-être même dans la politique israélienne », a-t-il déclaré à la radio israélienne. « Nous devons présenter une alternative qui est tout à fait différente ».

Liberman a précédemment servi au poste de ministre des Affaires étrangères sous Netanyahu, mais s’est publiquement opposé à Netanyahu sur sa façon de gérer la guerre de 2014 à Gaza et est entré dans l’opposition après les élections de l’année dernière.

La dirigeante de Meretz, Zehava Gal-on, qui a déjà accusé Liberman d’agir comme un agent étranger pour l’Azerbaïdjan, l’a accusé de manigances sournoises.

« Vous souvenez-vous que cet homme est sorti des affaires pour lesquelles il était interrogé que lorsque les témoins sont mystérieusement morts ? Vous souvenez-vous qu’à chaque position publique que cet homme a occupé a mystérieusement conduit à l’enrichissement de sa famille ? », s’est-elle interrogée, selon la Dixième chaîne.

Une source du parti Yisrael Beytenu a déclaré que l’accord de coalition a été signé mercredi après que les demandes du parti ont été acceptées, y compris une augmentation minimale d’1,4 milliard de shekels pour les retraites – un point d’achoppement dans les négociations plus tôt cette semaine – ainsi que 150 millions de shekels pour les logements sociaux.

Avec la nomination de Liberman au poste de ministre de la Défense, une membre du parti Yisrael Beytenu, la députée Sofa Landver va reprendre le poste de ministre de l’Intégration des immigrants, qu’elle a déjà occupé entre 2009 et 2015.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, qui à un moment s’était joint à Liberman pour faire passer des réformes sur les questions d’état sur la religion, a critiqué Liberman pour avoir laissé tomber plusieurs de ses principes énoncés dans le but de prendre place à la table du Cabinet, y compris les questions d’éducation et l’exigence que toutes les parties de la société – y compris la communauté ultra-orthodoxe – s’astreignent au service militaire.

« Liberman a renoncé à la charge égale [du service national], sur l’éducation des programmes de base, ainsi que sur toutes les valeurs pour lesquelles qu’il a promis de se battre, et maintenant il a également renoncé au problème des pensions. L’entrée d’Yisrael Beytenu dans la coalition n’est pas un accomplissement. C’est une capitulation embarrassante, une trahison de la confiance de la population, et un abandon du peuple. Le problème des retraites ne peut pas être résolu avec un milliard et demi de shekels. Cela représente une légère addition qui ne peut pas vraiment aider ceux qui en ont besoin ».

Le membre druze d’Yisrael Beytenu, le député Hamad Amar, a indiqué son soutien à l’accord de coalition en postant une image sur sa page Facebook montrant une clause de l’accord dans lequel la coalition s’engage à mettre en œuvre un plan de développement pour la communauté druze et d’autres minorités.

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