Rouhani demande à Macron d’agir contre « les terroristes » basés en France
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Rouhani demande à Macron d’agir contre « les terroristes » basés en France

Le président français s'est dit "préoccupé", appelle son homologue à la retenue face à la répression meurtrière menée suite aux manifestations anti-chômage

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, avec le président iranien Hassan Rouhani, au Millennium Hotel de New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à gauche, avec le président iranien Hassan Rouhani, au Millennium Hotel de New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Le président Emmanuel Macron a exprimé mardi, dans un entretien téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, sa « préoccupation » face « au nombre de victimes liées aux manifestations » des derniers jours en Iran et a appelé Téhéran à « la retenue et à l’apaisement », a indiqué l’Elysée.

Dans ce contexte, les deux dirigeants ont décidé de reporter à une date ultérieure la visite que devait effectuer le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Téhéran à la fin de la semaine, a précisé l’Elysée.

Les deux dirigeants se sont entretenus au sixième jour d’un mouvement de contestation marqué par des violences meurtrières et des centaines d’arrestations dans plusieurs villes iraniennes.

Au cours de cet appel, prévu avant ces évènements, M. Macron a fait « part de sa préoccupation face au nombre de victimes liées aux manifestations » et a « encouragé son homologue à la retenue et l’apaisement. Les libertés fondamentales, notamment les libertés d’expression et de manifestation, doivent être respectées », a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, pendant une conférence de presse au complexe présidentiel d’Ankara, en Turquie, le 14 septembre 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Rendant compte un peu plus tôt de cette discussion, la télévision iranienne a indiqué que Rouhani avait demandé à Macron de prendre des mesures contre les activités d’un « groupe terroriste » iranien basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations.

Téhéran accuse les Moujahidine du peuple, qualifiés par le pouvoir iranien d’hypocrites (monafeghines), d’alimenter les violences et d’être liés à l’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran.

« Ces propos reflètent avant tout l’affolement du régime des mollahs face à l’étendue du soulèvement contre la dictature religieuse et face à la popularité grandissante de l’organisation des Moujahidine du peuple d’Iran (OMPI) et de la Résistance iranienne », a affirmé dans un communiqué envoyé dans la nuit à l’AFP à Paris Afchine Alavi, membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Il affirme, sans préciser ses sources, que « jusqu’à ce jour, on dénombre des dizaines de manifestants sans défense tués par les gardiens de la révolution et des milliers d’autres arrêtés ».

Selon des chiffres officiels, 21 personnes ont été tuées depuis le début le 28 décembre à Machhad (nord-est) des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir.

Le communiqué de l’Elysée n’a pas fait état de la présence en France de moujahidine mais a précisé que les deux présidents avaient évoqué l’accord nucléaire de 2015, « dont la France soutient l’application stricte, sous supervision internationale ».

M. Rouhani « a demandé l’appui de la communauté internationale pour défendre cet accord et respecter les engagements pris », a précisé la présidence française.

L’avenir de cet accord est incertain après la décision du président américain Donald Trump de le remettre en cause.

MM. Rouhani et Macron ont également discuté de la situation au Moyen-Orient, notamment en Irak et en Syrie, le président français appelant à « un dialogue renforcé sur le contrôle des armements, y compris balistiques, dans la région » selon l’Elysée.

La visite de M. Le Drian, pour laquelle une nouvelle date sera trouvée selon l’Elysée, doit préparer celle de M. Macron, qui a annoncé mi-octobre son intention de se rendre en Iran en 2018.

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