Rivlin demande au Pérou de gracier une Israélienne suspectée de trafic de drogue
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Rivlin demande au Pérou de gracier une Israélienne suspectée de trafic de drogue

La famille de Hodaya Monsonego, 24 ans, dit qu'elle est handicapée mentale et a été piégée dans un complot ; le président demande la clémence de Lima vu sa "condition fragile"

Hodaya Monsonego, 24 ans, est actuellement en prison à Lima, au Pérou, pour sa participation présumée à une opération de trafic de drogue. (Capture d'écran/Douzième chaîne)
Hodaya Monsonego, 24 ans, est actuellement en prison à Lima, au Pérou, pour sa participation présumée à une opération de trafic de drogue. (Capture d'écran/Douzième chaîne)

Le président Reuven Rivlin a écrit une lettre au président du Pérou, Martín Vizcarra, lui demandant d’accorder sa clémence à une jeune femme israélienne actuellement emprisonnée dans le pays en raison d’allégations de tentative de trafic de drogue.

Hodaya Monsonego, 24 ans, résidente de Hof Ashkelon, a été arrêtée il y a environ six mois à Lima pour sa participation présumée à une tentative de contrebande d’une grande quantité de cocaïne du Pérou vers Israël.

Dans un reportage diffusé samedi soir sur la Douzième chaîne, sa famille a déclaré que Hodaya est handicapée mentale et qu’elle a probablement été utilisée par une amie et une proche de l’amie, qui, selon le reportage, était le cerveau de l’opération.

Dans sa lettre, M. Rivlin écrit que Hodaya Monsonego souffre de « problèmes médicaux et a été diagnostiquée avec une capacité cognitive limitée », ce qui altère son jugement, selon un communiqué envoyé par le bureau du président. Rivlin a souligné que la jeune femme n’a pas de casier judiciaire et qu’il est « raisonnable de croire que son état pathologique est la cause de son implication involontaire dans l’affaire en question ».

Le président a demandé que les autorités prennent en compte sa « condition fragile », ajoutant que Monsonego ne parle que l’hébreu, ce qui a rendu difficile la communication avec ses avocats locaux.

Hodaya Monsonego, 24 ans, est actuellement en prison à Lima, au Pérou, pour sa participation présumée à une opération de trafic de drogue. (Capture d’écran/Douzième chaîne)

« Compte tenu de ces conditions médicales graves, nous sommes profondément préoccupés par la sécurité mentale et physique de Hodaya, en particulier au vu de sa détention prolongée et de son éloignement de sa famille », a écrit M. Rivlin dans sa lettre. « Dans ces circonstances uniques, je voudrais faire appel à votre miséricorde et à votre compassion en vous demandant d’intervenir personnellement pour accorder la grâce à Mlle Hodaya Monsonego ».

Selon la famille, la mésaventure a commencé lorsque l’amie de Monsonego, identifiée par son prénom Smadar, l’a invitée à un voyage à l’étranger et a payé son billet. Smadar et Hodaya sont des amies depuis l’école.

Ses frères et sœurs, interviewés par la Douzième chaîne, ont déclaré que Hodaya était heureuse et excitée de faire ce voyage et qu’au début, elle ne se doutait de rien. Le frère de Monsonego, Ahiya, a déclaré à la chaîne de télévision qu’il avait parlé à Smadar avant le voyage et qu’elle lui avait expliqué qu’elle faisait un voyage à Madrid avec sa sœur et les enfants de celle-ci et qu’elle avait indiqué que Hodaya pourrait peut-être aider les enfants dont l’âge n’était pas précisé.

Les frères et sœurs ont déclaré que Hodaya communiquait quotidiennement avec eux depuis Madrid et leur envoyait des photos et des selfies de la ville.

La sœur de Hodaya, Tehila, a déclaré que les événements ont pris un nouveau tournant lorsque soudainement, après une semaine et demi à Madrid, Hodaya lui a dit qu’ils s’envolaient pour le Montana. Tehila a dit qu’elle avait demandé pourquoi ils se rendaient là-bas, mais qu’elle n’avait pas reçu de réponse claire. Au bout d’un jour environ, Hodaya n’était plus joignable, se souvient sa sœur.

En fait, Hodaya ne s’est jamais rendue dans le Montana, même si elle pensait que c’était là qu’elle se rendait, selon le rapport. De Madrid, Hodaya, son amie Smadar et ses neveux se sont envolés pour Lima où ils ont séjourné dans un foyer local pendant quelques jours avant de retourner à l’aéroport, apparemment pour rentrer chez eux en Israël.

Selon le rapport, les deux femmes adultes et les deux enfants ont voyagé avec des bagages qui semblaient avoir été récemment achetés. La police locale, qui selon le rapport les suivait depuis leur arrivée au Pérou, est intervenue à l’aéroport et les a arrêtées après avoir trouvé une grande quantité de cocaïne dans les bagages. Hodaya et Smadar ont été arrêtées et les enfants ont été renvoyés chez leurs parents en Israël.

Les frères et sœurs de Hodaya ont déclaré que cette nouvelle les avait choqués et que, pendant la première semaine suivant son arrestation, ils n’avaient pas eu connaissance des charges retenues contre elle.

Les frères et sœurs ont évoqué une jeune femme facilement influençable et souvent manipulée par d’autres en raison de son handicap cognitif.

Dans une lettre envoyée aux autorités péruviennes, le département de l’aide sociale du conseil régional de Hof Ashkelon a écrit que Monsonego « n’a presque pas de capacités mentales » et peut être facilement influencée par ceux qui lui témoignent leur affection et leur attention. « En raison de sa personnalité fragile et de son profond besoin d’affection, elle peut être facilement manipulée par d’autres personnes et ne pas comprendre dans quelle situation elle se met.

« Elle a 24 ans, mais pas mentalement », explique sa sœur Tehila. « Nous devons comprendre qu’en ce moment, en prison, est assise une fille de 12 ans. Sa capacité mentale est celle d’une jeune fille de 12-13 ans ».

Selon le reportage de la Douzième chaîne, la personne derrière l’opération de contrebande est Yoni Mellul, l’ancien beau-frère de Smadar. Selon l’acte d’accusation contre lui, Mellul s’est approché de Smadar et lui a demandé de s’envoler pour le Pérou afin de ramener quelques valises. Il lui a suggéré d’emmener une amie et même de prendre l’avion avec ses enfants, pour ne pas éveiller les soupçons. Mellul a financé tout le voyage et a dirigé l’opération.

Smadar devait revenir avec les valises, dans lesquelles étaient cachés quelque 20 kilos de cocaïne.

Mellul a nié les accusations portées contre lui. Selon des documents consultés par la Douzième chaîne, Smadar s’était rendue plusieurs fois au Pérou ces dernières années, dont un voyage avec Mellul.

Entre-temps, la famille Monsonego a organisé une campagne sur les médias sociaux en Israël pour sensibiliser les gens à la situation de leur sœur, collecter des fonds et faire pression sur les autorités israéliennes pour obtenir sa libération.

Ses frères et sœurs ont indiqué à la Douzième chaîne que les fonds sont nécessaires pour payer les produits de première nécessité pour Hodaya, tels que la nourriture, son matelas, les examens médicaux et les visites chez le psychiatre.

Ils ont déclaré que le cas de la randonneuse israélo-américaine Naama Issachar, qu’ils avaient suivi de près, leur avait donné de l’espoir. Issachar a été libérée de prison en Russie à la fin du mois dernier après avoir été graciée par le président russe Vladimir Poutine dans le cadre d’intenses efforts diplomatiques dirigés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Naama Isaachar (à gauche) est accueillie par Sara Netanyahu (au centre) sous le regard de sa mère Yaffa et du Premier ministre Benjamin Netanayhu, à l’aéroport de Moscou, le 30 janvier 2020. (GPO)

Issachar, 27 ans, a été condamnée par la Russie à 7,5 ans de prison après que près de 10 grammes de marijuana aient été trouvés dans ses bagages lors d’une escale dans un aéroport de Moscou en avril dernier. Elle a nié avoir fait de la contrebande de drogues, en précisant qu’elle n’avait pas cherché à entrer en Russie pendant l’escale en route pour Israël depuis l’Inde, et qu’elle n’avait pas eu accès à ses bagages pendant son bref séjour dans l’aéroport russe. Elle a purgé une peine de 10 mois avant d’être libérée.

« Quand j’ai vu que Naama était de retour à la maison, ça m’a fait du bien. J’ai vu ce que mon pays était capable de faire pour obtenir sa libération », a déclaré Maor, le frère de Hodaya.

« Nous voulons qu’elle rentre chez elle. Je veux juste embrasser ma sœur », a-t-il ajouté.

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