Regev intégrera finalement la Diaspora aux festivités de Yom HaAtsmaout
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Regev intégrera finalement la Diaspora aux festivités de Yom HaAtsmaout

La ministre a dit avoir changé sa position après avoir reçu une demande de la communauté juive française qui fait face à une résurgence de l'antisémitisme

Miri Regev, la ministre de la Culture et du Sport, lors d'une conférence internationale annuelle d'innovation municipale à Tel Aviv, le 28 janvier 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Miri Regev, la ministre de la Culture et du Sport, lors d'une conférence internationale annuelle d'innovation municipale à Tel Aviv, le 28 janvier 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Miri Regev, la ministre de la Culture et des Sports, a renversé sa décision d’annuler la participation de la Diaspora juive à la cérémonie annuelle de l’allumage de la torche qui marque l’ouverture du Jour d’Indépendance d’Israël.

Jeudi, Regev a déclaré au quotidien Israël Hayom qu’elle rétablissait la présence de la Diaspora dans la cérémonie d’allumage de la torche après avoir reçu des messages « déchirants » de communautés juives pour continuer la tradition qu’elle avait lancée il y a deux ans.

« Une vague d’antisémitisme se répand à travers l’Europe, et en France en particulier », ont écrit des membres de la communauté juive française, selon l’article.

La lettre aurait cité les statistiques affirmant que les attaques antisémites et les actes de vandalisme étaient en augmentation de 74 % au cours de l’année dernière.

« A la lumière du lien inébranlable entre la communauté juive française et notre patrie d’Israël, nous serions honorés si un membre de la communauté pouvait participer à l’allumage de la torche le Jour de l’Indépendance cette année », a déclaré la communauté.

Le rabbin Marvin Hier (à droite) et Michael Steinhardt allument l’une des torches à la cérémonie du Jour de l’Indépendance d’Israël au mont Herzl, le 1 mai 2017 (Twitter).

Regev a déclaré à Israël Hayom qu’elle avait reçu de nombreuses demandes de réinstaurer la présence d’un représentant de la Diaspora à la cérémonie, mais que la lettre de la communauté juive française avait motivé sa décision.

« Malgré cette atmosphère hostile, ils continuent à être Juifs fièrement, à porter des kippot, à prier dans les synagogues et à faire fonctionner magasins et des restaurants cacher », a déclaré Regev. « Je suis une femme traditionaliste, et cela m’a vraiment touché ».

Lundi, le bureau de Regev avait annoncé qu’il n’y aurait aucun représentant de la Diaspora juive à la cérémonie de l’allumage de la torche qui marque le début du Jour d’Indépendance, qui commence cette année le 8 mai.

Elle n’avait pas donné de raison pour mettre un terme à cet honneur, mais l’annonce est intervenue après une année difficile dans les relations entre Israël et la Diaspora juive, et quelques jours après que des tensions au sujet de l’espace de prière égalitaire au mur Occidental se sont transformées en polémiques violentes.

En 2017, Regev a réservé une torche pour la Diaspora juive. Cette année là, une torche avait été allumée conjointement par le fondateur de Birthright Michael Steinhardt et le rabbin Marvin Hier du Centre Simon Wiesenthal.

La star de « Big Bang Theory » Mayim Bialik y avait été conviée mais avait dû refuser l’offre en raison d’un emploi du temps chargé. Plusieurs autres noms avaient également été considérés et approuvés – parmi eux l’actrice et chanteuse Barbara Streisand, la philanthrope Lynn Schusterman et l’ancien rabbin britannique Jonathan Sacks – mais la commission a finalement décidé de ne pas faire appel à un représentant de la diaspora cette année.

Une photo prise le 20 février 2019 à Quatzenheim montre des svastikas peintes sur des tombes dans un cimetière juif, le jour d’une marche nationale contre une recrudescence des attaques antisémites. – Environ 96 tombes ont été vandalisées dans un cimetière du village de Quatzenheim, près de la frontière avec l’Allemagne, dans la région Alsace. (Crédit : Frederick FLORIN / AFP)

Sa décision a été critiquée en Israël et à l’étranger. Naftali Bennett, le ministre des Affaires de la Diaspora, l’avait qualifiée « d’insulte à tout le peuple juif ».

Jay Ruderman, à la tête de la Fondation de la famille Ruderman, une organisation philanthropique basée à Boston, a vivement critiqué la décision.

« L’État d’Israël a été établi pour constituer le foyer du peuple juif et continue d’être un flambeau pour les Juifs du monde entier, » a-t-il ainsi fait savoir dans un communiqué, ajoutant que les Juifs à l’étranger étaient un soutien clé du pays.

Les relations entre Jérusalem et les courants libéraux, conservateurs et laïques qui composent la majorité juive dans la Diaspora ont été mises en difficulté par le contrôle strict des autorités ultra-orthodoxes des institutions religieuse en Israël, et par diverses décisions du gouvernement de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu car la Diaspora considère que cela fait du tort à l’image démocratique d’Israël à l’étranger. Les courants juifs orthodoxes et de droite ont tendance à être sur la même ligne que le gouvernement actuel.

Le JTA a contribué à cet article.

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