Rivlin critique les efforts visant à réduire l’opposition au silence
Rechercher

Rivlin critique les efforts visant à réduire l’opposition au silence

Sans s’en prendre directement au gouvernement lors d’une commémoration à la mémoire de Rabin, le président a salué le débat politique comme essentiel au sein d’une démocratie

Le président Reuven Rivlin lors d'une cérémonie de commémoration du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin à la résidence du Président à Jérusalem le 10 novembre 2016. (Crédit : Chaim Zach / GPO)
Le président Reuven Rivlin lors d'une cérémonie de commémoration du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin à la résidence du Président à Jérusalem le 10 novembre 2016. (Crédit : Chaim Zach / GPO)

Israël doit rester un état juif et démocratique et doit préserver le débat politique ainsi qu’une opposition forte, a déclaré jeudi le président Reuven Rivlin lors d’une cérémonie marquant le 21e anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin.

Dans son discours prononcé à la Résidence présidentielle à Jérusalem, Rivlin a souligné à plusieurs reprises l’importance du caractère démocratique d’Israël, expliquant que le débat politique est “la force motrice de la démocratie” et qu’ “une opposition forte est un prérequis pour une démocratie substantielle, et pour la confiance portée par le public dans le système démocratique”.

Alors qu’il n’a pas explicitement critiqué le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu ou ses politiques, les commentaires de Rivlin sur la nécessité de garantir un débat dynamique surviennent dans le sillage d’un certain nombre d’affaires où les officiels du gouvernement ont tenté de censurer des organisations et des activistes de gauche.

Le mois dernier, le président de la coalition David Bitan (Likud) avait ainsi demandé la révocation de la citoyenneté israélienne du chef de B’Tselem qui avait évoqué l’occupation militaire par Israël de la Cisjordanie devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

La semaine dernière, Bitan avait indiqué qu’il contrôlait les pages Facebook de journalistes désireux d’imposer un “agenda de gauche” à travers le nouveau réseau public de radiodiffusion – qui n’émet pas encore – et que le politicien tente de faire fermer.

Pendant ce temps, à la suite d’un rapport hautement critique portant sur Netanyahu dans la célèbre émission de journalisme d’investigation “Uvda” présentée par Ilana Dayan, Netanyahu avait publié une note sous forme de réprimande cinglante à l’attention de Dayan dans laquelle il la qualifiait “d’extrémiste de gauche” qui ne possède “pas un iota d’intégrité professionnelle” et qui est « l’une des meneuses des attaques orchestrées à l’encontre de …Netanyahu, cherchant à renverser le gouvernement de droite ».

Rivlin a ajouté au cours de son allocution “qu’il n’existe pas de démocratie au sens plein du terme… sans une opposition forte et vivace, coupante et mordante, qui sait s’en tenir fermement à ses positions et qui agit comme une saine ‘menace’ venant affronter le gouvernement de manière compétitive“, signalant l’importance du débat critique comme vigie de l’action gouvernementale.

L’assassinat de Rabin doit servir comme le rappel “que nous n’avons pas de pays au-delà de ce grand territoire, et que nous n’avons pas d’autre peuple au-delà de cette grande nation” et que la seule façon de préserver Israël est de garantir son avenir “en tant qu’état juif et démocratique”, a-t-il dit.

Le président a salué avec force la personnalité de Rabin dans son discours, le décrivant comme “un guerrier, un leader, un président [et] un libérateur de Jérusalem.”

Rabin avait été assassiné le 4 novembre 1995 par Yigal Amir, un juif extrémiste, lors d’un rassemblement pour la paix organisé à Tel Aviv dans un contexte de tensions nationales attisées par les efforts de paix menés avec les Palestiniens. Amir était opposé aux Accords d’Oslo et à l’abandon du contrôle de certaines zones de la Cisjordanie aux Palestiniens dans le cadre de la convention passée.

De nombreux Israéliens avaient blâmé les incitations faites à l’encontre de Rabin comme étant responsables de son meurtre, et lors d’un rassemblement organisé sur la Place Rabin de Tel Aviv, samedi dernier, le leader de l’opposition Isaac Herzog (Union sioniste) a déclaré dans un discours que “21 ans après, l’incitation reste encore la même et le leader reste encore le même ».

Il a souligné que « nous ne pouvons plus laisser qui que ce soit, ni un tyran, ni un leader, continuer ce genre d’incitations – ni un membre de la Knesset, ni un ministre, ni le Premier ministre ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...