Rivlin devrait prévenir Poutine des gains politiques de l’Iran en Syrie
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Rivlin devrait prévenir Poutine des gains politiques de l’Iran en Syrie

Les deux dirigeants vont discuter des implications régionales du désengagement militaire soudain de la Russie du pays déchiré par la guerre

Le président Reuven Rivlin arrive à Moscou, le 15 mars 2016. (Crédit : Mark Nyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin arrive à Moscou, le 15 mars 2016. (Crédit : Mark Nyman/GPO)

Le président Reuven Rivlin est arrivé mardi soir à Moscou avant une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, dont il a déclaré qu’elle serait concentrée sur les implications du désengagement militaire soudain de la Russie de la guerre civile syrienne.

En plus de discuter des efforts de paix en cours de l’ONU, Rivlin a déclaré à des journalistes que sa rencontre mercredi avec le président russe sera centrée sur les scénarios du « jour d’après » pour le voisin du nord d’Israël, ravagé par la guerre.

« Nous voulons que l’Iran et le Hezbollah ne sortent pas renforcés de tout ce processus », a-t-il déclaré aux journalistes pendant le vol. « Tout le monde est d’accord pour dire que l’organisation Etat islamique est un danger pour le monde entier, mais l’islam fondamentaliste chiite iranien est aussi dangereux pour nous. »

« Il y a un besoin de coordination avec la Russie dans la situation actuelle », a déclaré Rivlin.

Un haut fonctionnaire israélien a déclaré mardi que bien qu’Israël comprenne les intérêts de la Russie dans la région, il doit encore finir d’évaluer le retrait partiel surprise de Syrie ordonné par Poutine.

Israël est également inquiet de la livraison imminente par Moscou de batteries de défense anti-missiles S-300 avancées à Téhéran.

« Ce n’est pas un jeu à somme nulle, a déclaré le fonctionnaire. Les Russes ont également des intérêts similaires aux nôtres. Ils ne veulent pas voir non plus un Iran fort exportant le terrorisme à la frontière sud de la Russie. La Russie comprend aussi que cela ne sera pas bon si le Hezbollah reste en Syrie et y prend pied. »

Lundi, Poutine a ordonné un retrait partiel de l’armée russe de Syrie, une action dont il a déclaré qu’il espérait qu’elle contribuerait au succès des pourparlers de paix qui ont commencé plus tôt ce jour-là.

Rivlin a déclaré que la campagne aérienne russe avait permis à l’armée du président syrien Bachar el-Assad de renverser le cours de la guerre et avait aidé à créer les conditions pour des négociations de paix.

Le mois dernier, Rivlin avait annulé une visite présidentielle en Australie après avoir reçu une invitation inattendue de la part de Moscou afin d’assister ç une réunion de travail avec Poutine et d’autres dirigeants importants.

Les officiels à Jérusalem ont déclaré que la décision d’aller à Moscou avait été prise sur ordre du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait dit à Rivlin que la rencontre avec Poutine était diplomatiquement plus urgente que sa visite prévue en Australie – qui aurait été par ailleurs la première visite présidentielle dans le pays depuis une décennie.

L’action avait hérissé Canberra, un haut fonctionnaire australien s’était emporté et avait déclaré que ce n’était pas un comportement acceptable envers une nation amie et un allié, avait annoncé le site d’informations Ynet. Haaretz avait ensuite annoncé que Rivlin avait eu au téléphone le Premier ministre australien Malcolm Turnbull et que la visite pourrait être reprogrammée.

Pendant le voyage de deux jours de Rivlin en Russie, qui coïncide avec le 25e anniversaire de la restauration des liens diplomatiques entre les deux pays, le président rencontrera aussi les communautés juives locales et visitera des sites culturels russes et juifs.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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