Rivlin : les liens arabo-juifs ne relèvent pas seulement de la gauche
Rechercher

Rivlin : les liens arabo-juifs ne relèvent pas seulement de la gauche

Le président appelle à créer une identité commune pour que les deux peuples qui forment Israël puissent vivre en harmonie

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Reuven Rivlin (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)
Reuven Rivlin (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

Le président Reuven Rivlin a exhorté à l’amélioration des liens arabo-juifs en Israël, en affirmant que la politisation de ce défi et son association exclusivement à la gauche israélienne « n’est rien de plus que tragique ».

Il a appelé à « forger une ‘identité israélienne partagée’ : pas seulement par un garçon de Tel Aviv ou une fille à Kafr Qasem ; mais pour tous les deux ainsi que pour le garçon à Bnei Brak, et la fille de Beit El. C’est une vision et un espoir israélien, dont nous avons besoin ».

Citant le poète palestinien Mahmoud Darwish, Rivlin s’est adressé à la population arabe d’Israël, en disant : « Mon indépendance est votre catastrophe. Vous construisez votre identité qui nie la mienne, et je construis mon identité qui nie la vôtre. Cette expérience de base et de formation est au cœur du conflit israélo-palestinien – qui s’est depuis longtemps tourné en une tragédie ».

Le président a lancé un appel aux deux parties afin de reconnaître les arguments de l’autre et a précisé que la « plus grande mission devant nous est d’établir la confiance entre les parties ».

« Les deux parties doivent comprendre et accepter qu’une identité positive, des racines historiques, une connexion à un peuple, à une culture, à un patrimoine – ne sont pas une menace. Au contraire, malgré la tension et le défi, ils constituent l’infrastructure de base et le plus essentiel dans notre capacité à accepter et à comprendre l’identité de l’autre », a poursuivit Rivlin.

« Toute tentative pour parvenir à un changement par le biais d’exigences ou d’attentes d’un côté que l’autre partie renonce à leur identité est vouée à l’échec. Non seulement parce que c’est immoral mais parce qu’il est également inefficace. Nous voyons aujourd’hui comment le système européen qui déconnecte les jeunes de leur identité les jette comme un boomerang dans les bras de groupes terroristes radicaux, dans une recherche désespérée d’une identité significative ».

Le président a soutenu l’idée qu’une identité forte engendre la tolérance, en expliquant que « seules les personnes ayant une idée claire de là d’où ils viennent trouvent au fond d’eux-mêmes de la pour y inclure les autres ».

« Le peuple juif doit reconnaître que le peuple arabe fait partie intégrante de ce pays – un peuple formé par une identité culturelle collective. Dans la même mesure, et indépendamment des menaces ou de la crainte, la conscience et l’histoire palestinienne ne doivent jamais être définis comme une opposition ou de la résistance au sionisme ou au peuple juif ».

Le président a détaillé deux mesures visant à combler les lacunes culturelles. Tout d’abord, la création d’une nouvelle ville arabe. « En 2020, je l’espère et veut le croire que la ville sera réalité et pas seulement sur le papier », a-t-il énuméré. Et deuxièmement, le président a affirmé que les Israéliens doivent étudier l’arabe.

Et en ce qui concerne les Arabes d’Israël, a poursuivi le président, tandis qu’on ne peut pas s’attendre qu’ils chantent l’hymne national « en étant au bord des larmes », ils doivent condamner la terreur et avoir « un sentiment de solidarité et de responsabilité mutuelle » envers l’État d’Israël.

Le président a déploré le fait que renforcement de la confiance judéo-arabe a été politisé et coopté par la gauche d’Israël.

« Mes amis, la mission de renforcer la confiance entre les communautés juive et arabe est non seulement la tâche de la gauche et de tout autre camp politique en particulier. Il est la mission de tous ceux pour qui cette terre est chère », a-t-il affirmé.

« Aucun camp politique unique ne peut être autorisé à en prendre possession, ou dicter le langage de cette tâche. Tout comme aucun camp unique ne peut se dérober de sa responsabilité à l’égard de cette tâche. Le fait que le sujet soit devenu associé à un camp particulier, à la fois du côté des Juifs et des Arabes, n’est rien de plus que tragique ».

Pendant ce temps, note-t-il, les Arabes et les Juifs d’Israël continuent à croire que l’autre partie disparaîtra.

« Il y a deux peuples ici qui se concentrent trop sur le passé, et insuffisamment sur l’avenir, trop sur leur propre sens de la justice, et pas assez sur la compréhension de l’histoire de l’autre partie. Trop sur un faux sentiment d’espoir que l’autre côté disparaitra tout simplement et trop peu sur l’internalisation de la réalité que les deux parties sont là pour rester. Deux peuples, trop axés sur la douleur, le chagrin et les projets commémoratifs, et trop peu sur l’espoir et la joie de la découverte mutuelle. Les lamentations, l’auto-flagellation, les appels internationaux, n’ouvriront pas les cœurs de la majorité des deux côtés », a-t-il conclu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...