Israël en guerre - Jour 260

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Retour sur les rassemblements de familles d’otages aux côtés de diplomates et d’artistes

Depuis la Place des Otages, à Tel Aviv, Jack Lew, Simon Walters, Steffen Seibert et Nikolaus Lutterotti entre autres appellent à plus de soutien de la communauté internationale

Des manifestants réclamant des élections immédiates et un accord pour le retour des otages détenus à Gaza, à Tel Aviv, le 18 mai 2024. (Crédit : Mouvement de protestation pour la démocratie/Aviv Atlas)
Des manifestants réclamant des élections immédiates et un accord pour le retour des otages détenus à Gaza, à Tel Aviv, le 18 mai 2024. (Crédit : Mouvement de protestation pour la démocratie/Aviv Atlas)

Des membres des familles des otages étaient à la tête d’un grand rassemblement samedi soir sur la Place des Otages, à Tel Aviv, exhortant la communauté internationale à soutenir et à œuvrer pour la libération des 125 captifs détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Alors que l’impasse des pourparlers entre Israël et le Hamas réduit les espoirs d’un accord dans un avenir proche, le Forum des familles des otages et disparus a organisé ce rassemblement pour toucher le monde entier, en soulignant que les otages qui restent dans la bande de Gaza ne sont pas seulement originaires d’Israël, mais qu’ils ont la citoyenneté de 24 différents pays.

Les discours des familles d’otages ont mis en avant ceux qui possèdent une citoyenneté étrangère, notamment le citoyen américain Jonathan Dekel-Chen, dont le fils Sagui Dekel-Chen est otage ; l’israélo-argentin Itzik Horn, dont les fils Eitan et Yaïr Horn sont retenus en captivité ; Ayala Yahalomi, sœur de l’otage franco-israélien Ohad Yahalomi et le russo-israélien Evgeny Kozlov, dont le fils Andrey Kozlov est otage.

De hauts diplomates américains, britanniques et allemands se sont également adressés à la foule.

Des parents d’Israéliens pris en otage par des terroristes du Hamas à Gaza tenant une conférence de presse, à Tel Aviv, le 18 mai 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’ambassadeur américain Jack Lew, l’ambassadeur britannique Simon Walters, l’ambassadeur allemand Steffen Seibert et l’ambassadeur autrichien Nikolaus Lutterotti ont pris la parole.

L’écran de la scène a diffusé des messages vidéo préenregistrés de l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et de l’animateur de talk-show Dr. Phil, qui a récemment interviewé des familles d’otages en Israël ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Des concerts ont également été organisés à l’occasion de ce rassemblement. Parmi les vedettes de l’Eurovision, citons Netta Barzilaï, qui a remporté le concours en 2018, et Eden Golan, qui a interprété « October Rain », la version originale de la chanson officielle de l’Eurovision « Hurricane », dont plusieurs couplets ont été supprimés par les organisateurs parce qu’ils faisaient référence à l’assaut barbare et sadique du 7 octobre perpétré par le Hamas. L’auteure-compositrice-interprète israélienne Noga Erez et la chanteuse américaine Montana Tucker se sont également produites devant le public.

En début de semaine, jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu sa première réunion consacrée exclusivement à la question des otages, écoutant les témoignages des familles d’otages et appelant à la libération de ceux qui restent captifs à Gaza par le biais de trois résolutions successives.

L’ancien porte-parole d’Israël, Eylon Levy, a été choisi comme le maître de cérémonie de cette soirée. Il s’est adressé à la foule devant une rangée de drapeaux représentant les pays dont les 132 otages sont ressortissants.

De nombreux participants ont brandi des pancartes à l’effigie des captifs, des drapeaux américains et israéliens, ainsi que des drapeaux jaunes représentant la cause des familles d’otages.

L’ambassadeur d’Autriche en Israël Lutterotti, a pris la parole avec le drapeau autrichien à ses côtés, saluant la foule en hébreu puis passant à l’anglais pour faire ses déclarations.

Il a cité le nom de Tal Shoham, un otage détenu par le Hamas qui possède les nationalités autrichienne et israélienne.

Le gouvernement autrichien fait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les efforts visant à le ramener chez lui, ainsi que tous les otages, a-t-il déclaré. « C’est un crime ignoble qui est commis quotidiennement depuis maintenant 225 jours. »

Dr. Phil, célèbre médecin de la télévision américaine, a insisté sur le soutien des États-Unis à Israël dans un discours pré-enregistré adressé à la foule.

« Il faut que vous sachiez que nous tous, ici en Amérique, avons cette question en tête, qu’il ne s’agit pas de quelque chose qui se passe à l’autre bout du monde », a-t-il déclaré.

Ayala Yahalomi s’est ensuite adressée à la foule et a fait remarquer que son fils Ohad était à la fois citoyen français et israélien.

« Ils [les otages] ne sont pas des prisonniers de guerre », a-t-elle déclaré, ajoutant que « leur seul crime était de faire du vélo et de danser lors d’un festival ».

Golan, qui a représenté Israël à l’Eurovision, le concours annuel de la chanson de cette année, a interprété sa chanson « October Rain » lors du rassemblement de Tel Aviv.

La chanson « October Rain » devait à l’origine être interprétée lors du concours, mais l’Union européenne de radio-télévision (UER) l’avait initialement disqualifiée en raison de son message politique.

La chanson comprend des paroles telles que « les écrivains de l’histoire/se tiennent à mes côtés » ; « je suis encore mouillée par la pluie d’octobre/la pluie d’octobre » ; et une section finale en hébreu traduite par : « Il n’y a plus d’air à respirer/pas de place, pas de moi au jour le jour/ils étaient tous de bons enfants, chacun d’entre eux » – ce qui serait une référence aux personnes assassinées par le Hamas le 7 octobre. Golan s’est qualifiée pour le concours et a obtenu la cinquième place avec une version reformulée, intitulée « Hurricane ».

L’ancienne secrétaire d’État américaine Clinton s’est adressée à une foule de milliers de personnes dans une vidéo préenregistrée lors du rassemblement international pour la libération des otages du Hamas.

« Ce sont nos compatriotes, hommes et femmes, et oui, des enfants, et ils doivent être libérés immédiatement », a déclaré l’ancienne diplomate. « Des mesures doivent être prises immédiatement pour les ramener chez eux. »

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Lew, s’est adressé en direct à la foule et a indiqué que ce n’est pas la première fois qu’il se rendait sur la Place des Otages, s’étant exprimé sur scène pour marquer les 100 jours écoulés depuis le 7 octobre, le 13 janvier.

« Aujourd’hui, cela fait 225 jours que des innocents ont été arrachés à leurs proches – des enfants à leurs parents, des parents à leurs enfants », a-t-il déclaré.

« Aux membres des familles des otages, nous vous entendons, nous sommes à vos côtés, nous ne cesserons pas de travailler jusqu’à ce que vous soyez réunis avec vos proches […] Les États-Unis continuent de faire avancer les négociations pour ramener les otages à la maison », a poursuivi Lew.

Des manifestants réclamant un accord pour la libération des otages détenus par le Hamas dans la bande de Gaza bloquant l’autoroute Ayalon, à Tel Aviv, 18 mai 2024. (Crédit : Mouvement de protestation pour la démocratie/Rony Shapiro)

Des manifestants ont ensuite bloqué l’autoroute Ayalon à Tel Aviv.

Des images montrent des manifestants allumant un feu au milieu de la route.

La police a déclaré avoir arrêté un suspect pour avoir troublé l’ordre lors de manifestations anti-gouvernement à Tel Aviv.

Après le refus des manifestants de se disperser à la suite du rassemblement approuvé, la police a déclaré qu’il s’agissait d’une manifestation illégale et a commencé à utiliser des méthodes de dispersion de la foule pour dégager le carrefour Azrieli, où les activistes avaient bloqué les routes.

Des images montrent la police utilisant un canon à eau pour dégager la zone.

Deux mères américano-israéliennes d’otages, Yaël Alexander et Rachel Goldberg-Polin, ont par ailleurs pris la parole lors du rassemblement à Tel Aviv.

Yaël Alexander, la mère d’Edan Alexander, un soldat seul du New Jersey qui possède à la fois la citoyenneté américaine et israélienne, a déclaré à la foule qu’elle avait l’impression d’avoir « échoué dans son rôle de mère ».

« Si je pouvais d’un coup de baguette magique remonter la grande horloge derrière moi – qui compte leurs jours à Gaza – jusqu’à avant ton enrôlement, je t’aurais dit : ‘Edan, va à l’université, ne t’enrôle pas parce que tout ce que nous t’avons dit sur cet État appartient tristement au passé' », a-t-elle déclaré.

Yaël Alexander, la mère de l’otage Idan Alexander, un soldat seul du New Jersey qui possède à la fois la citoyenneté américaine et israélienne, s’exprimant lors du rassemblement en faveur d’un accord pour les otages ,à Tel Aviv, le 18 mai 2024. (Crédit : Forum des familles des otages et disparus/Adar Eyal)

Rachel Goldberg-Polin, la mère de Hersh Goldberg-Polin qui a été enlevé au Festival Supernova, a remercié les ambassadeurs étrangers qui ont pris la parole pour « avoir non seulement défendu leurs propres citoyens, mais aussi d’autres citoyens du monde qui sont toujours retenus en otage à Gaza après 225 jours ».

Elle a raconté une anecdote datant du début de la semaine : lors d’une visite chez l’ophtalmologiste, elle a découvert que la qualité de ses larmes était très mauvaise.

« J’ai trouvé cela très intrigant car je pensais que tout ce que j’avais fait au cours des sept derniers mois était de perfectionner l’art de pleurer, et voilà que je découvre que même mes larmes sont endommagées », a-t-elle confié.

D’autres manifestants, qui se comptaient par centaines, ont commencé une marche à Jérusalem en scandant « Nous ne nous arrêterons pas tant qu’ils ne seront pas tous rentrés chez eux » au son d’un tambour régulier.

Des drapeaux israéliens étaient intercalés entre les pancartes « Maman ici » et « Qui sommes-nous s’ils sont toujours là ? »

Des manifestants défilant en faveur d’un accord pour la libération des otages détenus dans la bande de Gaza, à Jérusalem, le 18 mai 2024. (Crédit : Leon Kraiem/Times of Israel)

Les manifestants se sont dirigés vers la Place de Paris, où plusieurs orateurs se sont exprimés. Il s’agissait du premier de deux rassemblements qui n’étaient pas formellement affiliés, mais dont les participants se sont considérablement recoupés.

Une partie de la rue King George de la capitale a été fermée alors que les manifestants se dirigeaient vers la place.

Ayala Metzger, dont le beau-père, Yoram Metzger, 80 ans, est actuellement captif du Hamas à Gaza, s’est également adressée aux manifestants sur la Place de Paris à Jérusalem, citant d’autres otages auxquels elle est liée.

« Vous êtes leur voix, et ils ont besoin de nous », a-t-elle déclaré. « Le temps est notre ennemi et le leur. Et tous ceux qui perdent du temps, a-t-elle poursuivi, sont aussi nos ennemis. »

Orly Erez-Luhovsky, du Religious Action Center of Reform Judaism, s’est également adressée aux manifestants.

Elle a cité la Déclaration d’Indépendance d’Israël ainsi que des sources religieuses classiques sur la valeur de la vie et la rédemption des otages, ainsi que la paracha – portion de la Torah – de cette semaine.

Elle a fustigé le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, membres d’extrême-droite du gouvernement.

Des manifestants brandissant une banderole sur laquelle on peut lire « la famine est un crime de guerre » devant la Knesset, à Jérusalem, le 18 mai 2024. (Crédit : Leon Kraiem/Times of Israel)

Quelque 200 manifestants sont arrivés à la deuxième manifestation à Jérusalem – organisée par l’organisation Safeguarding Our Shared Home, qui avait mené les rassemblements contre la refonte du système judiciaire largement controversée à Jérusalem l’année dernière -, qui se déroulait à proximité de la Knesset, devant le bureau du Premier ministre, alors que le cabinet de guerre se réunissait à l’intérieur.

Certains militants ont brandi deux grandes banderoles, dont l’une dit « Mettez fin à la guerre » et l’autre « La famine est un crime de guerre ».

La manifestation était moins importante que celle qui s’est déroulée près de la Place de Paris.

Le ton y était plus vif, mais la foule n’a pas défilé et l’atmosphère est restée pacifique. La foule scande « We won’t stop until they’re all home ! » (Nous ne nous arrêterons pas tant qu’ils ne seront pas tous rentrés chez eux), accompagnée de quelques batteurs.

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