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Russie et Biélorussie indésirables à la commémoration de la libération de Buchenwald

Le 77 anniversaire de la libération du camp est terni par la "mort violente de Boris Romantschenko", rescapé de Buchenwald tué par une frappe russe à Kharkiv

L'inscription sur le fronton du camp de Buchenwald, sur laquelle est écrit : "À chacun ce qu'il mérite." (Crédit : Paul Paul Pugliese)
L'inscription sur le fronton du camp de Buchenwald, sur laquelle est écrit : "À chacun ce qu'il mérite." (Crédit : Paul Paul Pugliese)

Les représentants officiels de la Russie et de Biélorussie sont indésirables à la commémoration, le 10 avril, du 77e anniversaire de la libération de Buchenwald, a annoncé mardi le mémorial du camp de concentration nazi.

Cet anniversaire est terni par l’invasion russe de l’Ukraine et la « mort violente de Boris Romantschenko », rescapé de Buchenwald tué par une frappe russe à Kharkiv, souligne la Fondation des mémoriaux de Buchenwald et Mittelbau-Dora dans un communiqué.

En conséquence, « les représentants officiels de la Russie et de Biélorussie ne sont pas les bienvenus à la commémoration de cette année », ajoute la Fondation, précisant que les ambassades des deux pays ont été « informées de cette décision ».

M. Romantschenko, ancien prisonnier de Buchenwald et vice-président du Comité international Buchenwald-Dora pour l’Ukraine, a été tué à l’âge de 96 ans dans un bombardement à Kharkiv, deuxième ville ukrainienne, avait annoncé la Fondation le 22 mars.

Boris Romantschenko lors d’une cérémonie commémorative à Buchenwald en 2015. (Crédit : Fondation des mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora)

« Il a survécu à Buchenwald, Mittelbau-Dora, Peenemünde et Bergen-Belsen, dans les camps de la mort érigés par les partisans d’Hitler. Et maintenant, il a été tué par un bombardement russe qui a touché un immeuble ordinaire de Kharkiv », avait alors déploré la Fondation.

La commémoration de la libération du camp, annulée ces deux dernières années en raison de la pandémie de Covid, sera l’occasion de « rendre hommage » à l’ancien déporté.

M. Romantschenko avait été envoyé en Allemagne en 1942, à l’âge de 16 ans, comme travailleur forcé. Après une tentative d’évasion, il avait été envoyé au camp de Buchenwald, dans le centre de l’Allemagne, en 1943. Il avait ensuite été interné à Peenemünde, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen.

Présent lors d’une cérémonie de commémoration marquant l’anniversaire de la libération du camp de Buchenwald, en 2015, M. Romantschenko y avait lu, rappelle la Fondation, le serment de Buchenwald : « La construction d’un nouveau monde de paix et de liberté est notre idéal ».

Lors de la cérémonie du 10 avril prochain, « des représentants des sociétés civiles d’Ukraine et de Russie se chargeront de cette tâche, comme ils le feront pour tous les morts de Buchenwald issus des pays de l’ex-Union soviétique », précise la Fondation.

« L’attaque russe menace de mort les survivants ukrainiens des camps de concentration et a plongé nombre d’entre eux dans une détresse existentielle », ajoute-t-elle. Pour leur venir en aide, « 30 mémoriaux allemands se sont regroupés dans un réseau d’aide » pour collecter des dons.

La Fondation estime à environ 42 000 le nombre de rescapés des persécutions nazies vivant actuellement en Ukraine.

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