Rivlin déplore « l’illusion de la fonctionnalité constitutionnelle »
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Rivlin déplore « l’illusion de la fonctionnalité constitutionnelle »

Le président s'exprimait face à l’impasse politique lors d’un événement avec des représentants du Maroc et des Émirats

Capture d'écran d'une vidéo du président Reuven Rivlin lors d'une réunion interreligieuse à Abu Gosh, le 28 avril 2021. (Crédit : Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo du président Reuven Rivlin lors d'une réunion interreligieuse à Abu Gosh, le 28 avril 2021. (Crédit : Twitter)

Dans une critique apparente contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Reuven Rivlin a déclaré mercredi que la « fonctionnalité constitutionnelle » du gouvernement israélien avait été mise à mal un jour après que le Premier ministre a forcé la nomination d’un loyaliste du Likud au poste de ministre de la Justice, malgré les objections du procureur général.

Netanyahu a finalement fait machine arrière sur la question après que la Haute Cour de justice soit intervenue, gelant la nomination et ordonnant au Premier ministre de s’expliquer. Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, qui est également ministre de la Défense, a ainsi été finalement nommé ministre de la Justice.

S’exprimant lors d’un événement interconfessionnel à Abu Ghosh, près de Jérusalem, Rivlin a déploré l’organisation de quatre élections successives non concluantes qui n’ont pas permis au pays d’obtenir un gouvernement stable et fonctionnel – et ce, depuis plus de deux ans.

« Depuis un certain temps maintenant, nous vivons avec l’illusion d’une fonctionnalité constitutionnelle, entre une campagne électorale et la suivante, mais il semble qu’une nouvelle clôture se soit effondrée hier », a déclaré Rivlin, faisant apparemment référence à la réunion du cabinet au cours de laquelle le choix de Netanyahu pour le ministre a été approuvé dans un vote que Gantz et le procureur général Avichai Mandelblit ont jugé illégal.

« Nous devons revenir au principe selon lequel le gouvernement sert le peuple, et non que le peuple sert le gouvernement », a déclaré Rivlin.

Les ministres ont finalement approuvé la nomination de Gantz lors d’une réunion du cabinet tenue par vidéoconférence mercredi après-midi.

La Haute Cour avait temporairement gelé mardi la nomination d’Ofir Akunis du Likud au poste de ministre de la Justice après que le cabinet – dirigé par Netanyahu – a ouvertement défié les mises en garde de Mandelblit, selon lesquelles le vote était illégal.

La réunion du cabinet a vite tourné à l’affrontement verbal entre le Likud et les ministres de Kakhol lavan de Gantz. Netanyahu s’était opposé à faire de Gantz le ministre permanent de la Justice, après l’expiration de son mandat intérimaire de trois mois il y a plusieurs semaines. Gantz avait insisté sur le fait que lui seul avait le droit de sélectionner un candidat pour le poste et s’était nommé lui-même.

Dans le cadre de l’accord de coalition conclu par Gantz avec Netanyahu l’année dernière, le poste de ministre de la Justice devait être réservé aux membres du bloc dirigé par Kakhol lavan. Avi Nissenkorn a occupé le poste jusqu’au déclenchement de nouvelles élections à la fin de l’année dernière, date à laquelle il a démissionné pour se présenter sur la liste d’un parti distinct. Gantz, qui est également ministre de la Défense, avait ensuite assumé le poste à titre intérimaire et appelé à plusieurs reprises au cours des dernières semaines Netanyahu à organiser un vote pour le nommer ministre permanent, mais aucun vote n’a eu lieu.

Le mandat intérimaire de Gantz a expiré à la fin du mois de mars et Israël est resté sans ministre de la Justice tout au long du mois d’avril.

Netanyahu, qui est jugé pour corruption, fraude et abus de confiance, a dénoncé le système judiciaire, la police, l’opposition de gauche et les médias, les accusant de s’organiser pour le destituer du pouvoir. Il nie tout acte répréhensible.

Des négociations de coalition sont actuellement en cours dans le but de former un gouvernement. Des obstacles majeurs empêchent toujours tout candidat, y compris Netanyahu, de pouvoir rassembler une majorité à la Knesset, ce qui soulève la perspective d’une nouvelle élection.

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