Remise en liberté de l’homme qui est revenu sur ses aveux d’un meurtre de 1974
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Remise en liberté de l’homme qui est revenu sur ses aveux d’un meurtre de 1974

Le suspect, qui a des antécédents psychiatriques et qui avait avoué un autre meurtre, doit recevoir un traitement psychiatrique

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Illustration : un policier tient une paire de menottes. (Yossi Zamir/Flash90)
Illustration : un policier tient une paire de menottes. (Yossi Zamir/Flash90)

Un homme qui avait avoué le meurtre brutal en 1974 d’une soldate israélienne devait être remis en liberté lundi, après être revenu sur ses aveux pour ce meurtre et un autre crime qui s’est produit il y a des décennies.

L’homme, un septuagénaire qui vit dans la ville arabe du nord de Rameh, a des antécédents de troubles mentaux, a déclaré son avocat dans un communiqué.

Ses aveux de la semaine dernière du meurtre de la soldate Rachel Heller, âgée de 19 ans au moment des faits, ont relancé l’intérêt général pour ce meurtre non résolu. L’affaire a défié la chronique après qu’un autre homme a passé huit années en prison pour le crime avant d’être finalement blanchi grâce à des preuves qui prouvaient son innocence.

Un embargo a été imposé sur de nombreux éléments de l’enquête, y compris le nom du suspect.

Le suspect s’était rendu dans le commissariat de Karmiel la semaine dernière et avait dit aux officiers qu’il avait tué Heller mais aussi un autre homme de sa communauté, Salim Knaan, dont on pensait qu’il s’était suicidé en 1970.

Selon des articles parus dans des médias en hébreu, le suspect est revenu sur ses aveux dimanche, alors que la police avait déjà des doutes sur leur véracité car il y avait des divergences entre des détails qu’il avait donnés et des éléments des affaires.

Une évaluation définitive de sa santé mentale n’a toujours pas été réalisée, mais il doit recevoir un traitement psychiatrique.

Mardi dernier, le psychiatre de la région nord a ordonné que le suspect soit admis dans un établissement psychiatrique.

Le meurtre d’Heller reste irrésolu. Elle avait été retrouvée morte à proximité du Kibboutz Sdot Yam en octobre 1974 avec des marques d’abus violentes sur son corps. Le meurtre avait choqué l’opinion publique.

Amos Baranes, au centre, avec son avocat David Viner alarme Cour suprême à Jérusalem, le 15 mars 2002. (Flash90)

Deux ans plus tard, Amos Baranes, qui connaissait Heller et qui avait offert son aide à la police pendant l’enquête, avait été condamné pour son meurtre et condamné à la prison à vie.

Sa peine a été commuée par le président après qu’il eut passé huit ans et demi en prison. Il avait avoué le meurtre après avoir été privé de sommeil pendant plusieurs jours et soumis à un traitement brutal de la part des officiers de police. Aucun autre suspect n’a jamais été inculpé pour le meurtre.

Après sa libération, Baranes a passé plusieurs années à blanchir son nom et on lui a accordé un nouveau jugement en 2002, mais l’Etat a retiré l’accusation de meurtre qui pesait contre lui.

En 2010, le tribunal de Tel Aviv lui a versé 5 millions de shekels d’indemnités pour emprisonnement à tort et a établi qu’à l’époque de son jugement en 1967, le tribunal n’avait pas connaissance de preuves qui auraient pu éviter cette condamnation, ce qui l’avait privé d’un procès équitable.

Il est mort en 2011.

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